dimanche 30 octobre 2016


Une noisette, un livre


Désorientale

Négar Djavadi






Imaginez un roman où s’entrechoquent les thèmes de l’exil, de l’identité, de la transmission, de l’amour, de l’homosexualité, de l’histoire entre deux pays, l’Iran et la France (avec un détour par la Belgique). Plutôt tentant, non ? La romancière Négar Djavadi l’a fait, écrit, façonné. Parce que née "Orientale" elle est devenue "Désorientale".

Sans être un roman autobiographique, l’auteure puise dans son passé, ses racines, pour construire/cultiver une fiction aux multiples feuillages. L’histoire d’une héroïne Kimiâ en quête d’un destin pendant qu’elle attend dans une salle de l’hôpital Cochin pour une insémination artificielle.

"Désorientale" est un roman de femmes, celui de Kimia et ses sœurs Leïli et Mina, de Sara, la mère, mais où figurent aussi un père engagé et des oncles numérotés, un roman de son passé, écrit à l’instant présent pour mieux aborder l’avenir, un roman où l’histoire comme les êtres ne meurent jamais car ils permettent de continuer le combat, de résister, de transmettre, de vivre...éternellement.

Amatrice de musique, Négar Djavadi a conçu son récit comme un disque vinyle, avec deux faces, la A et la B, les deux avec les mêmes notes de fantaisie et de tragédie, des faces alternatives pour rappeler un Iran à la dérive. Cet Iran, cette Perse antique aux 1001 acoustiques où résonnent une forteresse culturelle, diversité linguistique et richesses naturelles. Oui, des richesses sur sol et au sous-sol... comme le pétrole... Justement le pétrole, source de conflits internationaux dont l’auteure sait habilement les narrer par des notes en bas de page. Et de mentionner à plusieurs reprises, le destin de Mohammad Mossadegh, Premier Ministre au début des années 50 qui tenta de nationaliser l’Anglo-Iranian Oil Company mais qui, par un coup d’Etat en 1953, finira le reste de ses jours en résidence surveillée et forcée. L’Iran de Mohammad Reza Palahvi, entre faste... et dictature... Puis l’arrivée de Rouhollah Moussavi Khomeini qui aboutira à l’exil de Négar Djavadi. Et de la protagoniste de "Désorientale" aussi...

Quand vous refermerez ce livre, vous sentirez comme un souffle de liberté au-dessus de vous, un souffle d’humanité, de générosité pour une fresque familiale racontée avec énergie et une franchise absolue !

Extrait qui résonne en ces temps d’exil planétaire
"J’avais l’impression étouffante d’être coincée dans un couloir étroit avec deux portes de part et d’autre, à jamais condamnées. Derrière l’une se trouvait l’Iran de mon enfance et derrière l’autre la France de mes illusions. A ce moment-là, j’ignorais ce qu’une expérience traumatisante signifiait."

Désorientale - Négar Djavadi - Editions Liana Levi - Août 2016
Négar Djavadi, Lauréate du Prix du Style 2016

vendredi 21 octobre 2016


Une noisette, une association


Force Femmes




Créée en 2005 par des femmes chefs d’entreprise à l’esprit solidaire Force Femmes agit pour l’emploi des femmes de plus de 45 ans. Loin d’être un handicap, l’âge est une force pour l’économie du pays. L’association, reconnue d’intérêt général,a pour objectif d’aider/accompagner/orienter/soutenir ces femmes à la recherche d’un emploi ou souhaitant créer leur entreprise.
Rencontre avec Camille Jean, responsable emploi de Force Femmes


1 - Pouvez-vous présenter l’association "Force Femmes".
Force Femmes est une association reconnue d’intérêt général qui a pour objectif d’accompagner et de soutenir les femmes de plus de 45 ans sans emploi dans leurs démarches de retour à l’emploi et de création d’entreprise.

Ce triple prisme – âge, genre et statut professionnel – fait de l’association Force Femmes une structure unique qui accompagne des femmes trop souvent discriminées et ayant besoin d’un accompagnement spécifique : écoute, aide personnalisé, prise en compte de leurs besoins, orientation ou réorientation vers des formations, resocialisation, remise en confiance, etc. L’association propose à ces femmes un accompagnement professionnel individuel et un accompagnement collectif par le biais d’ateliers formateurs et de mise en pratique.

L’association permet la rencontre, la mise en relation et la création d’une dynamique collective solidaire de ces femmes qui sont très souvent en situation d’auto-jugement et auto-discrimination.

2 – Les batailles de l’emploi ne cessent de s’amplifier mais certaines sont encore plus complexes que d’autres, dont celle pour les femmes de plus de 45 ans ?
Quel que soit l’âge, le genre ou le milieu social, le licenciement, la recherche d’emploi et le chômage constituent des expériences éprouvantes et confirment la gravité des situations.

Mais lorsque l’on est une femme de plus de 45 ans, les obstacles se cumulent et se révèlent multiples. Aux difficultés d’ordre professionnel s’ajoutent une réalité familiale et personnelle compliquée : divorce, maladie, enfants et parents à charge... La précarité guette et les incertitudes se font quotidiennes ; l’incertitude de trouver un emploi, de nourrir sa famille, de conserver un toit.

Les femmes de plus de 45 ans sont victimes d’une double discrimination : l’âge et le genre. En effet, l’âge est une forte caractéristique discriminante, le genre est un facteur aggravant. Mais elles sont surtout victimes des stéréotypes liés à l’emploi des seniors, ce qui constitue un frein dans les recherches d’emploi.

3 – En 11 ans de présence et de soutien envers les femmes à la recherche d’un emploi, quelles sont les avancées ? L’Etat s’implique t-il davantage en faveur des femmes ?
Une progression du nombre de femmes participant au marché du travail depuis plusieurs années est indéniable, mais des inégalités entre les hommes et les femmes persistent, qu’elles soient relatives à l’accès à l’emploi, aux salaires ou à la retraite. D’ailleurs selon un rapport de France Stratégie publié en septembre 2016, être une femme reste le premier facteur d’inégalité : "Avec des taux d’activité inférieurs de dix points à ceux des hommes, des temps partiels supérieurs de vingt points, la probabilité la plus faible d’accéder aux 10 % des salaires les plus élevés et un écart de salaire inexpliqué de l’ordre de 12 %, les femmes continuent d’être les premières victimes des inégalités sur le marché du travail".


Une récente étude du cabinet Price classe la France en 24ème position depuis 2003 dans sa comparaison des situations de l’emploi des plus de 55 ans (au sein des 34 pays de l’OCDE). Selon cette même étude, le Pib de la France pourrait croitre d’environ 10% si le pays adoptait des mesures en faveur du travail des plus de 55 ans.


4 – Quels sont les critères pour bénéficier de l’accompagnement "Force femmes" ?
Pour s’inscrire, il ne faut remplir que deux critères : avoir plus de 45 ans et être inscrite à Pôle Emploi depuis moins de 2 ans. Notre accompagnement n’est donc pas réservé aux cadres, et nous accompagnons toutes les femmes, peu importe leur stade dans leur recherche d’emploi. Pour s’inscrire nous vous invitons à consulter notre site internet www.forcefemmes.com et cliquer sur l’onglet "comment s’inscrire".

5 – Quelles sont les forces mobilisées sur le terrain ? Dans combien de villes l’association est-elle présente ?
Constituée d’une équipe de dix salariées, l’association regroupe plus de sept cent bénévoles issus des ressources humaines et de l’entreprenariat et est soutenue par des organismes publics et des entreprises engagés dans la lutte contre les discriminations à l’emploi des femmes de plus de 45 ans. L’action de l’association se situe dans un esprit de solidarité et d’entraide et s’inscrit dans le cadre de l’action nationale et européenne de lutte contre le chômage. L’association est présente dans 11 villes françaises.

6 – Sans le rôle déterminé des bénévoles, ces actions seraient impossibles ?
La valeur ajoutée de Force Femmes réside dans le fait que nous recrutons uniquement des bénévoles en poste ou retraités, aux compétences spécifiques. Pour accompagner des femmes en recherche d’emploi salarié, Force Femmes fait appel à des spécialistes des ressources humaines et des coachs expérimentés pour assurer le suivi individuel et l’animation d’ateliers. Nous pouvons aussi rechercher des compétences plus variées pour certaines thématiques d’ateliers (utilisation des réseaux sociaux, bureautique etc.). Les bénévoles intervenant auprès des femmes souhaitant créer leur propre entreprise sont des créateurs/trices d’entreprise "confirmés", chefs d’entreprise, cadres dirigeant(e)s. Ils assurent le suivi individuel des créatrices. Entrepreneurs, professionnels de l’accompagnement, du marketing, de la communication, ou experts comptables interviennent sur les différentes étapes du montage de projet par l’animation d’ateliers thématiques.

7 – En juillet dernier, vous avez créé un nouveau site « Aides à l’emploi ».
Force Femmes a créé, grâce au soutien de la Fondation SFR, une carte interactive d’aides à l’emploi. Ce site internet a été conçu pour pouvoir aider toute personne en recherche d’emploi à identifier la bonne structure et se faire accompagner dans ses démarches. 

L'objectif est ainsi de faciliter la réorientation de personnes vers une recherche d'emploi salarié ou création d’entreprise, ceci quelles que soient leurs besoins et demandes. Annuaire en ligne, ce site est destiné à aider toute personne en recherche d'emploi mais également aux associations travaillant à accompagner vers une réinsertion professionnelle.


8 – Quels sont les moyens que vous allez mettre en place pour renforcer le travail de l’association ?
Nous continuerons de travailler chaque jour à aider les femmes de plus de 45 ans sans emploi, mais l’enjeu vise également à faire évoluer et changer les mentalités en renforçant nos liens avec les institutions (publics, privés, entreprises, associations etc.) potentiellement recruteuses. Au-delà d’assurer une égalité professionnelle et de générer une parité il est primordial d’agir pour déconstruire les stéréotypes qui conduisent à des recrutements trop uniformes.


Pour en savoir plus, quelques liens utiles
 


Bilan 2005-2015
20.000 femmes au chômage accompagnées
35% des femmes ont retrouvé un emploi – 650 ont créé leur entreprise
700 bénévoles - 11 antennes



 










lundi 17 octobre 2016


Une noisette, une interview

Catherine Cervoni, la communicante


"Le pouvoir des médias est de diffuser une information qui a été vérifiée"

Catherine Cervoni, toujours à l'écoute
 

Très présente sur les réseaux sociaux, Catherine Cervoni est à l’image d’un Bocuse de la communication : sachant mettre les meilleurs ingrédients à sa disposition, donnant le meilleur d’elle-même et toujours à l’écoute de ses clients. Cette lyonnaise d’adoption est spécialisée à la fois en relations publiques traditionnelles et en relations presse 2-0, l’art d’allier la tradition avec la modernité. Et noisette sur le gâteau, elle aurait une certaine  influence dans sa sphère d’activité... Oui, oui;-) 

 

1 - Bonjour Catherine. Question classique mais nécessaire, quel est votre parcours professionnel ?
Tout d’abord, je suis très fière que vous me qualifiez de "lyonnaise d’adoption" car cela montre que je partage ma passion pour La Corse, la terre de mes ancêtres mais je suis née à Lyon. J’en garde le meilleur : sa gastronomie ;)

Mon parcours est assez classique : j’ai passé de nombreuses années chez l’annonceur comme responsable de communication, marketing et relations presse et public avant de ne gérer plus que cette dernière partie. En 2008 je quitte mon entreprise qui avait été rachetée il y avait un peu moins de 3 ans par une autre dont je ne partageais pas les valeurs. Après avoir cherché en vain un poste, j’ai réalisé un vieux rêve et j’ai créé mon activité en 2010 en RP ajoutant peu à peu une expérience complémentaire qu’on nomme les RP 2.0- relations influenceurs. Ce qui me permet de mettre en place des stratégies à 360° avec une casquette consultante, attachée de presse et même formatrice.
2 - La parité est un terme à la mode. Mais au-delà du pays de la théorie, qu’en est-il sur le terrain ? La femme doit-elle encore et toujours faire ses preuves dans le monde du travail en général et dans la communication en particulier ?
La parité est effectivement un terme à la mode. De nombreuses femmes et associations s’investissent pour que la parité devienne effective. C’est un sujet qui me tient à cœur et je suis depuis très longtemps engagée dans cette démarche. Mais le chemin est long !

Je vous invite à lire cet article qui fait état d’une étude parmi beaucoup d’autres : celle du MSCI réalisée auprès de 4 000 entreprises, elle a révélé que les entreprises ayant les conseils d’administration les plus féminisés ont généré, depuis 2010, 36,4 % de revenus en plus que celles dont les conseils sont exclusivement masculins.  http://www.hbrfrance.fr/chroniques-experts/2016/08/11899-feminisation-des-conseils-dadministration-beaucoup-reste-a-faire/

On en demande toujours plus à une femme et elle-même met "la barre plus haut". L’article cité évoque le "complexe de l’imposteur" dont nous ne savons pas nous départir et qui nous incite à être ultra-performante et compétente. Alors oui, nous nous sentons toujours obligée de faire nos preuves, notamment dans le monde du travail. Quant au milieu de la communication, même s’il a toujours été très féminisé, il n’échappe pas à la règle.

Et pourtant il est grand temps que les entreprises comprennent que la femme est une réelle valeur ajoutée car depuis des années nous sommes habituées à tout gérer et souvent avec brio : de l’organisation de la maison à la prise en charge des enfants et de notre travail. Nous avons souvent un "6ème sens plus développé" que les hommes, un instinct qui nous permet de sentir les tendances, anticiper les évolutions et s’y adapter. Et tellement d’autres qualités encore...

3 - Comment résister en tant qu’indépendant face aux gigantesques agences de com ?
En faisant du bon travail et en cultivant une relation d’écoute et de proximité avec ses clients. J’ai été surprise d’avoir parfois été préférée à des agences importantes et même parisiennes. Les entreprises qui me consultent cherche une personne qui maîtrise les RP "traditionnelles", les RP 2.0, les médias sociaux ; qui est capable de mettre en place une stratégie globale et d’activer les bons leviers.

Il y a de très bonnes agences mais malheureusement beaucoup ne recherchent que les bénéfices et refilent au stagiaire les dossiers à peine signés... Leur tarification est également aussi opaque et j’ai eu un client qui m’a remercié de lui avoir expliqué à quoi correspondaient mes honoraires, il avait travaillé avec plusieurs grosses agences et il ne savait pas pour quoi il payait...

4 - A la naissance des relations publiques, un fossé énorme existait entre le domaine de la communication et celui de la publicité. Mais au XXI° siècle, les différences ont pratiquement disparues ou pas ?
J’avoue ne pas avoir d’idée sur ce sujet, j’ai néanmoins dans mon entourage des agences de communication qui ont un département dédié aux RP et un à la publicité. Les plans médias incluent effectivement de l’achat d’espace.

Pour moi tout est communication dès que l’on s’adresse à ses publics que ce soit via des actions marketing, des actions sur les réseaux sociaux, de RP, d’affichage ou d’encarts publicitaires on-line ou print. La différence est que la publicité a peut-être perdu de son "pouvoir" - il y a un véritable rejet de la part notamment des internautes qui installent de plus en plus d’adblockers - Ce rejet explique la montée des fameuses "agences de contenus" ou de "content marketing" qui proposent une forme différente de communication auprès des cibles d’une entreprise, d’une institution... et dans laquelle son public trouve un bénéfice, qu’il soit informatif, ludique...

5 - Avec l’arrivée du rouleau compresseur technologique, les relations presse sont-elles devenues une communication multiforme ?
Les relations presse sont devenues effectivement multiformes, je dis souvent pour ma part : multicanales - avec le développement du net, de la presse en ligne, et surtout des réseaux sociaux. Plus que jamais une agence doit être capable de proposer une stratégie à 360° intégrant les RP "traditionnelles", les RP2.0, le social media... Nous devons être "agiles", maîtriser tous ces canaux et leurs différents codes afin d’actionner les bons leviers au bon moment. Notre réflexion doit être globale et non parcellaire, elle suppose de travailler avec tous les autres acteurs de la communication de l’entreprise qu’ils portent le nom de directeur marketing, web marketing, community manager...

6 - Le développement du digital semble avoir transformé tout citoyen en média potentiel, vrai ou faux ?
C’est à la fois vrai et faux. Vrai car effectivement tout le monde peut s’exprimer. Certains messages deviennent vite viraux comme le post Facebook de la jeune femme chef d’entreprise (une TPE) qui avait écrit une "lettre ouverte" aux 2 lycéenne qui posaient avec une pancarte "sous le pont d’Avignon, on y pend tous les patrons". Son post avait été partagé 50 000 fois ! Une audience à faire pâlir les grands titres nationaux. La presse avait même écrit plusieurs articles sur ce sujet http://www.lyon-entreprises.com/News/L-article-du-jour/Une-patronne-lyonnaise-en-colere-fait-le-buzz,i74446.html#ancreTitre

Vrai également, car nous devenons tous des reporters, on a pu le voir à l’occasion des tragédies nationales où ceux qui étaient présents postaient des photos des carnages. D’ailleurs les journalistes sont eux-mêmes sur les réseaux sociaux notamment pour effectuer une veille (70% - si le sujet vous intéresse vous pouvez consulter cette étude que j’ai mené avec mon client Cision sur l’usage des réseaux sociaux par les journalistes http://www.cision.fr/a-propos-de-cision/communiques-de-presse/communiques-de-presse-2016/etude-2016-journalistes-et-reseaux-sociaux/ Même l’AFP a installé une veille en identifiant certains internautes en France et à l’étranger comme sources d’informations intéressantes leur permettant le cas échéant d’envoyer un reporter pour vérifier les faits.

Vrai enfin, car de nombreuses personnes ont pu s’exprimer grâce aux blogs (ou chaîne youtube) qu’elles ont créées et qui très souvent sont aussi, voir plus qualitatifs que certains "médias traditionnels".

Faux, car effectivement pour "être écouté", "émerger" dans ce flux continu d’information il faut avoir su se constituer une communauté prête à relayer cette dernière si elle ne revêt pas un caractère "exceptionnel".

Et enfin faux, car le pouvoir des médias est de diffuser une information qui a été vérifiée - même si cela se perd parfois ou qu’il y a des "ratés" comme l’annonce du décès de Martin Bouygues- et qui souvent est mise en perspective, contextualisée... Et blog mis à part, les post sur Facebook ou twitter par exemple sont loin de remplir ces conditions la plupart du temps.

7 - Comment voyez-vous l’avenir ? Certains parlent des limites des spin doctors et autres gourous ?
Je ne suis pas très au fait de ce sujet mais je pense que les conseillers en communication politique ont encore de beaux jours devant eux. Il n’y a qu’à voir les staff des candidats aux élections (qui ont d’ailleurs bien intégré la dimension "réseaux sociaux" avec des CM) qui ne laissent rien au hasard : de la cravate à la posture en passant par les éléments de langage.

Un des facteurs qui a contribué à la 1ère élection de Barak Obama est que son staff a mis en place une veille sur les réseaux sociaux pour détecter les indécis, ceux qui ne savaient pas encore pour qui ils allaient voter. Ses équipes se sont concentrées sur ces derniers en leur téléphonant ou en allant les voir pour les convaincre de voter pour Barak Obama plutôt que de perdre leur temps à le faire avec des personnes acquises à celui qui allait devenir président ou qui avaient décidé de voter pour son concurrent. Je ne sais pas quel spin doctor lui a conseillé cela mais c’était vraiment une idée de génie !

8 - Si vous deviez communiquer sur la Corse, quel serait votre plan de com ?
Parlons-en ;) je crois qu’il y a eu trop de communication autour de cette île paradisiaque ;)

9 - Et enfin, la noisette préférée des lecteurs, le traditionnel questionnaire qui permet de mieux connaître le profil du jour : 



  • Un roman : "Faites vous-même votre malheur" suivi de "Comment réussir à échouer" de Paul Watzlawick
  • Un personnage : Napoléon 1er
  • Un écrivain(e) : Louis Aragon
  • Une musique : Born to be alive
  • Un film : la vie est belle
  • Une peinture : Ceci n’est pas une pipe
  • Une photographie : pas une en particulier mais celles du National Geographic et de l’AFP
  • Un animal : le chat
  • Un dessert : le St Honoré
  • Une devise/citation : "l’imagination gouverne le monde" Napoléon et ma devise "être la meilleure pour donner aux autres le meilleur de moi-même" (mais là j’ai encore beaucoup de travail à faire ;)
Blog de Catherine : http://catherine-cervoni.com/
 

 
 

mercredi 12 octobre 2016


Une noisette, un Almaniak


Grandes et petites histoires des

Présidents de la République


Par César Armand


(Photo © Squirelito)


2017, année électorale. Année qui s’annonce mouvementée car le 55 rue du Faubourg St Honoré verra peut-être un nouveau locataire...ou pas.
Depuis 1848, date de la II° République, un président est nommé ou élu au suffrage universel direct (1962) et ce sont 24 personnalités politiques(25 si on prend en compte l’intérim d’Alain Poher) qui se sont succédé au château.

Face aux multiples rebondissements qui vont surgir pendant de longs mois, pourquoi ne pas profiter de cette nouvelle élection présidentielle pour remonter l’histoire tout en avançant dans le calendrier...

Le journaliste politique César Armand (*) y a pensé et vient de sortir début octobre un précieux almanach que tous les amoureux d’histoire (mais pas que) apprécieront. A chaque jour, une anecdote, un souvenir, un fait, un secret longtemps gardé, font de cet "Almaniak" un précieux compagnon. On commence au 1er janvier par la « blessure secrète de De Gaulle » pour terminer le 31 décembre avec les vœux strasbourgeois de Mitterrand. Entre ces deux dates, présidents ou personnalités du moment défilent au fil des mois, chaque petite histoire faisant la grande histoire.
S’ajoutent aux aspects enrichissant et ludique, un côté pratique. Un support et un chevalet permettent d’accrocher l’Almaniak au mur ou de le poser, et ensuite, de ranger les fiches lues dans un coffret, coffret à conserver bien évidemment !
Et puis, si vous voulez briller en société (oui, je sais ce n’est pas votre genre) vous pourrez poser quelques questions pas piquées des noisettes sur Armand Fallières et sa majorité (laquelle, je vous laisse la découvrir), Jules Grevy et un certain zèbre, Albert Lebrun et son silence, ce que doivent les associations à Emile Loubet, qui légalisa la contraception, etc.

Un ouvrage accompli pour découvrir ou se rappeler cette richesse de l’histoire française à travers le prisme de chacun de ses présidents de la République.


1 – César Armand, à année présidentielle, almanach présidentiel ?
Effectivement ! J'aurais pu écrire 365 anecdotes hilarantes ou très sérieuses sans me soucier du calendrier, mais j'ai préféré trouver 365 dates qui ont eu vraiment lieu dans l'histoire de la présidence de la République. Par exemple, le 6 mai, que nous avons tendance à associer au second tour sous la Vème République, a été le théâtre d'un assassinat d'un chef de l'Etat sous la IIIème.
2 - L'image de la fonction de président de la République s'affaiblit depuis quelques années. Et pourtant, vous et beaucoup d'autres continuez à vous intéresser avec passion à ce qui se passe à l'Elysée, pourquoi ?
Je suis passionné d'histoire. Etudier sur le très long terme comment le pouvoir des locataires de l'Elysée a évolué permet de comprendre l'affaiblissement actuel de l'image présidentielle. Par exemple, le fameux propos de Giscard sur "le bon choix" avant les législatives de 1978 ressemble beaucoup à un discours de Mac Mahon ! Peut-être aussi qu'en montrant des moments de faiblesse ou en évoquant leur famille, je souhaite montrer qu'ils demeurent des hommes imparfaits avant d'être élus.
3 - La V° république est-elle à bout de souffle ?
Beaucoup de candidats nous promettent la VIème République. S'ils arrivent au pouvoir, nous n'auront plus de chef de l'Etat. Or, ce serait dommage de se priver d'un monarque-Président tantôt homme normal, tantôt figure de la Nation. Les caricaturistes s'ennuieraient...
4 - En ces 2 siècles d'histoire, quel est votre président préféré sur le plan politique et sur le plan affectif ?
Sur le plan politique, j'ai une très grande admiration pour le général de Gaulle, très charismatique en France, en Europe et à l'international. Sur le plan affectif, c'est Georges Pompidou. Il a été le premier à parler d'environnement, à Chicago, ou même à son Premier ministre, en lui demandant de ne pas abattre des platanes !
5 - Quel est votre sentiment face à la prochaine consultation électorale ?
Il est trop tôt pour vous répondre! Nous y verrons plus clair en décembre quand le Président le plus impopulaire de l'histoire sera candidat ou non. Peut-être même que nous aurons un chef de l'État, battu il y a quatre ans, qualifié par les siens.
6 - En plus de votre fonction d'écrivain, vous écrivez aussi pour des revues politiques ?
Je ne suis pas écrivain mais journaliste politique (rires). Je travaille pour deux titres : le magazine pour élus "Europe parlementaire" sur les politiques publiques de la transition énergétique et de la révolution numérique, et, pour la revue " Charles" qui, chaque trimestre, consacre un dossier lié à la chose publique. Nous venons de publier un numéro sur l'argent et la politique pour lequel j'ai interviewé le phobique administratif Thomas Thévenoud et le trésorier des Républicains Daniel Fasquelle.


Grandes et petites histoires des Présidents de la république - César Armand - Les Almaniaks 2017 - Editions 365


(*) César Armand est également le co-auteur, avec Romain Bongibault, du livre politique "Dans l'ombre des présidents" paru chez Fayard et dont l’interview complète se trouve ici




lundi 3 octobre 2016


Une noisette, un cri


Cancer, je te hais




Ma haine est inhabituelle, très rare même, mais pour toi cancer, ignoble cancer, j’en ai doublement et même encore plus.

Cancer je te hais parce que tu détruis tout. Tu détruis le bonheur, tu détruis les rêves des enfants, tu détruis la force des adultes, tu détruis pitoyablement les quelques années encore de vie des personnes âgées.
Cancer je te hais parce que tu te glisses dans l’intimité des des gens en fracassant leur dignité.
Cancer je te hais parce que tu es sournois, tu rentres sans autorisation, en te cachant et soudainement tu envahis tout.
Cancer je te hais parce que tu es pleutre, tu n’as même pas le courage de combattre. Tu te dissimules sans faire de bruit, en rampant. Tu installes tes troupes dans le silence le plus total pour laminer ton hôte et ne lui laisser aucune possibilité de survie.
Cancer je te hais parce que tes forces augmentent, tu n’es qu’un profiteur de la folie des hommes qui, au lieu de t’anéantir, favorisent ton terrain en déversant dans les airs et sur terre les saloperies qui te font croître.
Cancer je te hais parce que tu n’as aucun respect pour la vie en préparant sans cesse, aux quatre coins du globe, des meurtres avec préméditation.

Tout ce que je te souhaite, c’est de disparaître, disparaître pour toujours. Mais tu ne pourras décamper que le jour où les hommes auront décidé de s’attaquer réellement à toi, en mettant les meilleurs limiers de la recherche à tes trousses, en préférant investir pour ce qui guérit plutôt que ce qui détruit, le choix de la vie plutôt que le choix des armes.

J’attends ce sursaut salutaire de l’homme dit moderne, pour mettre fin à ton existence calamiteuse. Quand l’humain se réveillera, cancer tu trembleras. Et enfin, tu connaîtras l’horrible mécanisme de la grande faucheuse manigancé !