lundi 26 juin 2017


Une noisette, un livre

 

Les enfants de Venise

Luca di Fulvio


 
(Photo © Squirelito)

L’Italie du début du 16°siècle, celle de la Renaissance mais aussi celle de toutes les misères, de la pauvreté, du sordide, de l’intolérance… et la liste peut s’allonger encore. Le dernier roman fleuve de l’écrivain Luca di Fulvio est une plongée dans cet univers, une aventure qui commence à Rome et s’intensifie dans la cité des Doges.
Heureusement qu’un livre ne renferme pas les odeurs que l’on décrit sinon ce serait des soubresauts gastriques à chaque page… Mais derrière la noirceur de l’ambiance, se dessine progressivement un renouveau, justement un Rinacismento dans cette Italie en proie à toutes les violences, à toutes les croyances, à toutes les rivalités. Deux protagonistes principaux, deux adolescents, Giuditta et Mercurio. Elle est juive, il est chrétien. Giuditta a encore son père, Mercurio n’a jamais connu ses parents. Quasi ou carrément à la rue, leurs destins vont se rejoindre et la comparaison d’un Romeo et Juliette est tentante. Mais point de Capulet et Montaigu. Ils sont remplacés par les instances religieuses… Et la tragédie du départ s’envolera pour un horizon de tous les espoirs. S’ajoute une symphonie de personnages dont certains deviennent très attachants, en particulier Anna et le père de Giuditta, Isacco, qui se faisant passer pour un médecin va soulager bien des maux et surtout apporter une flamme d’humanité envers des personnes qui sont considérées comme de vulgaires objets néfastes, en particulier les prostituées.
Après « Le gang des rêves » l’écrivain italien signe une nouvelle saga à couper le souffle, un parcours sur une année qui vous entraine dans une lecture tourbillonnante avec des scènes très dures mais où l’amour triomphe de tout. Une plume vive, un ton direct et des dialogues sans fioriture qui font de cette fiction, au départ sordide, un aimant captivant.

Dans l’ombre de l’histoire de ces enfants perdus, se dessinent des messages, plus ou moins modulés : par la force on arrive au bout de ses peines, la jalousie vous projette dans le néant, la cupidité est une impasse et celui qui vous fait du mal ou vous rejette verra sa malédiction se retourner contre lui…
Une épopée moderne dans les contours de l’histoire qui saura vous propulser dans un autre monde en ces temps de lecture estivale.

Les enfants de Venise – Luca di Fulvio – Traduction Françoise Brun – Editions Slatkine & Cie – Avril 2017

 

mercredi 14 juin 2017


Une noisette, une interview

 

Valérie Tong Cuong

 

« Les ressources incroyables de l’être humain me fascinent autant que son immense vulnérabilité »

(credit photo © Francesca Mantovani)

 
1 – L’amour plus fort que tout, l’amour pour continuer, l’amour pour aider. L’amour quel qu’il soit. Si poignant que votre fiction est une leçon de vie. Une leçon d’espoir aussi tout en apprenant de son passé ?
Découvrir ce que nos familles, nos parents ont traversé au quotidien durant cette guerre, ces épreuves inouïes, avec l’amour pour seul bouclier, seule force, seul repère, c’est découvrir aussi que nous sommes doués du même pouvoir. Et comprendre que même lorsque l’on a le sentiment d’avoir tout perdu, il reste toujours cela, ce moteur puissant, qui nous permet de nous révéler, de nous dépasser.

2 – Pourquoi avoir situé « Par amour » dans la ville du Havre ? Pour raisons familiales, historiques ou les deux ?
Ma famille maternelle est originaire du Havre, et j’ai grandi avec la conscience que la guerre avait été particulièrement cruelle dans cette ville, sans en connaître les détails. Mais c’est surtout son attachement presque irrationnel à cette ville qui m’a interpellée. J’ai alors découvert que la guerre qu’ils avaient vécue n’était pas celle que j’imaginais.  La ville n’avait pas seulement été occupée avec brutalité par les Allemands. Nos propres alliés, les Anglais, l’avaient bombardée sans relâche, durant des années, jusqu’à l’anéantissement en 44, faisant des milliers de victimes civiles. En outre,  pour les protéger de la mort, de la violence, de la misère et de la maladie, de nombreux petits Havrais avaient été envoyés loin de leurs parents. Durant un temps, sur ordre allemand, la ville s’était même trouvée entièrement vidée de ses enfants ! Mais surtout, un important contingent d’enfants était parti en Algérie. Or, alors qu’il était prévu qu’ils retrouvent leurs familles après quelques mois, beaucoup de ces enfants ont été contraints, après le débarquement d’Afrique du Nord de 42, de rester jusqu’en 45. Une éternité pour ces petits dont les plus jeunes n’avaient que 4 ou 5 ans !

Pourtant la situation terrible des civils et le destin de ces enfants, sont demeurés dans l’ombre, pour différentes raisons contextuelles : à la sortie de la guerre, on découvrait l’étendue de la barbarie nazie et cela, à juste titre, a occulté tout le reste. Comment évoquer les convois d’enfants partant vers le soleil d’Algérie, lorsque d’autres convois avaient emporté d’autres enfants, si nombreux, vers les camps de la mort ? Il était également impossible d’émettre la moindre critique à l’égard de nos Alliés, venus courageusement et avec succès à notre secours. A cela s’ajoute que, leur ville anéantie, les Havrais ont dû employer toute leur énergie à la reconstruire plutôt qu’à se lamenter une fois les combats terminés. Enfin, au Havre comme partout en France, après des années de guerre, la plupart des gens voulaient passer à autre chose, ils avaient besoin d’aller de l’avant. Ils ont préféré regarder leurs enfants grandir et rire, plutôt que de les assombrir avec le récit de leurs souffrances. Il fallait que le temps passe pour que l’on puisse ré-ouvrir les dossiers. Alors, exhumer ce qui s’était produit durant cette période est devenu indispensable, un devoir de mémoire, un hommage nécessaire à ces générations qui ont pris la guerre de plein fouet.

3 – Il est rare de voir une source bibliographique aussi importante pour un roman. Combien de  mois, pour consultations d’archives, entretiens avec des témoins, recherches, ont été nécessaires ?
J’ai travaillé intensément durant deux ans pour lire, analyser, faire le tri des archives, mais cela aurait pu être beaucoup plus long si je n’avais pas rencontré deux personnes qui ont m’ont fait gagner un temps précieux : Jean-François Masse, au Havre, qui m’a permis d’accéder à une véritable caverne d’Ali Baba provenant en grande partie du fond du dernier bouquiniste du Havre qu’il avait repris, et Chloé Glotin, qui a longuement travaillé sur la question des enfants évacués pour les besoins de son documentaire et m’a offert généreusement le fruit de ses recherches. La quantité d’information à traiter était impressionnante, mais les témoignages si bouleversants et spectaculaires que je ne me suis jamais sentie découragée, au contraire, chaque découverte me donnait plus d’énergie.

4 – Comment ne pas penser à l’actualité, et en particulier à l’enfer syrien, en lisant le triste vécu des bombardements sur Le Havre. Pourriez-vous écrire une histoire par rapport à Alep, le roman étant le vecteur de la sensibilité à la réalité ?  
Il ne s’est pas passé un jour depuis que je travaille sur ce sujet, jusqu’à aujourd’hui, alors que le roman a paru depuis quelques temps, où mon esprit et mon cœur ne se sont pas tournés vers Alep, puis aujourd’hui Mossoul. Découvrir que ce qui nous a bouleversés en Syrie ou en Irak, ces gens jetés littéralement hors de leur vie, des gens comme vous et moi, enseignant, ouvrier, médecin, secrétaire, manutentionnaire, a été vécu par nos familles, il n’y a pas si longtemps, nos parents ou grands-parents était à la fois douloureux et fascinant. J’ai été frappée par le parallélisme incroyable avec la situation du Havre, lorsque des hôpitaux ou des écoles ont été bombardés, par exemple ! Sans parler du fait qu’à Mossoul d’énormes dégâts et pertes civiles ont été causés par...des bombardements alliés. Partout, la guerre produit les mêmes effets et entraîne les mêmes questions lorsque l’on se situe à hauteur d’homme. Les dégâts collatéraux touchent des êtres dont on ne pense pas assez qu’ils ont des noms, des prénoms, des amours, des familles, des espoirs, des vies, une identité en somme !

Pour autant je ne prévois pas d’écrire sur le sujet. Je considère que Par amour doit, entre autres objets, aider à la prise de conscience de la véritable nature de la guerre pour les civils, pour les pères, les mères, les enfants, les personnes isolées ou vulnérables, les gens âgés, etc. Que l’on cesse de voir la guerre au travers de généralités, de chiffres si monstrueux qu’ils perdent leur réalité, mais que l’on s’interroge plutôt sur ce que cela représente très concrètement de devoir survivre, quand du jour au lendemain, alors que l’on avait un toit, un métier, un avenir, un cadre de vie, l’on se retrouve sans un sou dans la poche, sans un vêtement de rechange, sans aucun moyen de communiquer, sans autre objectif que tenir debout, rester vivant, et que l’on doit prendre des décisions pour soi et ses proches en se fiant seulement à son instinct.

5 – Même si le contexte et le fond sont complètement différents, j’ai trouvé des similitudes entre « Par amour » et « L’atelier des miracles », la narration tout à tour des protagonistes et cette approche psychologique des personnages. Dans tous vos romans, une base : l’humain et son destin. Comment expliquez-vous cette empathie que vous avez pour l’autre, pour les autres ?
Il est vrai que ces deux romans montrent, d’une manière très différente, combien il est nécessaire d’être là les uns pour les autres. Mon propre parcours, très chaotique dans sa première partie, et les itinéraires observés chez d'autres, m’ont appris que l’on peut presque toujours prendre son destin en main et accomplir en quelque sorte son propre miracle, (ce que beaucoup de gens durant la guerre ont réussi en se surpassant et en s’appuyant centralement sur cette humanité que nous avons tous en commun). Et cela, même lorsque les épreuves semblent insurmontables ! Mais à condition toutefois de ne pas être isolé, car l’expérience montre que l’on s’en sort rarement seul. Ces ressources incroyables de l’être humain, me fascinent autant que son immense vulnérabilité.

6 – La musique vous aide-t-elle pour trouver des sources d’inspirations pour vos histoires ?
Elle m’accompagne parfois, m’aide à m’isoler dans une bulle, un monde qui n’appartient qu’à mes personnages. Mais lorsque j’écris, je ressens souvent aussi le besoin d’être plongée dans un silence absolu, comme si cela me permettait de mieux entendre « intérieurement » ce que ces personnages ont à me dire.

7 – « Par amour » pourrait-il se transformer en un scénario pour le grand écran ? Joffre, un personnage à la fois sombre et audacieux, puissant et fragile, généreux, peu bavard car sa manière de s’exprimer est dans son cœur, on pense de suite à Vincent Lindon ou est-ce une vision strictement personnelle ?
Pourquoi pas ? Il l’incarnerait très bien en effet. J’avoue que j’aimerais énormément voir cette histoire portée à l’écran, mais c’est une fresque, un sujet ambitieux, coûteux à monter, il faut donc trouver l’équipe qui aura la vision et les épaules assez larges pour l’emmener jusque-là.

8 – Avez-vous un nouveau projet d’écriture ? Que représente l’écriture pour vous ?
Je suis encore plongée dans l’univers de Par amour, qui suscite énormément de retours, de nouveaux témoignages bouleversants des lecteurs – dans lesquels j’apprends de nouveaux aspects de cette guerre, de nouveaux détails, anecdotes. Je me contente donc de travailler sur des textes plus courts, des projets parallèles, comme cette nouvelle écrite pour le recueil « 24 histoires du Mans » qui vient de paraître chez Belfond. Mais je sais que je continuerai à écrire, tout simplement parce que c’est chez moi une nécessité : l’écriture est ma colonne vertébrale depuis l’enfance.

9 – Vos romans sont traduits dans 18 langues. La littérature est donc un art universel et ce, grâce au formidable travail des traducteurs ?
Vous avez raison de souligner le travail des traducteurs. Je trouve qu’il n’est pas assez mis en valeur. Un traducteur est aussi un écrivain, ce n’est pas un simple technicien. Traduire est un art, il faut donc du talent pour que le livre existe au-delà de son territoire d’origine. Or, tout comme il y a de bons et mauvais romans, il y a de bonnes et mauvaises traductions. Dans mon cas, je pense avoir eu beaucoup de chance car mes éditeurs ont choisi des traducteurs de qualité, du moins est-ce le sentiment que j’ai grâce au fait que j’ai des amis dans certains pays du monde, qui ont pu lire et commenter le style. Mais il demeure très frustrant de ne pouvoir moi-même évaluer ces traductions.

Enfin, la littérature est certes un art universel puisqu’elle éclot partout, mais je pense que peu de textes sont vraiment universels, car les cultures et les préoccupations sont trop différentes d’un endroit à l’autre du globe. Il faut accepter l’idée qu’un même texte ne peut circuler, être accepté et compris partout.

10  – Le traditionnel questionnaire pour clore cette interview :
-        Un roman : « La maison dans laquelle » de Mariam Petrosyan
-        Un personnage : Momo, dans la Vie devant soi d’E. Ajar/R. Gary
-        Un(e) écrivain(e) : Victor Hugo
-        Une musique : l’album « Echo » de Quark
-        Un film : Sailor et Lula, de david Lynch
-        Une peinture : « Le cri » de Munch
-        Un photographe (ou une photographie) : Andreas Gursky
-        Un animal : le chat
-        Un dessert : la mousse au chocolat
-        Une devise ou une citation : « Après le pain, l’éducation est le premier besoin d’un peuple » (Danton)


Par amour – Valérie Tong Cuong – Editions J.C. Lattès – Janvier 2017
http://squirelito.blogspot.fr/2017/03/unenoisette-un-livre-paramour.html
 

 

vendredi 9 juin 2017


Une noisette, un livre

 

Croire au merveilleux

Christophe Ono-Dit-Biot

 

(Photo © Squirelito)

 
Tout commence dans l’obscurité, une atmosphère pesante comme si Hadès envoyait un message depuis l’enfer. Pathétique, angoissant. Puis, au fur et à mesure, Ouranos aide à retrouver une clarté et c’est finalement Hélios qui triomphe d’un magnifique voyage dans le passé, pour mieux vivre et continuer à vivre dans le présent. Comme le héros de l’histoire « ça me plait, parfois, de croire au merveilleux »

Ce roman est une triade sur le deuil, la mythologie et la renaissance avec un personnage central, César, jeune veuf et père d’un petit garçon. Il a perdu sa compagne Paz et son chagrin est incommensurable. Le suicide semble être la seule issue. Mais, va surgir Nana, une jeune femme grecque, énigmatique, aussi érudite que séduisante. Des liens se nouent, un parcours initiatique du renouveau va se dessiner, et pour compléter le tableau, défilent une palette de tons aux couleurs de la Méditerranée, une plongée en terre italienne, espagnole, grecque et une incursion finale au pays du soleil levant. Tout un symbole dans ce récit où les mythes reprennent un pouvoir considérable. Heureux qui comme Ulysse a fait un beau voyage…

En puisant des forces dans l’art antique, en retraçant le parcours de son enfance, le retour à la vie va triompher, et ce, malgré les agitations et l’actualité assourdissantes qui nous ramènent à la réalité.
Le journaliste et écrivain Christophe Ono-Dit-Biot nous entraîne de surprises en surprises car il faut lire jusqu’à la dernière ligne pour saisir toute la puissance de son récit. Ce métissage sur l’échelle du temps, où l’on s’entoure du passé pour ériger l’avenir, est une merveille. On respire les senteurs multiples de la flore méditerranéenne, on s’émerveille sur les richesses de l’histoire, on se délecte de ces Humanités peut-être trop tombées en désuétude au nom du tourbillon de la modernité, on caresse les mots et les descriptions, on déguste à distance une ensaïmada et autres gourmandises qui secouent le corps et l’esprit. Sans oublier l’amour. L’amour d’un père envers son fils, l’amour éternel envers la femme disparue, l’amour perdu mais qui cogne dans sa tête, dans ses membres.

Une fiction qui se lit doucement même si l’envie de découvrir l’épilogue (du grec « épi » et « logos ») est terriblement irrésistible. Avec l’envie de la  relire à nouveau une fois la lecture achevée. Pour bien évaluer l’importance du message, pour noter les nombreuses références artistiques et philosophiques, pour décrypter la sémantique utilisée, pour s’imprégner de l’élégante sensualité, pour s’enivrer soi-même du passé pour embellir à nouveau le temps qui est devant nous.
Tel un retour d’Ulysse en sa patrie, de battre le cœur de César va continuer. Pour lui, et par-dessus tout, pour son fils.

 « J’aime les mots, leur sens ancien, les passerelles que ça crée. L’impression d’un ordre, d’une cohérence, d’un enracinement, le seul qui tienne dans ce monde de folie »
« Nana dit que l’Europe est molle, que c’est folie de croire en un dieu unique parce que le dieu de l’un est toujours le diable de l’autre. (…) L’autre jour, elle m’a cité une phrase d’un sénateur romain du III° siècle dont je n’avais jamais entendu parler.  Quintus Aurelius Symmaque. (…)  Nous contemplons tous les mêmes astres, le ciel nous est commun, le même univers nous entoure. Qu’importe par quel chemin chacun recherche, en fonction de son propre jugement, la vérité. Il n’y a pas qu’une seule voie qui permette d’atteindre un si grand mystère. » 

« Ce petit garçon regardait la mer et le soleil. Il avait, à la main, un crayon, et il dessinait (…) la mer, il dessinait le soleil (…)
Toujours, il vivra pour tenter (…)
Toujours, il vivra pour apprendre (…)
Toujours, il vivra pour comprendre (…)

Toujours, il vivra pour ne pas dormir (…)

Toujours, il vivra pour le désir (…)

« Contre le temps qui dévore, seule notre enfance, ce qu’on y puise, peut nous sauver »

 Croire au merveilleux – Christophe Ono-Dit-Biot – Editions Gallimard – Février 2017

 

 

 

mercredi 7 juin 2017


« Les derniers hommes d’Alep »

 

Documentaire écrit et réalisé par Feras Fayyad

 


Alep – 5000 ans avant J.C – Berceau de la civilisation

Alep – 2017 /XXI° siècle – Berceau de la « décivilisation »

Dans cet enfer, des hommes ont décidé non pas de se battre avec des armes mais de lutter avec leurs mains, leur cœur, de se battre avec courage pour les autres. En les sauvant des décombres, en les soignant, en apaisant les pleurs d’un enfant. Ce sont les Casques Blancs . Des irréductibles qui risquent leurs vies à chaque instant. Ils sont trop oubliés par les médias et pourtant depuis 2013 ils ont un rôle crucial et tentent de garder une neutralité absolue, les bombardements et atrocités venant à la fois du régime et des jihadistes.

Le réalisateur syrien Feras Fayyad a suivi pendant près de 3 ans Khaled et Mahmoud, deux frères unis pour apporter de l’aide dans ce chaos sans nom, dans ce néant qui devient pire que des ruines... de la poussière de ruines.

Ce reportage est un déchirement total et l’un des plus poignants réalisés sur la Syrie. Déchirant pour le sort des Alépins, déchirant pour la cruauté de la guerre, déchirant pour les images, les témoignages, la musique qui accompagne chaque instant de survie. Pas de commentaire, juste les voix des Casques Blancs.

Comment ne pas avoir la gorge nouée quand on voit ces femmes, ces hommes, ces enfants qui savent encore rire dès qu’un faisceau de lumière apparaît dans la noirceur du ciel, ils veulent profiter de chaque seconde de vie, cette vie unique et précieuse...mais si fragile. Mais face à ce quotidien plus qu’incertain, ces hommes refusent de partir bien que la tentation de s’exiler soit grande, leur devoir est de rester à Alep pour accompagner et soulager son prochain.

La caméra se déplace lentement sur les visages, l’intensité des regards vous traverse l’âme et les images bouleversantes défilent : celle d’un vieil homme qui range un tiroir alors que la façade de son immeuble est tombé, celle d’un enfant qui a succombé à un bombardement et son père pleurant tout en abhorrant Bachar el-Assad, celle d’un chat blessé, tremblant de peur avec des larmes coulant de ses yeux...

Admirable exemple de ténacité, de bravoure, d’humanité dans cette inhumanité d’un conflit de ténèbres. Les dernières secondes du documentaire s’achèvent et vous fermez vos yeux humides avec une sorte de prière dans votre for intérieur pour que cesse cette barbarie qui hache des vies et laisse des blessures incurables.

Il y avait Khaled ou le courage personnalisé
Il y avait Khaled, le père dévoué adorant ses enfants
Il y avait Khaled avec une main tendue pour sortir un être vivant de l’abîme
Il y avait. Parce que Khaled n’est plus. Un bombardement a fait cesser de battre un cœur. Khaled mort en sauvant les autres.


(© Last Men In Aleppo)


« Les derniers hommes d’Alep » (The last men in Aleppo) – Feras Fayyad - Diffusé le 6 juin 2017 sur Arte








dimanche 4 juin 2017


Une noisette, un livre, une interview

 

Du Coq à l’Âne

 

Gérard Gasquet

 
Si Camille Saint-Saens avait pu lire cet ouvrage  il l’aurait assimilé à un carnaval des animaux.  De son côté les notes, de celui de Gérard Gasquet, les vers (ceux du poète).  Et croyez-moi ce recueil a du chien ! Pas de quoi devenir chèvre mais une lecture qui vous rend gai comme un pinson.

L’auteur virevolte la plume (celle de l’encrier) comme un chant d’oiseau avec poésie et humour  avec une série de poèmes dédiés à ces êtres qui font notre joie : les animaux.  Point important, les écureuils ne sont pas oubliés même si votre serviteur a légèrement grogné en s’apercevant de cette manie chez les bipèdes de toujours croire que nous autres sommes goinfres « ou alors c’est un écureuil, qui sur le tronc d’un noisetier, recherche son garde-manger ». Ours, chiens, oiseaux, insectes, moutons, poissons,  ne se disent pas adieu mais vous donnent rendez-vous avec parfois quelques conseils (mieux vaut aller à la pêche sans vers (les bestioles) ni hameçon). Mais la part de lion revient à deux espèces : les félins et les équidés.

Du côté des chats c’est bien plus qu’un duo rossinien : ce sont des « chats pitres » à faire miauler de plaisir le plus allergique aux félins. Petit extrait : « Le chat me dit = animal plutôt nocturne en fin de semaine, il a tendance à trop souvent ne suivre que ses envies » ou bien « Le chat beauté = très narcissique, on le rencontre souvent au détour des livres de contes. Je vous laisse découvrir « Le chat qu’à puces », « Le chat teigne, » « Le chat maux », « Le chat touille » and so on…

La plus belle conquête de l’homme a droit à un galop magistral sous une randonnée « Poéquidienne », une promenade de vocables, crinière proche du panache, ça trotte, ça galope, impossible de vous mettre au pas car vous piaffez de plaisir !

Le livre se termine par un hommage aux compagnons disparus, des mots qui toucheront la grande confrérie des amoureux des animaux et de la nature. Bref, tout est au poil !


1 - Gérard Gasquet, avant toute chose, qui êtes-vous ?
Je suis un jeune homme de 60 ans !
La jeunesse n’est certainement pas une question d’années écoulées mais plutôt l’envie toujours présente du questionnement, de l’observation et de la joie de vivre…
Plus concrètement, mon parcours fut jalonné d’expérience aussi diverses qu’enrichissantes (études agricoles, employé de banque, artisan, père au foyer, auteur de jeux, élu municipal et maintenant « taquineur de muse » !
Le terme et l’image de « poète » ne me représente pas, je me sens plutôt somme « un artisan de la rime » qui espère simplement apporter aux lecteurs, de l’intérêt et du plaisir.

2 – Depuis combien de temps écrivez-vous ? Un poète s’est-il penché sur votre berceau ?
Le réel travail d’écriture a débuté en 2006-2007.
Mais j’ai toujours écrit des petits textes, des poèmes, dès le lycée pour épater les camarades de classe, puis ensuite pour faire sourire mes proches.
Ce sont eux qui, en 2009, m’ont incité à présenter sur un blog,  mes écrits.
D’autre part, depuis la naissance de nos petits-enfants, j’ai pensé que cela serait sympa qu’ils se souviennent ou qu’ils découvrent leur aïeul autrement que par de simples photos, en feuilletant des ouvrages.
Aussi, ayant eu l’audace de vouloir éditer des recueils, j’ai du retravailler, alléger, structurer ces textes  afin de les rendre plus lisibles ! 

3- Sans hésiter, seul un ami des bêtes peut écrire un tel recueil ?
Sans conteste oui, mais pas que….
L’observation du monde animal est l’exact reflet de notre propre société, du propre comportement humain. Ni plus sage, ni plus intelligent que les animaux qui nous entourent. Eux ont su s’adapter, souvent dans la contrainte, à notre propre monde. L’homme en serait-il capable ?
Dans « Du Coq à l’Ane », j’ai essayé de proposer un second degré de lecture qui nous renvoie à notre propre univers.

4- L’observation de la nature est-elle l’une de vos inspirations ?
Pas seulement.
Chaque recueil tourne autour d’un thème. Le sentiment amoureux pour « Premier Rendez-Vous », ce qui m’insupporte dans notre société pour « Le Cœur à Pleurer », la nature et plus spécialement les animaux pour « Du Coq à L’Ane » et enfin, les affres et le plaisir de la création (surtout littéraire) pour le prochain à paraître fin août (enfin, j’espère) « Comme la Plume »

5 – Vous avez écrit d’autres ouvrages de poésie mais justement songez vous à publier sous une autre forme ?
Tout à fait.
Dans le prochain recueil, j’ose présenter trois textes en prose, sortes de petites nouvelles, pour avoir un ressenti de mes fidèles  lecteurs sur le bien-fondé de ce nouveau travail.
Mais, j’ai dans ma besace, plusieurs ouvrages prévus dont un recueil de nouvelles, un roman et peut-être, un recueil d’haïku.
L’éclectisme est toujours une bonne source de motivation…

6 – Questions bien évidemment posées au hasard, que pensez-vous du rôle des bibliothèques ? Et des rencontres où les lecteurs échangent sur leurs dernières lectures ?
Les bibliothèques, en France, ne sont pas assez mises en valeur. Beaucoup de personnes pensent que ce n’est pas pour eux, que cela concerne les gens « culturés », les étudiants, etc.
Comment faire passer le message qu’une bibliothèque, quelle que soit sa taille, est avant tout en lieu de plaisir, de détente, de convivialité et aussi de connaissance.
Les rencontres de lecteurs, dans le cadre des bibliothèques ou de différents clubs de lecture, sont toujours des moments importants, surtout pour les auteurs…
Il faut y venir régulièrement car à force de se réunir, on finit par se connaître et certaines réticences finissent par tomber. L’ambiance devient très chaleureuse et la discussion gagne en qualité et sincérité et l’humour finit par prendre toute sa place !
A mon avis, les bibliothèques et les rencontres entre lecteurs sont les vecteurs incontournables de la diffusion de la culture.

7 – Sur votre blog, vous écrivez « de la diversité des pensées culturelles, donnera au pays un élan fraternel »  La culture et la mixité sont deux des facteurs indispensables pour la bonne marche d’une nation ?
Pas seulement d’une nation.
La mixité des cultures, des pensées, le brassage interethnique, le métissage sont les facteurs essentiels au développement de l’être humain. Il en va de la survie de notre planète. En cessant de s’arcbouter sur nos acquis, nos connaissances ou nos frontières, nous comprendrons mieux le monde qui nous entoure et nous pourrons faire avancer l’humanité dans le respect des individus et de la planète.

8 – Si vous étiez nommé Ministre de la Culture, quelles seraient vos premières mesures ?
A propos des bibliothèques, je mettrais tout en œuvre pour expliquer que ce n’est pas un lieu de vieux grincheux qui froncent les sourcils dès qu’un éternuement survient mais qu’il s’agit de lieux publics où l’on peut venir passer un peu de temps en lisant une BD, un journal, un roman ou un recueil de poésies…
D’autre part, je donnerai aux auteurs la possibilité de devenir auto éditeur, avec un vrai statut clair et net, afin de pouvoir présenter au public un vrai choix de lecture différentes que celles proposées par les maisons d’édition qui résonnent plus souvent en terme de rentabilité qu’en terme de curiosité !

9 – C’est bientôt l’été et l’occasion d’envahir l’esprit de lectures rafraichissantes, quel serait votre valise littéraire idéale ?
Dans ma jeunesse, je choisissais un livre en fonction de son nombre de pages, pensant ainsi garantir un temps de lecture conséquent !
Mais je me suis vite aperçu que la quantité n’était pas un gage de qualité…
Pour cet été, j’emmènerai d’une part un bon polar nordique de forme classique de Henning Mankell pour retrouver la fraîcheur des côtes suédoises en suivant les enquêtes de l’inspecteur Wallander et également la série « Fortune de France » de Robert Merle pour partir en voyage au 16ème siècle. Rien que la langue utilisée est une invite au dépaysement…

10 – La noisette traditionnelle de l’écureuil avec un petit menu quizzérien, mais c’est pour mieux vous connaitre…
Un roman : « The Little Big Man » (Mémoires d’un visage pâle) de Thomas Berger. Au-delà 
des pérégrinations de son héros, ce livre présente la culture, la sensibilité, le respect de la
nature et de l’environnement des amérindiens. Des notions que chacun devrait méditer.

Un personnage : De part mon patronyme, D’Artagnan bien évidemment ! 

Un(e) écrivain(e) : Actuellement, j’aime beaucoup Antoine Choplin

Une musique : Les compositions de Michel Legrand qui allient à la fois le jazz et la
chanson française
 
Un film : « Singing in the Rain » La joie, Gene Kelly, l’histoire du cinéma et aussi la nostalgie de mon enfance

Une peinture : «Le Clown Triste » de Bernard Buffet. Image même de l’ambivalence de la
vie, où les couleurs peuvent cacher l’inéluctable noirceur de la vie.

Une photographie : L’homme et son sac en plastique, seul qui arrête une colonne de char
sur la place Tian’anmen. Un geste qui semble dérisoire mais qui démontre que chacun, à
son niveau, peut essayer d’influencer la marche du monde.

Un animal : Mon chien (car je pense avoir été un chien dans une vie antérieure)

Un dessert : Un Paris-brest (avec beaucoup de crème…)

Une devise/une citation : Il faut tout faire sérieusement mais sans jamais se prendre au sérieux
 
Du coq à l'âne - Gérard Gasquet - Novembre 2015 - The Book Edition

 

 

jeudi 1 juin 2017


Une noisette, un livre, une interview

 

Le silence des chrysanthèmes

Bertrand Redonnet


 


On dit que chaque livre a une odeur, « Le silence des chrysanthèmes » de Bertrand Redonnet, sent bon la campagne, celle du foin coupé, celle des arbres aux multiples senteurs, celle d’un labeur d’antan avec ses difficultés mais avec le souffle de la liberté.
L’auteur relate son enfance poitevine et chaque chapitre se termine par le récit progressif d’un fait marquant sa jeunesse : l’homme aux cordes… Troublant et il ne faut pas longtemps au lecteur pour deviner son identité révélée à la fin.  Un milieu paysan, une fratrie conséquente et pour diriger le tout, une femme, une maitresse-femme avec ses convictions, ses idéaux, sa ligne de route et son refus de se plier aux injonctions d’une société en évolution. 

Scènes touchantes de la vie d’autrefois avec des anecdotes qui font alternativement sourire et moins sourire. Comme la vie. Des réflexions personnelles dans un environnement que l’on aimerait parfois façonner selon ses sentiments mais le destin en décide autrement.

C’est que le petit Bertrand n’est pas un enfant, un adolescent, un adulte comme un autre. Il a une passion, la lecture et dans cet univers champêtre, l’incompréhension règne autour de lui. Mais son envie infinie de lire, de connaître tout est une arme redoutable pour affirmer tout de même sa présence. Et pour nous, de savourer aujourd’hui une saga extraordinaire de gens que l’intelligentsia a trop tendance à considérer comme ordinaire…
Les plus âgés se remémoreront leur jeunesse, les plus jeunes découvriront un autre temps, voire une autre planète, depuis l’eau en a parcouru du chemin le long des ruisseaux, tant que la plupart se sont asséchés… par manque d’entretien, d’attention et parce que la main de l’homme a détruit ce que la nature avait savamment construit.  Un livre écologique ? Non, en aucun cas, un livre seulement authentique et c’est déjà beaucoup.

La nourriture qui accompagne ce fond de campagne est fort riche : de la poésie, une syntaxe élaborée, un franc-parler (bien qu’arboricole votre serviteur noisette cette anti-langue de bois) et que de scènes cocasses et touchantes (l’épisode de la voiture ferait éclater de rire le croque-mort le plus sinistre), du piquant et de l’humour avec quelques tournures stylistiques que je vais inscrire sur mon noisetier.
Car franchement et contrairement à ce qu’il prétend, de Bertrand Redonnet, on ne s’en fout pas du tout…
« Chaque homme promène en lui la dualité d’un soleil de minuit. Il est à la fois aurore et crépuscule »

1 – Bertrand Redonnet, ceux qui veulent découvrir qui vous êtes pourront lire votre récit mais avant toute chose, comment va votre maman ? Car elle est l’héroïne de votre récit…
Elle va doucement, avec 96 ans à porter sur ses frêles épaules…
Cela dit, je ne suis pas certain qu’on saura bien qui je suis après avoir lu mon livre. On aura des pistes, une silhouette, mais Le Silence des  chrysanthèmes n’est pas une autobiographie stricto sensu. C’est un texte impur au sens où il mêle fiction et réalité… Comme tous les textes d’ailleurs, à des degrés divers…  Ma mère, oui, occupe le devant de la scène, car elle était évidemment incontournable quand j’ai voulu évoquer mes origines et, un peu, mon parcours… La question s’est en effet vraiment posée à moi, par le biais de l’écriture, de savoir comment et pourquoi je me retrouvais déraciné, exilé, moi  qui ai  une âme de paysan.

2 – Ce « silence des chrysanthèmes » apparait plusieurs fois, pourquoi ce choix même si on le devine un peu ?
Parce que le chrysanthème est la  marguerite des morts, comme l’a chanté Brassens,  et que nous sommes tous promis à en écouter un jour le silence… Une fleur de novembre, une très belle fleur… Une fleur du déclin éternel. Son silence plane sur le monde que j’évoque là ; un monde défunt…

3 – Vous habitez dorénavant la Pologne mais est-ce que l’odeur poitevine vous manque ? Ou bien mieux vaut ne jamais revoir ce qui vous a permis d’exister ?
L’exilé, même volontaire, est comme un marin amoureux de la mer et qui, parfois, a la nostalgie de la terre ferme…

4 – Pour autant, faire son « auto-archéologie » (©Bertrand Redonnet) permet de se libérer de ses démons ?
Non. Pas de s’en libérer. Mais de les regarder droit dans les  yeux… Et les démons n’aiment pas qu’on soutienne leur regardJ)

4 – La liberté, un mot que vous voudriez écrire à l’infini à l’instar de Paul Eluard ?
Un mot hélas vidé de son sens tant tout le monde le réclame pour soi au détriment de la part à laquelle ont droit  les autres. Au nom de la liberté, on fait plein de bêtises aussi. Parlant des gens de mon acabit, de mes compagnons de jeunesse, ceux que j’ai aimés, de joyeux anars, je dis bien que nous n’étions pas libres puisque enchainés à la liberté à tout prix. Nous l’avons payée cher, cette aliénation… L’homme libre est celui qui sait mesurer la surface exacte de sa prison.

5 – Ne jamais jeter la pierre serait l’une de vos devises car chacun de nous porte une histoire, des blessures qui poussent l’individu vers des chemins hasardeux ?
Oui. Tout à fait. Ceux qui jettent la première pierre sont des coquins. Et, le plus souvent, c’est à soi-même qu’on jette la pierre : quand on ne supporte pas que soit sans vergogne affiché chez l’autre ce que nous nous évertuons à  planquer de nous-même.

6 – « On refait toujours sa vie quand on l’aime », un amour de la vie ou une philosophie pour continuer ?
Un amour intégral, démesuré, incontrôlé, irraisonnable de cette chance d‘avoir un voyage à faire de ce côté-ci des étoiles.

7 – Que représente Georges Brassens pour vous ?
Le père absent… Un père qui chantait le monde comme je le ressens et tente de l’écrire. Ce fut, à quatorze ans, une véritable révélation. Il ne m‘a jamais, jamais quitté d’une semelle… Et je crois que le plus beau jour de ma vie fut quand son ami d’enfance, Emile Miramont, alias « Cornes d’Aurochs », me dit, la main sur mon épaule après avoir lu mon livre Brassens,  poète érudit :

-         Il aurait été content de te connaître !

On ne pourra jamais me faire critique plus élogieuse d’un de mes livres.

8 – Sur votre blog, vous n’y allez pas par quatre noisettes pour dénoncer toutes les aberrations du monde politico-médiatique. Gardez-vous toutefois espoir, tout au moins pour le présent ?
Absolument pas. Les hommes n’ont plus rien à attendre des hommes organisés en Etat, en Nation, en Pays, appelez ça comme vous le voudrez. Le bonheur de vivre se vole, comme un rayon de soleil dans la grisaille d’une bourrasque.

9 – Du haut de mon arbre, il me semble avoir aperçu un nouvel ouvrage dans les parages… Vrai ?
Vrai Squiri…Vous voyez bien… Le titre en sera peut-être  un proverbe polonais, La pomme ne tombe pas loin du  pommier. Je dis « peut-être » parce que sur les huit livres que j’ai publiés jamais un de mes titres proposés n’a été du goût de l’éditeur.  Je dois être très mauvais « en titres » J).  Ce sera Loic Jouaud, des éditions Cedalion, qui l’éditera, et c’est un roman sur le déracinement, mais à l’envers du mien, et sur une période méconnue de l’histoire de la Pologne, celle des  soldats maudits

10 – Pas une tradition poitevine mais une manie sciuridérienne que de proposer un quizz à la fin de chaque interview…

-          Un roman : Les enfants Jéromine, Ernst Wiechert. Sans aucune hésitation. Le Chef d’œuvre !
-          Un personnage : Nestor Makno
-          Un(e) écrivain(e) : Maupassant
-          Une musique : Epitaph, King Crimson
-          Un film : Le Gaucher, Arthur Penn
-          Une peinture : Je n’y connais, hélas, rien…. Tous les impressionnistes m’impressionnent ;))
-          Une photographie : Brassens, Brel, Ferré
-          Un animal : Le loup
-          Un dessert : Un gâteau polonais, au fromage, Sernik

Le silence des chrysanthèmes - Bertrand Redonnet - Editions du Bug - Janvier 2015

https://www.youtube.com/channel/UC3PYf43hnK-k991QwCDCO4w