lundi 17 mai 2021

 

Une noisette, un livre

 

Fantaisie vagabonde, en Bretagne avec Flaubert
Thierry Dussard

 


Des classiques agissent comme des détonateurs. Surtout quand la flamme est la plume de Gustave Flaubert, ou plutôt deux car « Par les champs et par les grèves » est le récit de quatre mains parties avec quatre pieds pour un tour de Bretagne en 1847, l’autre vagabond étant Maxime du Camp, l’ombre perpétuelle de Baudelaire ou du géniteur de « Madame Bovary » bien qu’il est pu accéder à l’immortalité sur les bord de Seine contrairement à Flaubert qui, bien que la dénigrant, n’en fit jamais partie.

Plus de 170 ans plus tard, dans une France masquée, un journaliste savoyard avec sa chère et artiste épouse bretonne vont prendre le même chemin de tentation pour une évasion locale mais sur des fantaisies sans frontières où littérature, histoire et géographie vont s’entrecroiser pour le meilleur.

En alternant le parcours des deux compères écrivains et le sien, Thierry Dussard entraîne le lecteur dans un voyage à la fois bucolique et onirique, ne semblant jamais s‘attarder sur des détails et pourtant donnant moult descriptions de ses lectures et de ses panoramas visuels. C’est frais comme un air marin et goûteux comme un crustacé péché dans l’Atlantique, référence préméditée par votre serviteur par la fameuse phrase de Gust, le diminutif affectueux que l’auteur utilise, « la langouste est la femelle du homard ».

Bien que n’étant pas particulièrement une inconditionnelle de ce « lézard littéraire » de  Flaubert, je retrouve avec plaisir l’écrivain dans un périple breton après avoir savouré il y a tout juste un an Un automne de Flaubert d’Alexandre Postel – roman mentionné dans le présent livre – avec un ton moins romantique mais tout aussi foisonnant. Une carte judicieusement présentée en ouverture permet de retracer le parcours – surtout si pour vous aussi la Bretagne est une destination aussi inconnu que l’Amazone ou les Grands lacs africains – et de découvrir qu’au fil du temps, tout change mais tout reste solidement accroché aux parois de la transmission. Exemple avec le passage sur le sire de Robien et l’offre patrimoniale de la ville de Rennes.

Menhir sur la lande, Thierry Dussard dans sa douce péripétie bretonne fait quelques infidélités aux sieurs Flaubert et Du Camp pour semer comme des petits cailloux livresques quelques joyaux de Joseph Kessel – et là il s’agit même de rubis – Victor Segalen, Théophile Gautier, Jack Kerouac…et même indirectement à Jacques Lacarrière en utilisant l’expression « chemin faisant ».

Laissez-vous aller dans ces fantaisies bretonnes, portez votre imaginaire dans un déconfinement littéraire et partez dans ce vagabondage converti en un hymne breton quasi exotique. Pour terminer d’ailleurs aux portes de l’Orient…

« Je ne suis pas reparti avec l’un de ces fameux rubis sang-de-pigeon, ni avec un Bouddha doré sembllable à celui qui était posé sur le bureau de Flaubert à Croisset, mais avec un billet bleu de 200 kyats, qui sert toujours de marque-page au roman de Kessel. Faute d’avoir suivi le vieux chaman des lettres dans la savane africaine et les vallées afghanes, je garde un sentiment profond d’être allé loin, très loi, et revenu d’un étrange Finistère ».

Fantaisie vagabonde, en Bretagne avec Flaubert – Thierry Dussard – Editions Paulsen/Collection Démarches – Mai 2021

 

 

mercredi 12 mai 2021

 

Une noisette, un livre
 
Brûlant était le regard de Picasso
Eugène Ebodé

 


C’est l’histoire d’une femme inconnue pour la plupart d’entre nous. L’histoire d’une femme dont l’enfance a été kidnappée, d’une femme née en 1936 d’un métissage avec tout le poids du regard des autres. Elle s’appelle Mado Hammar, figure incontournable dans les Pyrénées-Orientales pour avoir créé, administré nombre d’entités dans le domaine de l’art, elle qui a côtoyé Picasso, Dali, Chagall, Matisse, Soutine…

Edea, Cameroun. C’est là qu’est née une petite fille de mère camerounaise et de père suédois. Gösta Hammar avait déjà une fille, fruit d’une relation avec une native de ce pays où il a débarqué en 1929 à l’invitation de son oncle. Quelques années plus tard il tombe amoureux d’une autre beauté, Monica Yaya. Mais le mariage ne voit pas le jour malgré le désir commun des jeunes gens de faire vie commune. La guerre mondiale éclate et la petite Mado est séparée de ses parents, le père repart en Europe pour une durée indéterminée et la mère est chassée. Jacques et Hélène Boissinot, un couple ami de la famille Hammar, va s’occuper de la fille, Hélène n’ayant pu avoir d’enfant après un avortement qui s’est mal passé. La mère adoptive va élever Mado sans aucun amour et la petite fille pensera toujours aux longues marches avec son père près de la Rivière Rouge et du parfum perdu de sa maman, maman que l’on dit morte. En 1943, elle quitte définitivement l’Afrique pour habiter à Perpignan avec sa mère adoptive puis avec la mère de celle-ci.. Une nouvelle vie commence, faite déjà de regrets mais avec une détermination prodigieuse qui fera de Mado une femme libre, amoureuse jusqu’à la mort de son Marcel et combative pour l’amour de l’art et des injustices raciales.

Eugène Ebodé peint un portrait romancé avec des couleurs lumineuses autour de ce personnage féminin en portant un regard excessivement affectueux envers cette femme invincible malgré les coups du destin qui s’acharneront sur elle. Les passages avec Pablo Picasso sont brefs mais pas ceux consacrés à la peinture, le couple Mado et Marcel Petrasch s’étant installés à Céret et levant des fonds pour dynamiser le moribond musée d’Art moderne. Mado Petrash sera aussi l’un des piliers pour mettre en lumière le premier Congrès des écrivains et artistes noirs fondé par Alioune Diop, éditeur de présence africaine, dont l’affiche est signée par un certain Pablo Picasso, celui dont le regard était brûlant selon Mado.

Brûlante aussi est cette lecture qui nous entraîne sur les chemins du XX° siècle, d’une Afrique colonisée et d’une Europe colonialiste, sur la mouvance de l’art moderne, de toutes les créations, et, nous invite dans des demeures opposées, de ceux qui gardaient l’esprit colonial et de ceux qui rejetaient toute forme de supériorité. Le tout avec un phrasé riche puisé dans l’immense palette des mots.

« L’Afrique, le continent d’avant les autres »

« Mado fut frappée par l’unité des constats, par la déploration de l’esclavage, la condamnation de la colonisation et des calamités en cascade qui en avaient résulté. Certes, l’homme noir était aux origines de l’humanité mais il avait perdu pied en étant assujetti en permanence ».

« Françoise Gilot avait abandonné la demeure de l’homme qui peignait comme un Dieu mais qui, en amour, boitait comme mille diables ».

Brûlant était le regard de Picasso – Eugène Ebodé – Editions Gallimard – Janvier 2021

En remerciant la Fondation Orange et lecteurs.com pour l’envoi de ce livre  

lundi 10 mai 2021

 

Une noisette, un livre
 
L’étoile des frontières
Alfred de Montesquiou

 


« Syrie. Ce berceau des civilisations, ce lieu de passage prédestiné, dont la richesse et la beauté ont retenu, sans les mêler, tant de peuples, cette terre où poussent avec une force ardente les croyances et les hérésies, déroute et confond. Je confesse avec humilité que les premiers temps de mon séjour à Beyrouth je ne comprenais rien aux propos tenus devant moi. Les allaouites, les achémites, les maronites, les sunnites, les Grecs orthodoxes, les chiites, le comité syro-palestinien, les bandits, les rebelles, les Druses, du Djebel et ceux du Horan, les Libanais, les Syriens, las Damascains, - et j’en passe – comment s’y reconnaître ? Il y a vingt-sept religions en Syrie. Chacune d’elles tient lieu de nationalité. Et les influences les plus diverses sollicitent moralement et matériellement ce chaos ». Joseph Kessel – En Syrie

Comment ne pas repenser à ce texte écrit en 1926 par un lion véritable quand on découvre le roman éblouissant d’Alfred de Montesquiou, lui aussi grand reporter plongeant dans la littérature pour raconter l’aventure des hommes et du monde.

Depuis cette Syrie sous Mandat français, que d’eau a coulé dans l’Euphrate mais aussi du sang depuis l’arrivée d’un pouvoir clanique en 1970. « L’étoile des frontières » se déroule en 2013, deux ans après le début d’une guerre civile sans fin, une fiction dans la plus cruelle des réalités.

Photographe au regard sans objectif, Olivier Méri est à Beyrouth à la recherche de ses origines. Enfant adopté – probablement volé – il essaie d’obtenir des informations dans un couvent où règne la loi de l’impénétrable. Néanmoins, avec quelques informations obtenues à l’arraché, il n’a plus qu’un but, partir en Syrie malgré le climat des bombes. Au consulat de France pour obtenir un visa, il rencontre Axel Monvoisin, grand reporter au caractère intrépide, qui lui aussi négocie pour pouvoir entrer dans le territoire voisin. Finalement, ils vont partir ensemble sans savoir ce que le destin leur réserve. Destination Homs. Al’épicentre du chaos, ils vont s’infiltrer dans ce squelette de l’inhumanité où vivent encore des familles trop pauvres pour fuir, des rebelles et révolutionnaires luttant corps et âmes pour la liberté avec l’arrivée de troupes djihadistes sous la bénédiction d’un régime ayant parfaitement compris la stratégie  « diviser pour mieux régner ». Avec eux, les accompagnent Farid, un jeune toulousain radicalisé et son incandescente femme Nejma.

Le Moyen-Orient, La Syrie, Homs. Une fiction qui rappelle des carnets, ceux de Jonathan Littel, probablement une lecture qui, près de dix ans plus tard, continue de me hanter.

Ce roman est dédié au plus des 500.000 victimes du conflit syrien et à deux photographes de presse : Rémi Ochlik et Olivier Voisin. Olivier Voisin est décédé après avoir reçu des éclats d’obus à Idlib et on se souvient du documentaire poignant fait pas ses amis « Témoigner, mourir ». Un an auparavant, c’était Rémi Ochlik qui succombait aux balles du régime. A Homs. Avec Marie Colvin. Comment ne pas se souvenir de cette histoire, là où Edith Bouvier fut sauvé in extremis et ce tunnel. Tunnel si présent dans le récit d’Alfred de Montesquiou. C’est là, la force des mots, des détails ; cette force qui ne fait pas oublier le passé et les vies arrachées dans toute l’espérance de la jeunesse.

Pour la plupart d’entre nous, c’est une guerre vue de plus de l’extérieur – je parle de la vraie guerre, pas celle que l’on essaie de mettre dans toutes les définitions. Ce roman, est la photographie d’une guerre vécue à l’intérieur, par une population mettant le curseur de l’instinct de survie au maximum et par des correspondants – de plus en plus rares – qui n’ont pourtant aucun concept ordalique en eux mais qui risquent leur vie pour informer, dénoncer, éveiller les consciences, rétablir la vérité, balayer les mensonges.

Dans son roman, le journaliste écrivain décrit  avec lucidité et franchise la véritable histoire du régime de Damas et de ses actes, bien au-delà de ce qu’un Machiavel aurait pu imaginer. Les rebelles et révolutionnaires étant loin d’être des terroristes, se souvenir des premières manifestations à Deraa. C’est deux ans après le début des soulèvements que les organisations islamistes se sont infiltrées, rempart utile pour Assad et ses sbires. Sans oublier, l’utilisation d’armes chimiques, une ligne rouge devenue écarlate dans l’inaction internationale.

Quel hommage également envers cette jeunesse, ces femmes, ces hommes, aspirant à la liberté dans ces régions où le meilleur côtoie le pire et à cette immense générosité trop souvent occultée par les actes ignobles d’êtres manipulés par des hyènes assoiffés de pouvoir et de cruauté.

« L’étoile des frontières », titre magnifique pour un roman s’enroulant dans le prisme de l’imaginaire avec les faisceaux de la réalité du monde. S’ajoute une écriture travaillée mais coulant avec souplesse, dynamique et moderne avec ce petit quelque chose d’indéfinissable qui fait jaillir la plume des pages. Sans vouloir précipiter quoi que ce soit, un certain fauteuil 27 aimerait peut-être dans l’avenir accueillir Alfred de Montesquiou…

« La souffrance et la folie ont ceci de commun qu’elles occultent le réel, l’éludent pour n’en faire qu’un décor où se joue un drame bien plus vaste. Olivier se persuada qu’enfin la vérité lui tendait la main. Juste là, en Syrie, n’attendant plus de lui qu’un geste de courage ».

«  Ces Syriens étaient comme les orages de leurs montagnes frontalières – entiers, imprévisibles, un soleil radieux succédant brusquement à la pluie la plus noire. Axel aimait ce peuple sans rancune, la violence et la simplicité de ses rapports. Le monde des guerriers arabes conservait intacte cette noblesse des compagnons de Lawrence d’Arabie, la vérité simple du charisme et du courage, la foi en la parole donnée, l’honneur ».

« Un peuple qui s’accoutume à la violence n’a plus la même gestuelle que les autres. En dix-huit mois de guerre, les Syriens faisaient déjà partie de cette espèce à part qui ne mesure plus le danger en kilomètres, mais en poignées de mètres. Comme les Palestiniens ou les Sud-Libanais, les Homsiotes pointaient presque joyeusement le bout du nez dès que les combats tournaient deux coins de rue. A présent que les tirs étaient à plusieurs pâtés de maisons, même les femmes sortaient pour faire leurs emplettes. Des bambins lançaient un jeu de marelle sur le goudron encore jonché de douilles ».

L’étoile des frontières – Alfred de Montesquiou – Editions Stock – Mars 2021

Roman dans la sélection des 21 du Prix Orange du Livre 2021

mercredi 5 mai 2021

 

Une noisette, un livre
 
La légende des montagnes qui naviguent
Paolo Rumiz

 


Entrer dans cette légende c’est l’impression d’avoir effectué plusieurs longueurs, sans jamais en avoir eu l’expérience, mais probablement ressentir le même essoufflement – du moins cérébral tant il faut être vigilant dans sa tête pour ne pas rater les moult détails sur les parois des chapitres – et la même sensation de grandeur, de découverte, d’esthétique, une fois gravi les 560 pages. Ce qui reste, néanmoins, c’est cette avalanche migratoire de l’espace méditerranéen, du Fernand Braudel en capitaine de vaisseau montagnard.

De la Croatie à l’Italie, Paolo Rumiz nous entraîne sur un chemin de 8000 kilomètres en naviguant sur deux immenses chaines de montagnes européennes, les Alpes et ses huit pays hôtes, puis les Apennins qui traversent pratiquement toute l’Italie, couvrant plus de quinze régions de la péninsule. A pied, à vélo, en voiture mais pas à cheval, il traverse les massifs, longe les cols et, surtout, entre en communion avec non seulement la nature mais ceux qui la peuplent, animaux comme humains, humains qui en certains endroits deviennent presque une espèce en voie de disparition, les jeunes quittant ces hauteurs sauvages pour les villes où travail il y a.

Je vous fais grâce de tous les lieux cités, de tous les noms des monts et sommets qui peuplent cette Europe de roc et de granit pour vous plonger – ou plutôt grimper – à  travers un périple qui éloigne du monde pour en retrouver un autre, celui des pierres qui façonnent les hommes même si ces derniers ont trop tendance à vouloir prendre le dessus. L’auteur voyageur ne fait pas que passer, il scrute, interroge et pose lui-même des petites pierres en forme de mots sur les errances d’une construction pharaonique qui n’élève que des pyramides à l’encontre de la sauvegarde de la nature, sans pour autant dénigrer la race humaine qui porte une mémoire collective. Car il va en rencontrer des « bibliothèques sur pattes » pour évoquer le passé, la résistance, les prouesses humaines face au dépouillement des conditions matérielles ; ces héros anonymes qui perpétuent une histoire au-delà des cimes. Si, hélas, la jeunesse est trop oubliée, le baroudeur montagnard n’omet pas de souligner le rôle indispensable des réfugiés qui apportent une main tendue pour s’occuper des anciens.

Quant aux autres espèces terrestres, elles sont encore là, à circuler en se moquant des frontières tels les loups, ce fameux loup italien qui a jour devint français. Ours, renards, marmottes, tous ont leur place sur versants et alpages, mais plus ou moins bien accueillis. Pourtant, un peu d’ensauvagement, dans le bon sens du terme, permettrait peut-être de continuer à naviguer sur les crêtes de l’humanité.

« Les Apennins ne sont rien d’autres qu’une Dalmatie sans la mer. Je rêverai d’un navire transatlantique, plein de petits orchestres, voyageant parmi de sombres promontoires. La révélation des monts qui naviguent ».  

La légende des montagnes qui naviguent – Paolo Rumiz – Traduction : Béatrice Vierne – Editions Folio – Avril 2021

 

 

vendredi 30 avril 2021

 

Une noisette, un livre
 
Mirebalais ou l’Amour interdit
William Leymergie

 

 


Mirebalais, de Mirebeau, ce village du Poitou où naissent aussi la plus ancienne race d’ânes, un baudet presque condamné à disparaître malgré sa grande puissance. Peu habile néanmoins à certains travaux, sa principale capacité l’a sauvé : la monte. Certains hommes jouissent de la même aptitude et au XVIII° siècle, un rôle de cour allait être alloué à ces mirebalais.

Dans cette France de Louis XV avec une marquise de Pompadour aux petits soins pour les plaisirs du roi à Versailles, un petit Mauro voit le jour en Dordogne pour la plus grande joie des parents Mortesagne et de son frère Willibert. Le bébé est très foncé de peau, comme son père, qui souhaite donc lui donner ce prénom aussi étrange que séduisant. Les années passent, le petit Mauro devient un éphèbe digne des plus belles représentations grecques et pendant que son grand frère manie l’épée sur les champs de bataille, Mauro déploie la sienne parmi les bottes de foin. Avec la bénédiction du prêtre Noyés qui, malgré son engagement religieux, a le « cierge » robuste. Des soirées très particulières sont organisées, coquines pour le plus grand bonheur de ces dames qui ne réclament que Mauro et ses performances sportives. Face à ces succès auprès de la gent féminine, les jalousies ne tardent pas à tournicoter chez ces messieurs de la haute, un duel devient inévitable et Mauro… en est le vainqueur. Une victoire qui tourne en rumeur d’assassinat et oblige le bel étalon à quitter ses fonctions pour fuir vers la capitale avec son frère, l’intrépide Noyés et le maître d’arme Thérold. Comment jeux amoureux et cabrioles vont pouvoir continuer dans cette société où l’ambition recherche des points culminants. D’autant que Mauro n’a en réalité qu’un seul amour, celui pour Lison.

Une très agréable surprise que de découvrir la plume fantaisiste de William Leymergie baignée dans les alcôves d’une histoire française passablement oubliée et qui rappelle évidemment le célèbre film « Que la fête commence » de Bertrand Tavernier. Un récit mouvementé, délicieusement intrigant, joyeusement drôle et subtilement grivois. Avec des personnages attachants, à commencer par ce Mauro, non pour ses facultés physiques – quoi que – mais pour sa noblesse d’âme et son esprit de bravoure.

Mirebalais ou l’Amour interdit – William Leymergie – Editions Albin Michel – Avril 2021