mercredi 20 septembre 2017


Une noisette, un livre


Le jour d’avant

Sorj Chalandon




27 décembre 1974. Saint-Aimé de Liévin. Coup de grisou. 42 mineurs emportés.
L’une des dernières tragédies des bassins miniers du Nord de la France mais qui marquera la trop longue liste de ceux qui sont morts ou blessés au travail.
 
Qui d’autre que Sorj Chalandon pouvait, non seulement rendre hommage, mais décrire avec tant de force une épopée humaine de la douleur, de la tragédie.
 
Michel Flavent n’acceptera jamais la mort de son frère Joseph, dit Jojo. 40 ans plus tard, au moment du décès de sa femme, Michel décide qu’il est grand temps de venger son frère, de révéler au grand jour les responsables de cette catastrophe, dont Dravelle, le contre maître à l’époque. C’est le début d’une longue traque... où les remords et la culpabilité peuvent jouer des tours et où la mémoire n’est pas synonyme de vérité.
 
Mieux parfois qu’un reportage, le roman a cette puissance de révéler la douleur vécue, de mieux nous faire plonger dans la réalité de la vie, des combats. Surtout quand l’écriture est puissante, vive, brute, sans détours... comme celle de Sorj Chalandon. La précision journalistique est évidemment indéniable pour rejoindre une histoire personnelle à la mémoire collective.
 
Un roman absolument magistral, à la fois triste et salvateur. Parce que les descriptions de l’atmosphère, des souffrances endurées sont un hymne humain aux âmes déchirées. On ne peut en dire davantage, il faut tout simplement lire « Le jour d’avant » pour comprendre/saisir cette profondeur de l’écrit.
 
« Au nom du rendement, nous demandions aux hommes de faire plus que ce qu’ils pouvaient »
 
« Je n’ai pas relu les 42 noms. Je les connaissais depuis ma jeunesse, appris par cœur, comme les lettres de l’alphabet »
 
Le jour d’avant – Sorj Chalandon – Editions Grasset – Août 2017

Livre reçu grâce la communauté NetGalley et aux Edition Grasset




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