samedi 28 février 2015


Une noisette, une photo

 

« Au clair de la lune, prête-moi ta plume »

(Merci à Mathilde Mentreka pour l'envoi de ce cliché)



Si vous avez un peu d’infortune
Prenez le temps d’une envolée de plume
Légère et sans amertume
Pour voguer au fil de l’écume

Enrichir l’inconnu du soir
Du blanc sur fond noir
Avec quelques notes de gris
Pour nuancer la petite musique de nuit


Un parfum de yin et de yang
Sur sensualité d’ylang-ylang

jeudi 26 février 2015


Une noisette, un meuglement

 

Ô la vache !

 
 

 
(Photos : SL/Metronews)



Regardez bien ces deux photos, ces deux charmantes "Bos taurus", qui répondent aux doux noms d’Elysée (non, on ne rigole pas) et de Filouse : tout est exprimé dans leur regard.

Tristesse, résignation, une certaine idée de la fatalité quant au comportement de ces anciens singes devenus des hommes.

Ce salon de l’agriculture n’a rien de sacré et ceux qui le dénomment encore "la plus grande ferme de France" pourront désormais changer le marronnier en "le plus grand politicus circus d'Europe" !

Car ces bipèdes de tout poil nous prenant sans cesse pour des vaches à lait, ne cessent de parcourir tous les ans les allées de ce rendez-vous agricole dans un but évidemment sincère et sans aucune arrière-pensée... Enfin presque !

Sans compter les belles paroles des uns et des autres sur ces bêtes exposées comme des trophées, vitrine peu représentative d’un secteur qui se meurt (un suicide d’agriculteurs tous les deux jours), dont les fermes se transforment peu à peu en usines, où l’animal est un simple objet, où les abattoirs sont des lieux d’enfer, où les pesticides et autres produits joliment nommés "phyto-sanitaires" envahissent peu à peu nos poumons et nos estomacs, la liste est longue, très longue...

"Tout ce que l’artiste peut espérer de mieux, c’est d’engager ceux qui ont des yeux à regarder aussi. Voyez donc la simplicité, voyez le ciel et les champs, et les arbres, et les paysans surtout dans ce qu’ils ont de bon et de vrai : vous les verrez un peu dans mon livre, vous les verrez beaucoup mieux dans la nature" La Mare au Diable.

Pour paraphraser George Sand "vous les verrez un peu au Salon, vous les verrez beaucoup mieux in situ" !














dimanche 15 février 2015


Une noisette, un sentiment

 

L’amour, un oiseau rebelle aux ailes ineffables




On ne peut le toucher mais on le ressent, on ne peut le dominer mais peu à peu l’apprivoiser, on ne peut le mépriser mais sans autant le chercher. Il apparaît, disparaît, renaît. Il tourne, il tourbillonne, il emporte même parfois...

Il est l’objet de toutes les convoitises, de tous les désirs. Il intrigue, il fascine, il envoûte, il hypnotise. On ne peut fermer les yeux face à lui et pourtant il peut se détourner de votre regard.

Il est synonyme de passion mais engendre aussi la haine, source de volupté mais d’autres le rejettent pour le convertir en un triste ascétisme.

Il fait verser des larmes, aussi bien de joie que de tristesse, il est doux, tendre, sensuel, apaisant, réconfortant, le saisir est une chance, le garder est l’un des plus beaux cadeaux de la vie.

Il est universel car ne connaît qu’un seul langage : celui que l’on n’apprend pas. Il s’exprime par le plus profond de son âme, par son cœur palpitant, par un regard, un geste, une étreinte.

Qui peut se glorifier d’avoir été autant chanté, loué, vénéré ? Il traverse toutes les époques, il est éternel par sa nature, éphémère par sa fragilité.

Il n’existe pas que le 14 février, il n’est pas un gadget en forme de cœur, il n’est pas fait pour baigner dans des slogans stériles, son commerce est une ineptie.

Il n’a pas de couleur, pas d’âge, pas de saison. Quand sa route est longue, il prend une saveur inestimable, une force indestructible, il devient sublime, forcément sublime, je te nomme AMOUR !



( Cette photo absolument magnifique a déclenché quelques humbles noisettes d'inspiration à votre serviteur. Merci à Sarah Pierret pour l'envoi de ce cliché  )

vendredi 6 février 2015


Une noisette, un coup de gueule

 
 

Bangladesh, une marée noire d’indifférence

 
(Photo AFP)
 
 
(Photo : Zakir-Hossain/Geenpeace)
 
 
 
 
Mardi 9 décembre 2014. Vous vous souvenez de cette date ? Non ? Et pourtant s’est produit ce jour-là une catastrophe pour l’environnement : un navire a heurté un pétrolier dans le Delta du Gange, au sud du Bangladesh, dans une zone inscrite au...Patrimoine Mondial de l’UNESCO. Et pour cause : elle renferme la plus grande forêt de mangroves au monde.
Comme souvent (puis-je dire toujours ? ) le pétrolier décline toute responsabilité même si l’accident aurait pu être évité. Il ne faudrait pas mettre en danger tout un système financier pour seulement quelques millions d’habitants, des dauphins et autres tortues olivâtres... !
Les bangladais se débrouillent comme ils peuvent avec des moyens de fortune (seaux, chiffons, éponges...) mais ils luttent, leur vie en dépend, la mangrove nourrit et protège ses habitants.

Hélas, trois fois hélas, l’intolérable est que ce désastre écologique se déroule dans un silence étourdissant, aucun pays ne vient en aide pour sauver les habitants et l’écosystème de cette région est déjà menacé par le projet d’une construction d’une centrale à charbon.
Le Bangladesh, un des pays les plus pauvres au monde souffre déjà d’un climat plus que difficile entre cyclones et moussons. Et la main de l’homme vient accentuer une fois encore la tragédie d’un peuple, rappelez-vous, il y a près de 2 ans, le drame du Rana Plaza à Dacca..

Et puis cette aide qui ne vient pas. Pays sans grande richesse excepté le courage de ses habitants exploités mais pas secourus quand l’urgence résonne au milieu des Etats et organismes officiels sourds (coucou la Conférence pour le Climat et autres belles rencontres hypocrites) pour une terre qui renferme plus de jute que de métal précieux...

Rares sont les médias qui relaient cette nouvelle calamité pour un pays en détresse quasi-permanente. Il suffit de 3 cm de neige pour avoir une avalanche d’infos dans la presse écrite, radio et télévisuelle, mais un drame au pays du Bengale, qui va être intéressé ? Audience, mon amour, je t’aime moi non plus !

Non seulement, la société est gangrenée par le pouvoir de l’argent roi, déjà Emile Zola le dénonçait dans, justement "L’Argent" : "L’argent pleuvait, pourrissait tout. L’argent empoisonneur et destructeur, devient le ferment de toute végétation sociale" mais lui seul décide de ce qui est important ou non. D’où le constat effroyable que l’information suit de plus en plus le curseur du "bankable".

Pendant ce temps-là, le pétrole souille chaque jour un peu plus la forêt de mangroves...

A regarder, un reportage rare sur cette marée noire oubliée, merci France24 !