dimanche 28 juin 2015


Une noisette, des ombres, une lumière

 

Amazing rainbow


Juin 2015 – La pénombre, encore, toujours, incessant. Un crépuscule qui s’enfonce, ténèbres que l’on abhorre mais qui continuent de croître dans des nuances plus sombres les unes que les autres.

Juin 2015 – Même année, même mois, même planète. Une lumière visible jaillit, celle de la main tendue vers l’autre, de la compréhension, de la tolérance surtout. Un arc de beauté pour l’amour.


Somewhere over the rainbow
And the dreams that you dreamed of
Dreams really do come true




Juin 2015 – La ségrégation, imperceptible parfois mais même silencieuse elle subsiste, jusqu’au jour où elle glace d’horreur. Haine, racisme, racisme, haine, la roue tourne à l’envers...

Juin 2015 – Un président américain veut réconcilier son peuple, quelle que soit sa couleur, quelle que soit son origine, quelle que soit sa religion ,afin que chacun puisse parvenir à deux des valeurs les plus précieuses de l’existence : la liberté et la paix.


Amazing grace, how sweet the sound
That save a wretch like me
I once was lost but now am found
Was blind, but now I see



Puisse un incroyable arc-en-ciel continuer à apporter de plus en plus de clarté...


mardi 16 juin 2015


Une noisette, deux femmes

 

Manuela Carmena – Ada Colau

(Ada Colau/Manuela Carmena - Photo © Claudio Alvarez)



Une date à retenir : 24 mai 2015. Ce jour-là, deux visages, deux personnalités sont apparues aux caméras du monde entier. Par un parcours combatif et sincère, Manuela Carmena et Ada Colau ont gagné les élections municipales. Le week-end dernier, elles étaient investies, l’une à Madrid, l’autre à Barcelone.

Une phrase, une seule retient toute l’attention. Elle est de Manuela Carmena "Gobernar es escuchar" "Gouverner c’est écouter". Elle serait à graver, non seulement au fronton de tous les édifices institutionnels, mais aussi dans l’encéphale de chaque homme, de chaque femme politique, et par extension, dans celui de tout communicant ou dirigeant.

Le peuple n’a pas besoin de nouveaux discours reprenant sempiternellement des éléments de langage qui n’intéressent que ceux qui les prononcent.

Le peuple a besoin de faits, d’actions. Et justement, ces deux femmes ne font pas que s’indigner du sort des plus faibles, des blessés de la vie, elles agissent et vite ! Petit aperçu :

  • Pendant l’été, les écoles ferment. Comment les enfants vont manger dans des villes où les taux de chômage et pauvreté battent de tristes records ? Des rations alimentaires sont en train d’être préparées afin de les distribuer gratuitement aux enfants de 0 à 13 ans.
  • Freiner au maximum les expulsions des personnes surendettées par des médiations ou des solutions de logement alternatives.
  • Baisse importante et immédiate des émoluments, promesse électorale appliquée de suite ! Manuela Carmena touchera 37.000 € contre les 100.000 € d’Ana Botella et Ada Colau recevra 37.000 € contre les 144.000 € de Xavier Trias. Pour la mairie de Madrid, les conseillers (19) verront aussi leur salaire diminuer, 36.321 € au lieu de 62.010 €.
  • Pour Ada Colau "Acabar con los privilegios y predicar con el ejemplo" "En finir avec les privilèges et montrer l’exemple". Cela commencera par l’arrêt de l’usage de voitures officielles, les repas inutiles ou encore les subventions somptuaires (4 millions d’euros chaque année pour le circuit de Montmelo).
  • Une mesure qui remplira de joie les défenseurs des animaux, Manuela Carmena supprime toutes les aides aux spectacles taurins, plus d’argent public pour les corridas !

Rarement des mesures ont été prises aussi rapidement. Il faut espérer que les bonnes méthodes vont continuer afin de soulager un peuple qui ne cesse de souffrir, dignement mais sûrement. Et, également, que leur politique soit non seulement un espoir pour les autres nations, mais aussi la voie pour gouverner autrement.

Information de dernière minute. Sur son compte twitter, Ada Colau annonce qu’elle est intervenue personnellement pour empêcher l’expulsion d’une famille avec deux jeunes enfants. Si #Podemos !




mardi 9 juin 2015


Une noisette, un film

 

La Tête Haute


Un bureau de juge pour enfants, une mère en crise de nerfs, un petit garçon livré à lui-même... 10 ans plus tard, même bureau, même juge, même mère, même fils. Un long-métrage sur le parcours chaotique d’un adolescent à la recherche d’une identité perdue. A ses côtés, des adultes qui tendent des mains malgré les coups de poing.

Des cris, des larmes, de la colère, de la haine, de l’amour aussi. Le repli sur soi car on est malheureux. Des bras prêts à vous enlacer mais que l’on rejette ou que l’on ne veut pas voir, par crainte, voire plus encore.

Incompréhension, désillusion, résignation.

En face, des personnes qui n’ont qu’une conviction : dépenser toute leur énergie à aider ces jeunes écorchés de la vie pour éviter toute hémorragie de violence mêlée à la crise des sentiments.

Poignante réalisation d’Emmanuelle Bercot connaissant parfaitement le sujet de par son oncle qui a été éducateur dans un centre de délinquants. Elle-même aurait souhaité devenir juge auprès des enfants. La réalisatrice ne recherche pas les artifices, elle souligne par des images et des dialogues bruts, la souffrance des êtres incompris et le travail sans relâche des hommes et des femmes du monde judiciaire et éducatif/social. Hommage méritoire.

Poignants acteurs qui n’incarnent pas leur rôle mais respirent intensément leur personnage. Catherine Deneuve, juge intègre et humaine, Benoît Magimel, éducateur dévoué dont le passé n’est pas non plus un chemin de roses, Sarah Forestier, mère aimante mais dépassée par chaque situation et enfin Rod Paradot, adolescent qui derrière chaque agression cache un mal-être indéniable mais baigné dans une rivière de sensibilité.

Un film dur mais où l’espoir est permis si on s’en donne, de part et d’autre, les moyens. 120 minutes où aucune âme ne peut rester insensible, ne peut rester sans réflexion. Pas une fiction mais un document. Quant à la fin, elle vaut une cantate...

Positivement nécessaire, nécessairement positif.
 
 
La Tête Haute - 2015 - Réalisation Emmanuelle Bercot - Avec Catherine Deneuve, Rod Paradot, Benoît Magimel, Sarah Forestier, Diane Rouxel... Sélection officielle Festival de Cannes 2015 hors compétition.

vendredi 5 juin 2015


Une noisette, une interview

 

 

Thibault Pomares

Du journalisme, de la liberté et du piquant !

(Thibault Pomares, musicien, journaliste et coordinateur éditorial à La Télé Libre - Photo by Squirelito)




Il y a des lieux qui de suite vous inspirent un solide professionnalisme mais aussi une différence. Tel est celui de la rédaction de la Télé Libre qui depuis 2007 essaie d’offrir à chaque citoyen une vision inhabituelle de l’information. Rencontre avec l’un de ses contributeurs, je nomme (sortez tambours et trompettes) Thibault Pomares !


1 – Avant toute chose Thibault, quelle est cette histoire de hérisson, un lointain cousinage avec Spontex ?
Ha, ha ! Je ne suis pas du tout un hérisson ! Mais l’initiateur de cette histoire est Romain Potocki pour son concours, suite à la publication de son livre "L’Homme itinérant". J’avais fait une photo avec un hérisson et de là sont parties les "jokes" avec cet animal.

2 – Pour ceux qui ne te connaissent pas encore (ne savent pas ce qu’ils manquent) quel est, en deux temps, trois mouvements, ton parcours ?

Je n’avais pas envie de faire de longues études après le Bac, tout ce qui était école me rebutait. J’ai rejoint une prépa sur Nice où je pouvais directement me former sur le terrain. En parallèle de cette formation, j’ai cumulé deux riches expériences, l’une à TSF Jazz, l’autre à Gonzai Magazine.

Le monde la télé me repoussait car je ne voulais pas rentrer dans un formatage quelconque mais je suis rentré en 2010 comme stagiaire à la Télé Libre où justement on jouit d’une totale liberté. L’un de ses fondateurs John-Paul Lepers m’a aidé à me connaître et à savoir transmettre mes messages.

3 – C’était ta première expérience télé ?
Non, avant de rejoindre définitivement la Télé Libre, j’avais effectué un stage de 6 mois à M6 mais qui ne m’avait pas donné une grande satisfaction en raison d’une vision du journalisme que j’ai à cœur et qui ne correspondait pas à mon esprit.
J’ai aussi gagné le 1er prix du concours l’Express Grandes Ecoles avec des copains et avec la somme reçue j’ai pu réaliser mon premier grand reportage : un film sur l’Islande qui a été diffusé sur France ô.

4 – Et ensuite ?
Revenu à plein temps à la Télé Libre, j’ai fait un film sur la Fête de la Musique du quartier. L’association Casdal14 a été très intéressée et participe dorénavant au fonctionnement de la Télé Libre. C’est pourquoi nous faisons beaucoup de reportages sur les gens du quartier, pour montrer leur vie, leurs difficultés et aussi faire parler ceux qui cherchent une solution pour changer l’image et faire bouger les choses positivement.

5 – La Télé Libre, une poussinière journalistique pas comme les autres ?
C’est tout à fait ça ! Mais j’ajouterais "pas que journalistique" en ce sens que nous n’avons pas de ligne éditoriale car la Télé Libre c’est avant tout un esprit. On forme techniquement mais en respectant les idées de chacun et en laissant libre leurs envies, leur idéalisme. Pas de formatage, au contraire, nous sommes un centre de déformation ! Personne ici ou presque n’est vraiment issu du monde journalistique et en toute logique nous avons un regard différent. John-Paul Lepers permet que ces regards puissent exister.

6 – Sans la musique la vie serait une erreur ?
Ça serait un peu moins la vie !

J’ai toujours fait de la musique et je touche à tout : percussions, guitare, piano... Petit je voulais être 3 personnages :
  • paléontologue en raison des dinosaures (jamais pu trouver le moindre os dans un jardin !),
  • pêcheur normand car la mer est l’autre de mes passions,
  • musicien.
Je me suis retrouvé journaliste un peu par hasard et en fait la musique m’aide énormément aujourd’hui. En composant, les notes, les sons, sont un formidable catalyseur pour transmettre mon ressenti, ça me permet de renforcer le message. Je considère la musique comme une information supplémentaire.

7 – A l’horizon, quoi de nouveau ?
Je travaille sur la réalisation d’un documentaire sur le métier de modèle vivant. Tout un programme !

Et, et... je compose la musique d’un autre documentaire. Après celui de "La guerre des graines" ce sera "Villeneuve, l’utopie malgré tout" réalisé par deux jeunes journalistes talentueux : Flore Viénot et Vincent Massot.
Il est nécessaire de porter un autre regard sur la banlieue avec ceux qui la vivent. C’est un très beau projet porté par des personnes qui maîtrisent parfaitement le sujet et qui sont hyper sensibilisées de faire voir un quartier au-delà du prisme habituel de la peur.
Sa programmation est prévue en automne prochain sur la chaîne Public Sénat.

8 – Pour terminer, on ne peut échapper au traditionnel quizz de l’écureuil... mais c’est pour mieux te connaître...
  • Un roman : La Route de Cormac McCarthy
  • Un personnage : Tintin
  • Un(e) écrivain(e) : Jim Morrison
  • Une musique : Pink Floyd : The Great Gig in the Sky
  • Un film : Les Blues Brothers
  • Une peinture : Orders  (1993) de Christopher Brown (en fait la 1ère réponse a été : « Oh putain, y’en a tellement ! » )
  • Un animal : le lapin (aucune précision si avec un fusil !)
  • Un dessert : l’éclair au café
  • Une devise/citation : « Il faut toujours pisser dans le vent...enfin... tant qu’il y a du vent » !
Merci beaucoup Thibault Pomarespour cet accueil et continue le good job avec toute l’équipe de La télé Libre



(Ambiance libre et créative de La Télé Libre ! - Photo by Squirelito)









mardi 2 juin 2015


Une noisette, un film

 

La loi du marché

 


"On fait n’importe quoi avec les gens !"

Dès les premières secondes du film, le ton est lancé. Thierry (Vincent Lindon) ne mâche pas ses mots face au conseiller de Pôle Emploi (Yves Ory) devant un fonctionnement si incohérent.
Peu après, LA question est posée "Comment je fais pour vivre avec 500 euros par mois ?".

Rassurez-vous, je ne vais pas retranscrire le film, mais c’est seulement pour souligner combien cette nouvelle production cinématographique était indispensable et beaucoup plus salutaire que l’ensemble des discours politiques.

Le réalisateur Stéphane Brizé réussit à faire passer le message en faisant quasi une immersion dans le parcours d’un chômeur qui, pardonnez-moi l’expression, se bouge le cul ! Et ils sont nombreux à faire de même contrairement à ce que veulent prétendre certains esprits...
Même si l’humiliation, l’hypocrisie, l’égoïsme et l’argent sont les sujets principaux, il est assez rare de retrouver en moins de 95 minutes autant de thèmes forts qui pourrissent la société d’aujourd’hui.

Evidemment, Vincent Lindon est une fois encore magistral dans l’incarnation de son personnage. Vincent est Thierry, Thierry est Vincent. Il vit, respire, transpire de la même façon. Des phrases courtes, des dialogues brefs, les expressions remplaçant les paroles. Et c’est suffisant. Tellement parlant un rictus qui se forme, un nerf qui bouge, la salive qu’on ravale, les lèvres qui se referment, un regard qui se déplace, s’abaisse... Des plans rapprochés, très rapprochés qui permettent de deviner/comprendre les sentiments (ce qui était déjà le cas avec le film Mademoiselle Chambon du même tandem Brizé/Lindon). L’ensemble de la distribution est à la hauteur, car l’autre force du film est que la plupart des acteurs ne sont pas des professionnels mais des personnes jouant leur propre rôle.

J’espère que ce film, que l’on pourrait qualifier de documentaire choc, sera vu et revu par de nombreux politiques, directeurs de personnel et/ou ressources humaines, des managers, des conseillers en tout genre, car ce n’est pas une fiction mais, hélas, la réalité de tous les instants.

Ah, j’oubliais... souriez, vous êtes filmés... Pourquoi ? Réponse dans La Loi du marché, absolument nécessaire, nécessairement absolu.
 
 
 
La loi du marché - 2015 - Réalisation : Stéphane Brizé. Avec Vincent Lindon, Karine de Mirbeck, Matthieu Schaller, Xavier Mathieu... Cannes 2015 : Prix d'interprétation masculine pour Vincent Lindon et Mention Spéciale du jury œcuménique. César 2016 du meilleur acteur pour Vincent Lindon