dimanche 4 juin 2017


Une noisette, un livre, une interview

 

Du Coq à l’Âne

 

Gérard Gasquet

 
Si Camille Saint-Saens avait pu lire cet ouvrage  il l’aurait assimilé à un carnaval des animaux.  De son côté les notes, de celui de Gérard Gasquet, les vers (ceux du poète).  Et croyez-moi ce recueil a du chien ! Pas de quoi devenir chèvre mais une lecture qui vous rend gai comme un pinson.

L’auteur virevolte la plume (celle de l’encrier) comme un chant d’oiseau avec poésie et humour  avec une série de poèmes dédiés à ces êtres qui font notre joie : les animaux.  Point important, les écureuils ne sont pas oubliés même si votre serviteur a légèrement grogné en s’apercevant de cette manie chez les bipèdes de toujours croire que nous autres sommes goinfres « ou alors c’est un écureuil, qui sur le tronc d’un noisetier, recherche son garde-manger ». Ours, chiens, oiseaux, insectes, moutons, poissons,  ne se disent pas adieu mais vous donnent rendez-vous avec parfois quelques conseils (mieux vaut aller à la pêche sans vers (les bestioles) ni hameçon). Mais la part de lion revient à deux espèces : les félins et les équidés.

Du côté des chats c’est bien plus qu’un duo rossinien : ce sont des « chats pitres » à faire miauler de plaisir le plus allergique aux félins. Petit extrait : « Le chat me dit = animal plutôt nocturne en fin de semaine, il a tendance à trop souvent ne suivre que ses envies » ou bien « Le chat beauté = très narcissique, on le rencontre souvent au détour des livres de contes. Je vous laisse découvrir « Le chat qu’à puces », « Le chat teigne, » « Le chat maux », « Le chat touille » and so on…

La plus belle conquête de l’homme a droit à un galop magistral sous une randonnée « Poéquidienne », une promenade de vocables, crinière proche du panache, ça trotte, ça galope, impossible de vous mettre au pas car vous piaffez de plaisir !

Le livre se termine par un hommage aux compagnons disparus, des mots qui toucheront la grande confrérie des amoureux des animaux et de la nature. Bref, tout est au poil !


1 - Gérard Gasquet, avant toute chose, qui êtes-vous ?
Je suis un jeune homme de 60 ans !
La jeunesse n’est certainement pas une question d’années écoulées mais plutôt l’envie toujours présente du questionnement, de l’observation et de la joie de vivre…
Plus concrètement, mon parcours fut jalonné d’expérience aussi diverses qu’enrichissantes (études agricoles, employé de banque, artisan, père au foyer, auteur de jeux, élu municipal et maintenant « taquineur de muse » !
Le terme et l’image de « poète » ne me représente pas, je me sens plutôt somme « un artisan de la rime » qui espère simplement apporter aux lecteurs, de l’intérêt et du plaisir.

2 – Depuis combien de temps écrivez-vous ? Un poète s’est-il penché sur votre berceau ?
Le réel travail d’écriture a débuté en 2006-2007.
Mais j’ai toujours écrit des petits textes, des poèmes, dès le lycée pour épater les camarades de classe, puis ensuite pour faire sourire mes proches.
Ce sont eux qui, en 2009, m’ont incité à présenter sur un blog,  mes écrits.
D’autre part, depuis la naissance de nos petits-enfants, j’ai pensé que cela serait sympa qu’ils se souviennent ou qu’ils découvrent leur aïeul autrement que par de simples photos, en feuilletant des ouvrages.
Aussi, ayant eu l’audace de vouloir éditer des recueils, j’ai du retravailler, alléger, structurer ces textes  afin de les rendre plus lisibles ! 

3- Sans hésiter, seul un ami des bêtes peut écrire un tel recueil ?
Sans conteste oui, mais pas que….
L’observation du monde animal est l’exact reflet de notre propre société, du propre comportement humain. Ni plus sage, ni plus intelligent que les animaux qui nous entourent. Eux ont su s’adapter, souvent dans la contrainte, à notre propre monde. L’homme en serait-il capable ?
Dans « Du Coq à l’Ane », j’ai essayé de proposer un second degré de lecture qui nous renvoie à notre propre univers.

4- L’observation de la nature est-elle l’une de vos inspirations ?
Pas seulement.
Chaque recueil tourne autour d’un thème. Le sentiment amoureux pour « Premier Rendez-Vous », ce qui m’insupporte dans notre société pour « Le Cœur à Pleurer », la nature et plus spécialement les animaux pour « Du Coq à L’Ane » et enfin, les affres et le plaisir de la création (surtout littéraire) pour le prochain à paraître fin août (enfin, j’espère) « Comme la Plume »

5 – Vous avez écrit d’autres ouvrages de poésie mais justement songez vous à publier sous une autre forme ?
Tout à fait.
Dans le prochain recueil, j’ose présenter trois textes en prose, sortes de petites nouvelles, pour avoir un ressenti de mes fidèles  lecteurs sur le bien-fondé de ce nouveau travail.
Mais, j’ai dans ma besace, plusieurs ouvrages prévus dont un recueil de nouvelles, un roman et peut-être, un recueil d’haïku.
L’éclectisme est toujours une bonne source de motivation…

6 – Questions bien évidemment posées au hasard, que pensez-vous du rôle des bibliothèques ? Et des rencontres où les lecteurs échangent sur leurs dernières lectures ?
Les bibliothèques, en France, ne sont pas assez mises en valeur. Beaucoup de personnes pensent que ce n’est pas pour eux, que cela concerne les gens « culturés », les étudiants, etc.
Comment faire passer le message qu’une bibliothèque, quelle que soit sa taille, est avant tout en lieu de plaisir, de détente, de convivialité et aussi de connaissance.
Les rencontres de lecteurs, dans le cadre des bibliothèques ou de différents clubs de lecture, sont toujours des moments importants, surtout pour les auteurs…
Il faut y venir régulièrement car à force de se réunir, on finit par se connaître et certaines réticences finissent par tomber. L’ambiance devient très chaleureuse et la discussion gagne en qualité et sincérité et l’humour finit par prendre toute sa place !
A mon avis, les bibliothèques et les rencontres entre lecteurs sont les vecteurs incontournables de la diffusion de la culture.

7 – Sur votre blog, vous écrivez « de la diversité des pensées culturelles, donnera au pays un élan fraternel »  La culture et la mixité sont deux des facteurs indispensables pour la bonne marche d’une nation ?
Pas seulement d’une nation.
La mixité des cultures, des pensées, le brassage interethnique, le métissage sont les facteurs essentiels au développement de l’être humain. Il en va de la survie de notre planète. En cessant de s’arcbouter sur nos acquis, nos connaissances ou nos frontières, nous comprendrons mieux le monde qui nous entoure et nous pourrons faire avancer l’humanité dans le respect des individus et de la planète.

8 – Si vous étiez nommé Ministre de la Culture, quelles seraient vos premières mesures ?
A propos des bibliothèques, je mettrais tout en œuvre pour expliquer que ce n’est pas un lieu de vieux grincheux qui froncent les sourcils dès qu’un éternuement survient mais qu’il s’agit de lieux publics où l’on peut venir passer un peu de temps en lisant une BD, un journal, un roman ou un recueil de poésies…
D’autre part, je donnerai aux auteurs la possibilité de devenir auto éditeur, avec un vrai statut clair et net, afin de pouvoir présenter au public un vrai choix de lecture différentes que celles proposées par les maisons d’édition qui résonnent plus souvent en terme de rentabilité qu’en terme de curiosité !

9 – C’est bientôt l’été et l’occasion d’envahir l’esprit de lectures rafraichissantes, quel serait votre valise littéraire idéale ?
Dans ma jeunesse, je choisissais un livre en fonction de son nombre de pages, pensant ainsi garantir un temps de lecture conséquent !
Mais je me suis vite aperçu que la quantité n’était pas un gage de qualité…
Pour cet été, j’emmènerai d’une part un bon polar nordique de forme classique de Henning Mankell pour retrouver la fraîcheur des côtes suédoises en suivant les enquêtes de l’inspecteur Wallander et également la série « Fortune de France » de Robert Merle pour partir en voyage au 16ème siècle. Rien que la langue utilisée est une invite au dépaysement…

10 – La noisette traditionnelle de l’écureuil avec un petit menu quizzérien, mais c’est pour mieux vous connaitre…
Un roman : « The Little Big Man » (Mémoires d’un visage pâle) de Thomas Berger. Au-delà 
des pérégrinations de son héros, ce livre présente la culture, la sensibilité, le respect de la
nature et de l’environnement des amérindiens. Des notions que chacun devrait méditer.

Un personnage : De part mon patronyme, D’Artagnan bien évidemment ! 

Un(e) écrivain(e) : Actuellement, j’aime beaucoup Antoine Choplin

Une musique : Les compositions de Michel Legrand qui allient à la fois le jazz et la
chanson française
 
Un film : « Singing in the Rain » La joie, Gene Kelly, l’histoire du cinéma et aussi la nostalgie de mon enfance

Une peinture : «Le Clown Triste » de Bernard Buffet. Image même de l’ambivalence de la
vie, où les couleurs peuvent cacher l’inéluctable noirceur de la vie.

Une photographie : L’homme et son sac en plastique, seul qui arrête une colonne de char
sur la place Tian’anmen. Un geste qui semble dérisoire mais qui démontre que chacun, à
son niveau, peut essayer d’influencer la marche du monde.

Un animal : Mon chien (car je pense avoir été un chien dans une vie antérieure)

Un dessert : Un Paris-brest (avec beaucoup de crème…)

Une devise/une citation : Il faut tout faire sérieusement mais sans jamais se prendre au sérieux
 
Du coq à l'âne - Gérard Gasquet - Novembre 2015 - The Book Edition

 

 

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