lundi 28 avril 2014


Une noisette, une larme

 

Le sourire de la souffrance



Dimanche soir un reportage du JT de France 2  (*) a montré devant des milliers de téléspectateurs le combat d’un jeune anglais, Stephen, atteint d’un cancer digestif depuis 4 ans et dont le pronostic est hélas en phase terminale. Qu’avons-nous vu ? Des plaintes, des remords, du désespoir exprimé ? Non, nous avons découvert le sourire éclatant d’un jeune homme qui se bat, non plus pour lui, mais pour les autres patients, en récoltant des fonds contre le cancer et en motivant les malades.

Quelle leçon de courage et de vie ! Ce témoignage me rappelle celui vécu en direct, il y a une dizaine d’années, lors d’une réunion autour de la lutte contre la leucémie. Parmi les participants, une femme énergique, Lupe, qui a raconté son combat contre la maladie et son parcours hospitalier comme si elle avait embarqué sur un bateau de croisières, décrivant chaque examen et traitement comme une attraction ! Dotée de qualités humoristiques, son récit s’est terminé devant un auditoire riant jusqu’aux larmes. Même si j’avais déjà auparavant assisté à de nombreux parcours de patients, celui de Lupe m’a marqué pour toujours.

A chaque fois, je reste éblouie et admirative devant tant de force morale alors que le corps se brise peu à peu. Des exemples de courage, de motivation aussi, car ces personnes nous apprennent à avoir un regard sur les autres, à fuir l’égoïsme, à savourer les quelques roses offertes sur le chemin de la vie, et à essayer de balayer les épines en prenant conscience qu’à côté de soi, elles sont encore plus redoutables.

Ces combattants de l’ombre pour la vie, nous offrent une leçon scintillante de lumière auréolée d’humilité.

(*) http://www.francetvinfo.fr/angleterre-un-jeune-malade-recolte-3-millions-d-euros-pour-une-association-caritative_587137.html







lundi 21 avril 2014


Une noisette, un coup de griffe

 

Pourquoi tant de haine ?


 
Des bombes, des snipers à tous les coins de rue, un incendie qui se déclare, un enfant qui meurt devant soi mais il faut continuer, se protéger, ramper, parfois rester caché dans un souterrain pendant des heures sans boire, ni manger. Braver le danger, supporter l’horreur d’une population déchirée, oui, il le faut pour informer les autres, envoyer des images dans le monde entier pour faire comprendre le sort qui est réservé à des peuples innocents.

Nous qui sommes confortablement assis sur une chaise, un fauteuil pour regarder les informations ou feuilleter un magazine, sachons que des photojournalistes risquent leur vie pour continuer à révéler l’actualité de la planète. Il en est de même pour ces humanitaires qui affrontent mille dangers afin d’aller secourir les populations en détresse. En eux, existent la conviction, l’engagement.

Hélas, certains y laissent leur vie, ne reviendront jamais de l’enfer terrestre. D’autres sont pris en otage pour de multiples raisons que je n’aborderai pas. Mais après la lutte pour travailler, un autre combat se dessine : survivre face aux conditions de détention pendant des mois qui se convertissent en siècles d’angoisse permanente.

Et puis après des jours et des nuits dans l’obscurité de l’incertitude, une lumière jaillit ! LIBERTE ! Oui, comme Paul Eluard, liberté nous écrivons ton nom et la célébrons ! Même si nous ne connaissons pas ces personnes, nous ne pouvons que partager la joie de les voir libres, heureux, embrassant leur famille, serrant dans leurs bras leurs enfants, leurs amis et retrouver peu à peu la santé.

Ce n’est pas de ma part un excès de sensiblerie, non, c’est juste un refus de l’égoïsme. Par contre, je suis révoltée de lire, de découvrir à chaque fois les propos de haine envers une libération d’otages ! En profiter pour déballer sa rancoeur, polémiquer à des fins de politique nauséabonde alors que des vies ont été sauvées ! Aucun mot ne peut décrire ces réactions narcissiques et pestilentielles. Je l’ai déjà dit, écrit, mais à nouveau je le répète, qu’il est facile de critiquer, d’insulter, de déverser ses ressentiments envers je ne sais quoi, derrière un écran ! Je pense à certains éditorialistes, chroniqueurs, anonymes, ou encore pseudos mal intentionnés, qui auraient mieux fait de prendre un week-end pour aller chercher les œufs !

Je ne suis ni journaliste, ni reporter et pas encore eu l’occasion de faire de l’humanitaire au-delà des frontières. Mais j’essaie simplement d’avoir un peu de compassion envers les gens qui souffrent et qui sont méritoires. Avoir des convictions politiques ou autres, c’est bien, mais à condition de savoir les diffuser avec décence.

Alors, réjouissons-nous de cette nouvelle libération en espérant que d’autres viendront pour TOUS les otages retenus de par le monde. Une vie est unique, respectons-là !


P.S. Parmi les nombreux ouvrages qui existent, un a particulièrement retenu mon attention : « Carnets de Homs » de Jonathan Littel. Un récit brut, qui laisse le lecteur libre de ses pensées mais décrit à la fois la situation désastreuse en Syrie et les conditions de travail des journalistes de terrain.







dimanche 20 avril 2014


Une noisette, une humeur

 

La métamorphose des diplopodes


Qui n’a pas chantonné dans sa tendre jeunesse : 1km, 2 km, 3km ça use les souliers ? Oui, mais voilà, le problème est qu’un éléphant ça trompe énormément et que ce sont les souliers qui peuvent vous user !

Cette semaine, le cirage était à l’honneur et comme la palette est de plus en plus étendue, on a risqué d’en voir de toutes les couleurs. C’est vrai que pour les vertes et les pas mûres, le printemps est la saison idéale pour prendre de l’ampleur. Et en même temps, renouveler le placard à chaussures. Car un bipède avec les chaussures cirées est à moitié habillé, oui enfin quoique... D’un coup de patte, on risque de le retrouver en pantoufle à moins qu’il ait une botte secrète pour pouvoir repartir du bon pied !

Les pompes de l’Etat ont quand même pris un sacré coup de pied. Mais gardons nous, tout de même, de jeter la savate car par le passé certains ont su savamment serrer les lacets afin de ne pas se faire étrangler par un "cordonnier" mal intentionné... Simplement ne tournons pas les talons (attention je n’ai pas écrit l’étalon !) et sachons avoir bon pied bon œil sur les faits d’actualité qui tournent parfois aux aventures des Pieds Nickelés !

Les bipèdes risquent à force, de rencontrer de plus en plus de difficultés à trouver chaussures à leurs pieds (et pourtant il n’y en a que deux !) et je n’ose imaginer la situation si un jour les myriapodes prenaient le pouvoir...
 
Evidemment, toute ressemblance avec des personnes ou des situations existantes ou ayant existé ne saurait être que fortuite...







jeudi 17 avril 2014


Une noisette, une réflexion

 

Afrique, ton peuple est oublié



Il est tout de même étrange/bizarre/déconcertant/inquiétant que les catastrophes, les morts, les blessés soient, dans les médias, réglés selon un cursus d’importance en fonction du lieu d’origine. Loin de moi l’idée de vouloir tout opposer, je rejette ce procédé, mais force est de constater que 50 morts en Afrique semblent être moins important qu’une légère glissade avec 1 cm de neige à 50 ou 150 kilomètres de la capitale !

Dernier exemple en date : le Nigeria où la terreur s’installe jour après jour, le dernier attentat faisant 77 morts, plus d’une centaine de blessés, et avant-hier 115 lycéennes étaient kidnappées dans la quasi-indifférence excepté quelques dépêches... Imaginez si cela avait eu lieu aux Etats-Unis pour ne citer qu’un exemple...

Autre fait révélateur : la situation en RDC où notamment le viol est utilisé comme arme de guerre. Dans l’horreur surgit une belle personne, le Dr Denis Mukwege qui lutte contre ces crimes depuis des années, mais hélas la reconnaissance internationale est faible. La Fondation Jacques Chirac lui a remis un prix l’an dernier mais les photographes (hormis les reporters de France24) ont préféré se concentrer sur la rencontre Chirac/Hollande plutôt que sur ce médecin qui "répare" les corps et les âmes meurtris . (1) 

Il en est de même pour tous ces africains qui tentent de joindre un monde meilleur, bravant tous les dangers et, hélas, se retrouvant la plupart du temps dans des centres de rétention (dans le meilleur des cas) ou sans vie sur une plage, en pleine mer, après avoir donné leurs dernières petites économies à des passeurs sans scrupules. Qui s’en émeut excepté quelques âmes ? Parfois, pendant quelques jours, des articles ou des brefs reportages sont consacrés à ce drame mais peut-être tout simplement parce qu’il faut un peu "meubler" l’actualité... Oui, je suis cynique mais le comportement des Homo Sapiens est tout de même déroutant.

Tiens, au fait, en parlant d’Homo Sapiens, quelle est son origine ? Allez, répondez tous en choeur c’est, c’est ? Bon, je vous donne des indices : Lucy, Toumaï,... Oui !! L’Afrique est le berceau de l’humanité, la terre de vos, de nos ancêtres à tous ! Alors, plutôt que de ne se préoccuper que du sous-sol extrêmement riche, regardons un peu celles et ceux qui peuplent le sol et qui sont elles et eux, aussi, d’une extrême richesse !
 
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(1) Revoir le reportage poignant de Jean-Sébastien Desbordes, Matthieu Martin et Nicolas Berthelot "Larmes de guerre" diffusé dans le cadre du magazine @13h15 sur France 2. Ce document est d’ailleurs présélectionné pour le prestigieux prix Albert Londres.
 
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"De longues lianes ne suffisent pas pour construire une case, il en faut aussi des courtes pour parfaire les angles"

"Le soleil n’ignore pas un village parce qu’il est petit"

Proverbes africains
 
 
 
 
 

mercredi 16 avril 2014


Une noisette, des remerciements



Entre deux noisettes, j’avais décidé que mon prochain plat de choix, serait un billet sur Cannes et son affiche 2014, mais recevant aujourd’hui un festival de messages, il est logique/automagique/biologique/ voire si j’osais, paléontologique (ça ne veut rien dire mais peu importe), de consacrer une petite ode à la joie (et ce n’est pas Beethoven qui me contredira) envers autant de gentillesse.

Une gentillesse qui coule doucement tweets après tweets, messages après messages, textos après textos, comme l’eau du ruisseau devant le chaland que je suis sans être tout à fait péniche...
Bien que se dégage une impression d’être tous embarqués sur un même bateau, pour une croisière de légèreté, de bienveillance où les cygnes organisent un ballet sans apporter de casse-noisettes pour nous les briser, ok ça devient moins poétique mais faut savoir revenir à la réalité, tout en restant « Tchaikovskyien » !

Oui, je m’égare un peu, mais si peu. Mais de branches en branches, au moment de ce « printemps qui commence, portant l’espérance, ton souffle qui passe, de la terre qui passe, efface les jours malheureux... » ... pour la suite je vous conseille la version avec Maria Callas jamais inégalée !

Preuve que de temps en temps, il faut savoir raison garder, mettre à part, voir ensevelir les noisettes nauséabondes et ne garder que celles qui vous apportent fraîcheur et légèreté. Merci infiniment du fond de la noisette pour votre fidélité chers zamis Twittériens/Facebookiens, et pour certains, amis dans la vraie vie, je ne saurai jamais être assez reconnaissant pour les bouffées d’optimisme que vous apportez à un écureuil parfois bien fatigué.

Que la noisette vous soit prospère et youp la boum !


(Les décors sont d'Elisabeth Ehrmann)















jeudi 10 avril 2014


Une noisette, une réflexion

 

L’arbre de l’information



Et si l’information était un arbre ? Vous allez me dire de suite (si,si je vous vois venir) que l’écureuil met son côté arboricole à toutes les branches, mais pourtant, c’est une idée qui mérite quelques noisettes de réflexion.

L’information à une solide base : des racines profondes pour aller jusqu’à la source des événements. Ces racines s’enchevêtrent et il arrive parfois, mais juste parfois, qu’un coup de pioche soit donné afin de cesser l’alimentation...

L’information a un tronc commun : puissant, majestueux, quelquefois endommagé par des coups de bec plus ou moins anodins, mais ce tronc résiste encore, inlassablement, et des jeunes pousses ne cessent de croître au fil des ans.

L’information a une ramification, très étendue avec des branches solides et des branches plus fragiles mais d’où on ne peut jamais s’asseoir en toute sérénité, une scie étant toujours prête à couper la sève du droit à informer. Ne pas oublier, néanmoins, que chaque feuille est chargée d’assurer une « infosynthèse » même si les échanges sont comme dans la nature, disons gazeux...

L’information alterne entre éléments caducs et persistants mais qui ne fonctionnent pas selon les saisons mais plutôt au bon vouloir des puissants et du regard des promeneurs du bois. Le feuillage est florissant quand la graine semée est Officiellement Garantie Manipulable, et défaillant quand la semence n’a pas été contrôlée ou ne correspond pas à la demande générale souvent avide de jardinage en « mode cirque romain » !

L’information a des parasites, tels des champignons vénéneux qui s’agrippent à un statut pour pouvoir mieux se faire remarquer ou exister au détriment du vrai travail du tronc commun d’une rédaction en chêne (et pas en chaîne !)

L’information doit ressembler à une vaste forêt, car si uniquement peuplée de marronniers,on risque rapidement à une lassitude du paysage didactique. Par conséquent, la biodiversité est indispensable pour alimenter l’oxygène de l’actualité.

Et enfin, (oui, j’ai presque terminé, ensuite vous pourrez vaquez à vos occupations) ne pas oublier que l’arbre occupe dans presque toutes les cultures (au propre comme au figuré) une place symbolique importante. Alors prenons garde aux bûcherons de tout poil afin que les coups de hache soient limités et espérons que professionnels et contemplateurs puissent continuer à rendre l’écorce de l’information la plus solide possible.

En ce printemps où tout bourgeonne, puissions encore longtemps profiter de la pluralité informative en sachant reconnaître l’arbre à ses fruits. Et le tout sans langue de bois...