lundi 22 septembre 2014


Une noisette, une cellule

 

Neurone, vous avez dit neurone ?



La politique est décidément un monde merveilleux, surprenant où chaque jour révèle un mystère pas toujours évident à élucider.
Après le feuilleton linguistique "anaphorien", nous avons droit au chapitre scientifique et alors là mes ami(e)s, et bien c’est du sérieux !

Notre système nerveux a été mis à rude épreuve et sans qu’il s’en doute feu Heinrich Wilhem Waldeyer va avoir la notoriété, parce que c’est quand même lui qui inventa le terme de "neurone".
Comme à chaque fois, votre ô combien fidèle serviteur va se dévouer pour vous expliquer simplement le principe de cette cellule... excitable !

Le neurone forme un péricaryon avec deux axes de prolongement : l’axone et les dendrites. Le noyau est bloqué en interphase, incapable de se diviser en cytoplasme. Vous êtes encore là ?
Vu la complexité d’un seul neurone, imaginez si l’on en rajoute un deuxième ? Surtout qu’en passant, l’humain en possède encore 100 milliards !

Mais quel rapport avec la politique ? Elle n’est pas belle ma question ? Eh bien, j’ai beaucoup réfléchi et je vais vous le dire : le neurone est la cellule championne de la connectivité et de l’interdépendance. Voilà, suffisait d’actionner des petites cellules grises, enfin presque parce que l’on cherche toujours l’ADN de la communication intelligente, de l’objectivité, de la tolérance et de l’apaisement.

Le changement est pour l’instant scientifiquement non prouvé, la division cellulaire bat son plein, aucune interphase en vue avec même un risque de neurolyse générale quand on voit, entre autres, les réactions de certains de nos hommes politiques... 




mercredi 17 septembre 2014


Une noisette, un style


 

Anaphore, j’écris ton nom


 

Joachim du Bellay, Corneille, Victor Hugo, Louis Aragon, André Malraux, Charles de Gaulle...et puis, et puis... nos politiques du XXI° siècle en nous regardant les yeux dans les yeux, font de l’anaphore une nouvelle arme électorale.

Mais avant toute chose, point de musique, mais des explications pour mieux comprendre ce que l’on met dans l’amphore de l’anaphore et ce sans métaphore (ni périphrase).

L’anaphore est "une tournure de style qui consiste à commencer des vers ou des phrases, ou un ensemble, par le même mot ou le même syntagme "

Dans ce cas précis, surtout ne pas remplacer "tournure" par "faux-cul" ni "vers" par "lombric" sinon au bal du faux derchisme on va retrouver quantité de rampants ! Non, il faut juste réaliser que cette répétition jusqu’à plus soif de vocables plus ou moins choisis dans l’originalité, consiste simplement à nous abreuver de paroles et à essayer de noyer le pauvre poisson que nous sommes dans une eau qui est loin d’être limpide.

Discours fleuve, dont le débit est inversement proportionnel à la tranquillité d’un ruisseau, et en aucun cas, ne permettra de créer de grandes rivières de croissance et de bien-être.

Qu’elle est loin la Rhétorique à Herennius ;
Qu’elle est loin la poésie de Joachim du Bellay, lui heureux comme Ulysse ;
Qu’elle est loin la Rome de l’Horace de Corneille ;
Qu’elle est loin la liberté de Paul Eluard ;
Qu’elle est loin la vie rêvée de Martin Luther King.

Linguistique outragée, linguistique brisée, linguistique martyrisée et... politique non libérée.
 
 
 
(Photo : Martin Bay)
 









dimanche 7 septembre 2014


Une noisette, une humeur

Ah que j’aime les politiques, leur air vainqueur, leurs manières

 
 
 


La politique, terme polysémique à souhait (si vous avez déjà éternué, la boite de mouchoirs est dispo en sortant au fond du l’allée) mais qui à force va dans tous les sens !
Si on prend le terme à la racine (désolé mon côté arboricole reprend le dessus), la politique c’est la... civilité. Autant dire tout de suite que la copie est à revoir car l’original s’est perdu dans les méandres de l’antique polis.

Après un début de saison qui a démarré sur les noisettes, l’Homo Politicus de tout poil ayant déjà appuyé sur le champignon avant l’arrivée de l’automne, il reste fort à parier (reste à savoir sur quel cheval) que les feuilles mortes vont se ramasser à la pelle, surtout qu’une brise marine n’attend que ça !

Pour Joseph Joubert "en politique, il faut toujours laisser un os à ronger aux frondeurs", mais désormais, c’est tout un squelette qui est offert et certains ajoutent encore du mordant à une danse macabre que même Saint-Saens n’avait pas imaginé pour Dalila se vengeant de Samson...

Oui, Pierre Daninos avait bien raison, "l’autruche est le seul animal officiellement doué de...sens politique" ! Dans l’attente d’un quelconque volatile pour prendre en vol les plus hautes affaires de l’Etat, quelques conseils, certes anciens, mais qui sont toujours d’actualité :
 
 
 
 

mercredi 3 septembre 2014


Une noisette, une interview

 

Michel Mompontet

 
 
 

"Mieux vaut parier sur l’intelligence du téléspectateur et non sur sa bêtise "



Journaliste réalisateur, Michel Mompontet a parcouru le monde pour les infos de France 2. Après avoir été chef du service culture, soudainement en 2007, sa voix devient visage dont se détache un regard direct/perçant/incisif/instructif, il incarne #MonOeil sous la bénédiction des créateurs du magazine "13H15 le samedi" : Jean-Michel Carpentier et Laurent Delahousse. Cinq ans plus tard, l’oeil devient borgne mais la verve du journaliste ne faiblit pas et son public, nombreux, attend encore et toujours, son retour... en vain !


1 - Selon Christian Morgenstern, "seul un regard peut créer l’univers", en le paraphrasant est-ce que #MonOeil pouvait créer un réveil cathodique ?
#MonOeil était un objet de conception maïeutique afin de faire accoucher les esprits, le regard critique. En une phrase : croire ou ne pas croire l’info pour amener le débat, donner un esprit critique subtil, pas uniquement binaire, pas uniquement, justement, "j’y crois, j’y crois pas". Parfois, on m’a dit "après ton émission, le débat était houleux, on s’interpellait, on discutait entre les pour et les contre", c’est le plus beau compliment que l’on pouvait me faire. Je donnais naissance à un esprit nouveau où je laissais un espace de discussion, où le téléspectateur avait son propre avis.
 

2 - Votre marque de fabrique, que vous continuez à utiliser sur les réseaux dits sociaux à, je crois, une origine Bukowskienne, pouvez-vous nous en dire plus, ou pas ? ;-)
Avec le musicien André Minvielle, un soir, nous avions imaginé la présence de Charles Bukowski à l’enterrement du Pape, tous deux décédés à peu près au même moment. Et dans cette hypothèse, disons, burlesque nous avons créé le "ou pas". Une blague d’étudiant que petit à petit j’ai repris car, en fait, cette expression ouvre considérablement un espace et donc ouvre le débat. Elle signifie aussi "je ne suis sûr de rien" ce qui permet l’humilité.


3 - L’utopie, une raison de vivre pour certains, un mirage pour d’autres. Vos carnets ont été abandonnés en cours de route et pourtant ils offraient une vitrine encore bien différente du traitement de l’info. A l’heure du “tout environnement”, vous deviez aborder le phénomène vert de Curitiba, vous qui connaissez bien l’Amérique Latine, quelques lignes de votre part seraient les bienvenues ?
Curitiba est un exemple extraordinaire, une ville verte, une responsabilité écologique et ça marche. Le maire est réélu automatiquement, ils gagnent de l’argent et font des économies. Vous savez au XXI° siècle, l’utopie n’est plus une idéologie, les utopistes sont devenus des gestionnaires, ils sont pragmatiques. Ce que je voulais montrer face à l’échec sanglant de cette société, c’était des jeunes gens qui étaient capables de créer des utopies économiques et humaines qui fonctionnent et sont rentables. Ne pas faire de l’idéologie pour de l’idéologie mais pour ouvrir une nouvelle voie.
En Amérique Latine, plus d’une vingtaine de villes offre le transport gratuit mais dans un souci de gestion, et ça fonctionne ! Avec ces Carnets d’Utopie, j’avais une nouvelle fois envie d’essayer de donner une alternative aux mauvaises nouvelles.


4 - Comme aurait dit le personnage de Zurga dans les Pêcheurs de perles  “Oublions le passé” et quels sont les projets pour l’orfèvre Mompontesquien ?
Tout simplement continuer avec le magazine 13H15 qui est une émission formidable et une équipe qui l’est tout autant. 

 
5 - Parmi les nombreuses citations de Thomas More (1478 – 1535), une apparaît être d’une étrange modernité : “la principale cause de la misère publique, c’est le nombre excessif de nobles, frelons, oisifs, qui se nourrissent de la sueur et du travail d’autrui, et qui, fait cultiver leurs terres en rasant leurs fermiers jusqu’au vif, pour augmenter leurs revenus, ils ne connaissent pas d’autres économies”. Qu’en pensez-vous ?
C’est une réalité éternelle. D’ailleurs, c’est exactement la philosophie de Occupy Wall Street. Je ne partage pas toujours exactement leurs opinions, mais c’est une théorie de plus en plus d’actualité.

 
6 - L’impertinence a t-elle encore une place dans une petite lucarne qui semble trop souvent suivre le concept d’un pas en avant, deux pas en arrière ?
L’impertinence est plus nécessaire que jamais mais à la seule condition d’offrir de la réelle réflexion. Si l’impertinence est comme dans certaines émissions en access qui s’attaquent au spectacle anecdotique de la politique (il est petit, il est gros, il est tombé par terre...), aucun intérêt. Se moquer du théâtre politique ce n’est pas de l’impertinence. Mieux vaut parier sur l’intelligence du téléspectateur et non sur sa bêtise.

Aujourd’hui, la nouvelle génération est techniquement hyper douée mais hélas la plus obéissante, ce qui est forcément inquiétant sur le plan démocratique. On a expliqué à cette génération que l’originalité était le meilleur moyen pour ne pas faire carrière... Résultat, ils sont formidables mais tous pareils...


7 - Avez-vous quelques remèdes pour lutter contre l’info marketing ? Et nous pauvres moutons rabelaisiens, que pouvons-nous faire pour catalyser ?
Ralentir. Un bon journalisme n’a qu’à faire de la vitesse. Il faut exiger des professionnels de l’info de l’analyse et de la compréhension. C’est un des premiers pas pour lutter contre le "fast news" qui est une aberration. Si les MacDo ne sont pas devenus la référence culinaire, hélas, les chaînes d’info le sont désormais en Europe et c’est dramatique. Les télévisions n’iront jamais plus vite qu’Internet, une bataille qu’elles ont engagé et qu’elles vont perdre forcément. Si la télévision ne mise pas sur la compétence, l’expertise et le temps, elle va mourir et ne restera que pour le sport. 

 
8 - Vos détracteurs vous accusent, parfois, d’être trop politiquement orienté, ce à quoi vous répondez ?
Un journaliste digne de ce nom est toujours dans l’opposition. Un journaliste doit écrire ce que vous ne voulez pas qu’il écrive. Si vous faites un travail qui ne dérange absolument personne, vous ne faites pas du journalisme, ce que disait George Orwell d’ailleurs.

 
9 - Petit questionnaire rapide et impersonnel pour... mieux vous connaître...

- un roman : La recherche du temps perdu

- un personnage : Bartleby d’une nouvelle d’Herman Melville

- un/e écrivain/e : Montaigne

- une musique : Cecil Taylor

- un film : Le dernier que j’ai vu : L’enlèvement de Michel Houellebecq

- une peinture : Les Ménines

- un animal : le taureau

- une devise/citation : "Il faut vivre avec cette désinvolture panique, ne rien prendre au sérieux, tout au tragique" Roger Nimier

 

Merci infiniment Michel Mompontet pour avoir pris le temps de répondre à mes questions, et, j’espère à très bientôt.

https://twitter.com/mompontet