lundi 29 octobre 2018


Un livre, une histoire, une noisette à la mer


  Toutes les histoires d’amour du monde

Baptiste Beaulieu


Et retrouver Anne-Lise Schmidt



L’Amour. Chanté, loué depuis la nuit des temps. Dès l’Antiquité, les Grecs avaient su poser quatre branches sur cet arbre universel :
Eros / Philia / Agapé / Storgê : l’amour charnel, l’amour amical, l’amour du prochain, l’amour familial.
C’est par ces définitions que Baptiste Beaulieu commence et construit son récit que l’on peut qualifier de divin.

Cette histoire, c’est son histoire et par celle-ci, il lance un avis de recherche pour retrouver une personne qui a beaucoup compté pour son grand-père est qui est à la base de ce livre d’une humanité bouleversante :  Anne-Lise Schmidt.

Au départ c’est Denis, le père de Jean qui retrouve des lettres de Moïse, son propre père. Choqué et  troublé par cette découverte, il les confie à Jean. Ce dernier, lui-même terriblement ému, va retranscrire cette correspondance à sens unique écrite chaque 3 avril, jour d’anniversaire de cette « petite souris ». Les relations entre Jean et Denis sont difficiles et peu à peu, ce retour dans le passé, cette recherche in sitiu de la vie de Moïse, l’écriture, parfois déchirante de Moïse, vont rapprocher pater et fiston. Moïse, ce grand-père connu mais inconnu, incompris, parce qu’un secret ( même des secrets) n’a jamais été révélé. Par pudeur mais aussi parce qu’à une certaine époque, il était impossible de raconter. L’amour tant célébré mais ô combien de fois vilipendé…

A l’opposé de l’amour, il y a la guerre qui existe aussi, hélas, depuis le commencement de l’humanité. Cette ardeur belliqueuse qui détruit tout et brise les rêves des uns et des autres pour un bout de territoire ou une idéologie sectaire. Moïse a connu deux guerres dans toute son impitoyable  cruauté même si pour la deuxième guerre mondiale beaucoup ont connu bien pire, et ce, des deux côtés de la barrière : le tentacule nazi et les bombardements américains.

En parallèle, l’écrivain raconte d’autres histoires d’amour, d’amitié, de beauté. Mais également, des histoires inachevées parce qu’il y a eu incompréhension ou une maladie, comme le SIDA, pourtant, il aurait suffi d’un peu de mansuétude, un peu plus d'amour justement.   

Rarement un livre m’a autant émotionné. D’abord parce que l’écriture est sans ambages, l’auteur pose ses mots comme on vibre sur ses sentiments. Ensuite parce que c’est un hymne à la bonté, un manuel d’empathie, un regard qui ne juge pas mais qui souligne l’aberration des conflits, une sage réflexion sur l’absence de valorisation de ceux qui tentent d’apporter un réconfort malgré leur statut d’ennemi. Et enfin, c’est une épopée familiale dans laquelle chacun peut plus ou moins se retrouver. Qui n’a pas dans sa famille entendu les récits d’un père, d’un grand-père au combat ; d’une mère, d’une grand-mère pleurant son enfant, d’une épouse perdant sa moitié, d’un mari perdu loin de ses proches, d’un bombardement qui a secoué les oreilles toute une vie. Ah cette bataille de Verdun, cette percée de Sedan…

Cet écrit est bien plus qu’un roman, c’est un recueil pour une mémoire universelle et une ode à la tolérance, à la bienfaisance. C’est un grimoire ou chaque phrase est une flèche lancée par Cupidon dans le cœur de chacun d’entre nous. Faites l’amour, pas la guerre. Ecrivez et lisez aussi. Parce que l’amour qui naît entre les hommes ne devrait jamais être arrêté par l’homme lui-même. Quelle que soit sa forme, quel que soit le partenaire, quelle que soit son orientation ; l’amour doit s’épanouir, résister, s’amplifier. Il n’a jamais porté atteinte à la vie ; au contraire, par lui la vie continue et se transmet. Une transmission comme ces lettres d’un père à sa petite fille qu’il ne reverra jamais et qui tourmente le cœur des descendants. Puisse Anne-Lise être retrouvée car elle est un symbole de réconciliation, pour sa famille, pour les peuples en guerre, pour les incompris.

► Anne-Lise Schmidt (ou Shmit, Shmitt, Schmitt, Smith) est née le 3 avril 1944 près de Cologne. Emigrée aux Etats-Unis vers 1947 avec ses parents adoptifs : Willy ayant travaillé à la NASA en Floride et Anna, musicienne. Ils ont probablement habité aussi en Californie.
Anne-Lise aurait les yeux bleus et parlerait plusieurs langues.

► Pour aider Baptiste Beaulieu à retrouver Anne-Lise, vous pouvez lui écrire aux Editions Mazarine – Librairie Arthème Fayard – 13, rue du Montparnasse – F – 75006 Paris ou le contacter via son compte Twitter, Instagram ou Facebook. Merci pour lui et sa famille.

« C’est comme ça pendant la Guerre, que veux-tu, quand les riches maigrissent, les pauvres meurent. »

« Les gens, leurs histoires, les liens d’amour et d’amitié, tout se dileu comme nos larmes sous une pluie violente. »

« Tous les jours, toute la beauté du monde vient nous visiter, l’ignorez-vous ? Elle éclate là, sous nos yeux. Elle est dans un baiser furtivement donné. Dans ces mains réunies puis réunies plus fort. Dans le rire innocent et sans objet de nos enfants. Dans ce premier élan du cœur qui jaillit lorsque, de passage dans la rue, vous reconnaissez un vieil ami et que ce vieil ami vous reconnaît. »

« On dresse des monuments aux morts qui se sont combattus, on ne dresse jamais rien aux vivants qui ont tendu la main. »

Toutes les histoires d’amour du monde – Baptiste Beaulieu -  Editions Mazarine – Octobre 2018




dimanche 28 octobre 2018


Une noisette, un livre


 Un gentleman à Moscou

Amor Towles




Moscou. 1922 – 1954.
Une épopée de plus de trente ans dans l’immensité de la Russie devenue soviétique.
Bref rappel : en mars 1917, le tsar Nicolas II abdique et quelques mois plus tard la république est instaurée par Kerenski. Période trouble (euphémisme) car au même moment la première guerre mondiale prend une terrible ampleur et la Russie fait partie des alliés. Mais le Révolution d’Octobre arrive et modifie complètement les alliances… C’est une guerre civile qui s’engage entre les armées blanches et les armées rouges ; les Bolchevik, déjà au pouvoir depuis 1917, gagnent définitivement et créent en décembre 1922 l’URSS.

Entre temps, le 21 juin 1922, un certain comte Alexandre Ilitch Rostov comparait devant le comité exceptionnel du commissariat du peuple aux affaires intérieures. Son grief : un poème dont en apprendra la véritable origine un peu plus tard. L’aristocrate dans toute sa noblesse du terme est assigné à vivre en résidence surveillée dans un haut lieu symbolique de la capitale moscovite : l’hôtel Métropol.

L’histoire commence. Vous pouvez vous asseoir dans un fauteuil Voltaire à côté d’un samovar posé sur une table orientale pour vivre les jours et les nuits de comte facétieux qui va progressivement s’incorporer à toutes les facettes du palace, devenir le confident et l’ami de la couturière et du barman, travailler comme serveur au restaurant Boyarski. L’évènement le plus important est sa rencontre avec une petite fille, Nina. Une confiance mutuelle va naître entre les deux, tellement, que des années plus tard, elle ne voit que cet « oncle » à qui confier sa petite fille Sofia. Au départ, pour simplement quelques mois…

Un amour de roman, si on peut le qualifier ainsi car c’est un livre inclassable tant il chevauche en même temps sur réalité et fiction avec des toasts d’humour, des envolées homériques, des notes mozartiennes, le tout enveloppé dans un parchemin historique semé d’anecdotes en demi-teintes. Un livre qui charme, à l’image de ce comte séducteur malgré lui, mettant le lecteur hors du temps, hors de l’espace, hors de tout, une lecture en apesanteur en quelque sorte pour plonger dans la culture russe d’un monde d’antan mais par une plume contemporaine qui sait mettre en émoi dès que l’on entraperçoit le prénom et le nom du comte : mélange subtil d’une dynastie de tsars et de Léon Tostoï !
Cloîtré, le comte voyage dans sa tête, de souvenirs en souvenirs, d’une pommeraie à un dîner du temps de la liberté ; il songe à Cervantes et à Napoléon, à Edmond Dantès et à Robinson Crusoé. Mais l’hôtel est loin d’être une île déserte car rapidement le Métropol devient le théâtre (avec un Bolchoï comme voisin…) de rencontres politiques, de scènes cocasses, de leçons d’initiation diplomatique, sans oublier le côté village Potemkine (référence plus tsariste que soviétique) qui se met progressivement en place.

Savoir regarder, savoir écouter, savoir se taire, savoir s’amuser, savoir doser, c’est la leçon magistrale d’un gentleman parfois un peu cambrioleur. Et puis, de l’élégance avant toute chose…

« S’il avait été pianiste, Andreï aurait facilement pu jouer un accord de douzième. S’il avait été marionnettiste, il aurait pu recréer le duel entre Macbeth et Macduff avec en prime trois sorcières. Mais Andreï n’était ni pianiste ni marionnettiste – du moins pas dans le sens traditionnel du terme ; Il était capitaine du Boyarski, un capitaine dont les mains exécutaient leurs tâches l’une après l’autre sous votre regard émerveillé. »

« Aux braves qui se sont égarés, les Parques offrent un guide. Sur l’île de Crète, Thésée avait son Ariane et sa pelote magique pour sortir sain et sauf de l’antre du Minotaure. Perdus dans ces cavernes habitées par des spectres, Ulysse avant son Tisérias, Dante son Virgile. A l’hôtel Metropol, le comte Alexandre Ilitch Rostov avait une fillette de neuf ans de Nina Koulikova. »

« Pour un jeune homme désireux d’impressionner une jeune femme, le menu du Piazza était aussi traître que les eaux du détroit de Messine, avec à gauche Scylla, c’est-à-dire des plats bon marché dont le choix risquait de suggérer radinerie et manque de flair ; et à droite Charybde, en l’occurrence des mets raffinés susceptibles de vider votre portefeuille et de vous donner des airs prétentieux. »

« Après-tout, nos premières impressions, que nous apprennent-elles d’une personne aperçue une minute dans un hall d’hôtel ? J’irais plus loin : nos premières impressions nous apprennent-elles quelque chose ? Réponse : pas plus que ce qu’un accord nous apprend de Beethoven, ou un coup de pinceau de Boticelli. De par leur nature même, les êtres humains sont tellement capricieux, complexes et délicieusement contradictoires qu’ils méritent non seulement un examen de notre part, mais également un réexamen – ainsi que notre engagement ferme à réserver notre opinion tant que nous n’avons pas eu affaire à eux à des endroits et des moments aussi divers que possible. »

« Depuis qu’il y a des hommes sur terre, songea le comte, il y a des hommes en exil. Que ce soit dans les tribus primitives ou les sociétés les plus avancées, ils sont invités par leurs compatriotes à faire leurs valises, à traverser la frontière et à ne plus jamais poser le pied sur le sol natal. »

« Au garde-à-vous à l’entrée du salon jaune se tenait un Goliath de taille à faire réfléchir n’importe quel David. »

« Le comte avait parfaitement raison. Car lorsque la vie empêche un homme de poursuivre ses rêves, il fera tout pour les poursuivre quand même. »

Un gentleman à Moscou – Amor Towles – Traduction Nathalie Cunnington – Editions Fayard – Août 2018

mardi 23 octobre 2018


Une noisette, un livre 


Les cigognes sont immortelles

Alain Mabanckou



A l’instar de « Petit Piment », Alain Mabanckou reprend avec ce nouvel opus une narration candide pour raconter son histoire, celle de son Congo natal et de ses méandres troubles de la politique.
Mais sous ce voile de l’ingénuité, c’est un constat raconté avec beaucoup de malice et de métaphores qui permet de fendre la barrière des non-dits, de l’invisible caché dans le destin d’une nation.

Michel est un jeune adolescent, doué et rêveur (comme quoi cette alliance est possible), vivant à Pointe-Noire avec sa maman Pauline et son père adoptif Roger. Tout semble aller presque pour le mieux dans le meilleur des mondes, entre l’école, les commissions à faire chez Mâ Moubobi, et les longues discussions avec son père, sous le figuier (l’arbre à palabres) à l’écoute de la radio, tantôt sur les ondes de la Voix de la Révolution congolaise, tantôt sur les ondes de la Voix de l’Amérique. Jusqu’à ce jour où le président Marien Ngouabi est assassiné. Michel, va se rendre compte peu à peu de la vacuité des actions politiques, de la dichotomie entre le discours et les actions, de l’hypocrisie, des différences, de l’empreinte colonisatrice, du rôle indispensable du mensonge. Mais il cherche à comprendre, réfléchit, d’autant plus qu’au moment de l’annonce du meurtre du dirigeant congolais, son chien Mboua Mabé s’est enfui… A lui désormais de savoir séparer le bon grain de l’ivraie tout en continuant à songer à ces cigognes blanches…

Une formidable fresque de l’histoire trop souvent oubliée du Congo (sans omettre celle de son jumeau le Zaïre), cette détresse du continent africain qui subit encore de nos jours les coups de chicotte du colonialisme et de la décolonisation. Aucun misérabilisme ne sort de cette plume agile tant l’humour est sous-jacent et omniprésent même pour dépeindre les blessures d’antan qui ne se referment pas et continuent de gangrener la société congolaise.

Du grand art, probablement le récit le plus accompli d’Alain Mabanckou, le plus touchant aussi. Mais pour paraphraser l’écrivain je ne peux pas tout dévoiler sinon on va encore dire que l’écureuil exagère toujours et que parfois je suis emphatique sans le savoir…

Reste une dernière noisette, celle de la couverture illustrée par une photo de Raymond Depardon. Une image métaphorique supplémentaire et qui fait fondre le lecteur dans les temps reculés de l’Antiquité : le plongeur de Paestum.

« Le gouvernement avait fermé les frontières. Mais si on ferme les frontières avec un gros cadenas, si on ne veut plus que les gens sortent ou entrent, par où la nourriture va arriver ? »

« Je m’en fous que dans la cour de récréation les élèves me surnomment maintenant « le rêveur ». Ils ne savent pas que sur un de ses bouts de papier où elle me félicitait, louise avait écrit, avec sa belle écriture : « Fais-moi rêver ». Et elle avait aussi dessiné deux cœurs, avec une ligne qui les traverse. Ça voulait dire que, lorsqu’on est amoureux, les cœurs font du cheval sur l’équateur, et c’est pour ça que ceux qui ne savent pas chevaucher tombent et se font très mal… »

Les cigognes sont immortelles – Alain Mabanckou – Editions du Seuil – Août 2018

lundi 22 octobre 2018


Une noisette, une interview


Boris Bergmann




Le 25 septembre dernier, le jeune auteur Boris Bergmann entrait dans la cour des grands en recevant, avec l’Arc de Triomphe en arrière plan,  le 43° Prix Littéraire de la Vocation créé par la Fondation Marcel Bleustein-Blanchet. Son roman Nage libre a ému le jury tant pour l’écriture que pour l’histoire de cette amitié dans une banlieue oubliée, déchirée.
Interview entre deux noisettes pour mieux connaître cette plume d’avenir.

Avant toute chose, félicitations pour être le lauréat du Prix Littéraire de la Vocation, cuvée 2018. Quelle a été votre première réaction et que signifie pour vous cette reconnaissance ?
De la joie ! Quel beau prix, qui a récompensé des jeunes devenus grands. D’ailleurs, voir présents lors de la remise, de nombreux anciens lauréats montre l’attachement que les auteurs ont pour ce prix de qualité.

« Nage libre » est à la fois un récit sur l’amitié et sur l’inexistence des êtres. Avez-vous voulu mettre en lumière cette dichotomie ou bien avez-vous puisé bien au-delà ?
Je crois que l’amitié — si pure qu’elle en devient presque amour — permet l’existence. Sans cela, on est seul, on disparaît, on se dilate. L’amitié pour Issa, mon personnage principal, c’est la bouée, la lumière de l’espoir fou. C’est un possible poétique, sommet enfin atteignable. Par elle : il devient être et corps. Il devient lui même.

Un élément revient sans cesse et il est même le catalyseur du roman : l’eau. D’abord, êtes-vous un nageur hors-pair et, ensuite, cette renaissance du personnage principal, Issa, est-elle uniquement possible par ce « premier enfant de la nature » ?
Nager fait partie de ma discipline intime : je nage avant d’écrire. Ça me vide la tête, ça me met en condition pour ne penser à rien d’autre.
Pour Issa, l’eau devient l’élément qui sauve : né dans un milieu difficile (confiné, spatialement et mentalement), il découvre un espace libre au sens le plus pur. Il peut bouger à travers les dimensions, mouvoir son corps, regarder sans frontière, découvrir les autres et se découvrir. L’eau devient le lieu de sa renaissance.

Un terme particulièrement fort retient l’attention, celui de « licence de mépris avec mention » pour ces banlieues oubliées. Quelque chose qui interpelle et pensez-vous que la fiction peut de plus en plus faire comprendre la réalité ?
Faire comprendre, je ne sais pas. Montrer différemment, changer le point de vue, par les mots. La société et ses sbires — médiatiques, politiques, économiques — usent les mots, en salissent le sens. C’est à l’écrivain, je crois, de leur redonner leur force. Et également leur innocence. En montrant ce que le réel ne veut pas voir, ce que le réel veut enfouit, oublie, efface. Il faut amener le regard au delà.

L’apatridie peut-elle être considérée comme au-delà d’un terme de déracinement administratif, être une appellation pour tout être perdu, non seulement géographiquement mais aussi par ses gênes, une isolation… ?
Tout à fait ! Issa est apatride en lui même : il est mal à l’aise, intimement et face aux regards des autres. C’est un drame qui traverse de nombreux êtres, souvent jeunes. Il faut alors prendre le temps de se comprendre, de se trouver. Chacun son rythme, ce n’est pas une course. Le chemin en soi peut être périlleux, escarpé. Mais, à terme, le résultat demeure identique : s’ouvrir.

Que représente l’amitié pour vous ? Est-ce un animal qui paît à deux, comme l’avait souligné Plutarque ?
L’amitié est un résidu essentiel de l’enfance sauvage, parfois naïve, parfois cruelle, souvent essentielle. Comme un peu d’instinct animal, de temps suspendu qui perdurent en moi. Etre ami, et donc aimer, permet je crois d’échapper au temps adulte, qui file et se fait sentir à travers les conséquences de nos actes. Ainsi, dans le temps plus lent, plus langoureux de l’amitié, on retrouve le souffle commun qui propage l’espoir : l’espoir de faire des choses.

Vous venez de passer un an à la Vila Médicis, quelle expérience en tirez-vous ?
Une année fertile, pleine de projets. Une année libre, par le temps suspendu. Une année gorgée, de couleurs et de soleils. Je suis tombé amoureux de Rome, ville d’un autre monde : à la fois impérial et provincial. J’ai pu avancer sur un nouveau roman, mais aussi élaborer d’autres idées : des poésies, du théâtre… C’est rare un an dédié à la création libre. C’est rare et très précieux.

A 15 ans vous avez écrit votre premier roman qui n’est pas passé inaperçu, notamment aux yeux de Frédéric Beigbeder qui vous a remis le Prix de Flore du Lycéen. Quelle marmite vous a donné cette vocation ?
En moi je sens la vocation absolue, c’est à dire la nécessité. Déesse aussi violente — ça fait mal, parfois, d’écrire — que douce — car cela procure aussi le grand bien. C’est pour ça que je continue, toujours, à faire. Ce qui m’anime, me pousse, c’est le prochain livre.

Justement, quels sont vos prochains projets d’écriture ?
Un recueil de poésies. Et un roman sur le fanatisme — vaste sujet qui m’obsède…

Pour mieux vous connaître, le traditionnel questionnaire de la noisette :

-       Un titre de roman pour vous définir : L’éducation sentimentale
-       L’ouvrage que vous auriez aimé écrire : Une saison en enfer
-       Vos mots préférés : poulpe, insoupçonnée, cœur, mouvant
-       Un personnage : l’alpiniste poète du Mont Analogue
-       Un écrivain : Balzac
-       Un film : Mauvais Sang de Leos Carax
-       Une musique : les messes électriques de Marcus Mixx
-       Une peinture : Caravage
-       Une photo : du vieux Belleville, le quartier de mon enfance, par Willy Ronis
-       Un animal : mon chat Ulysse qui me manque
-       Un dessert : une crème brûlée
-       Une devise ou une citation : Car le feu qui me brûle est le feu qui m’éclaire



samedi 20 octobre 2018


Une noisette, un livre


 Le miroir des âmes

Nicolas Feuz



Les Alpes suisses sont loin d’être une haute montagne tranquille. Après l’excellent « Qui a tué Heïdi » de Marc Voltenauer, c’est son compatriote Nicolas Feuz qui entraîne ses lecteurs dans une course haletante et cruelle dans les environs de Neuchâtel.

Afin d’éviter toute confusion dans l’esprit des visiteurs du blog, je vais tout simplement dresser la liste des ingrédients qui sont intégrés dans ce menu… disons assez consistant :

-       Un procureur
-       Un humanitaire
-       Une greffière et son mari
-       Un sicaire
-       Trois policiers principaux
-       Un maquereau et son banc de poissons
-       Une prostituée
-       Un conseiller d’Etat et son secrétaire
-       Quelques voyous ici et là…

S’ajoutent des éléments incontournables :

-       Un attentat
-       Des billes de verre
-       Un hôpital
-       Une ferme
-       Du verre de Murano
-       Une tronçonneuse
-       Une cape noire
-       Un masque de loup
-       Un taser et quelques armes
-       Un parfum subtil et enivrant

Vous mélangez le tout sur 265 pages et vous avec un polar 100% frissons construit autour de ce mystérieux personnage du Vénitien (pour l’effet surprise j’espère que vous découvrirez son identité un peu plus tardivement que votre serviteur). Mais il n’y a pas que ce « souffleur de verre » masqué, il y a aussi le personnage du procureur Jemsen, amnésique après avoir été sévèrement blessé lors d’un attentat, acte qui a fait de nombreuses victimes mais dont l’origine et le commanditaire restent également une énigme. Le magistrat évolue dans le trouble, seule certitude malgré ses absences, ses relations avec les flics ne sont guère cordiales…

L’écriture est rythmique à l’image des faits qui se succèdent, quelques cailloux lancés pour brouiller les pistes et une sacrée ration de noirceur pour ce tableau thrillesque sanguinaire. Mais même pour ceux qui sont allergiques à ce genre littéraire, le fil conducteur est tellement captivant que l’on suit cette cavale mortelle comme une noisette roulant sur l’herbe.

« La porte de la chambre 503 n’était pas verrouillée. Elle s’ouvrait vers l’intérieur. L’obscurité était totale, le silence régnait. Jemsen dormait. A pas de loup, l’intrus s’aventura dans le noir et s’arrêta un instant, pour que ses yeux s’habituent. Le faible halo de la lampe de chevet diffusait un fragile faisceau et, sans faire le moindre bruir, se pencha lentement au-dessus de son visage blessé. Ce serait si facile. »

« Son regard erra un moment entre la lumière froide des leds du plafond, puis se posa sur une chaise vide en face de lui. Celle où les magistrats font asseoir ceux qu’ils interrogent. Et à force de regarder la chaise, le procureur Jemsen crut voir très distinctement Florent, son contact de la place des Halles, assis devant lui. »

Le miroir des âmes – Nicolas Feuz – Editions Slatkine & Cie – Septembre 2018




mercredi 17 octobre 2018


Une noisette, un livre


 Et boire ma vie jusqu’à l’oubli

Cathy Galliègue




Un être cher qui est part pour toujours, un enfant auquel on se rattache le plus fortement possible, une bouteille, puis une autre et encore une autre pour s’enfuir de la cruelle réalité et une amie imaginaire qui a existé et à qui la narratrice raconte tout, parce qu’elle aussi souffrait, buvait, s’échappait : Françoise Sagan.

Que d’émotions à la lecture de ce nouveau roman de Cathy Galliège. Betty, maman d’un petit garçon, Raphaël, semble mener une vie tranquille dans la journée malgré le malheur qui s’est abattu sur elle. Mais le soir, quand elle est seule, elle retrouve son compagnon du désespoir : l’alcool. Elle ne peut plus s’en passer depuis le décès accidentel de son mari Simon, l’amour de sa vie. A cette tristesse immense, s’ajoute l’absence d’une mère qui a mystérieusement disparu lorsque Betty avait 10 ans. Son père peut lui apporter un peu de réconfort malgré les mots qui ne viennent pas, la honte qui l’entoure à picoler pour oublier, pour ne plus penser.

Par une écriture très personnelle, l’auteure exprime toute la souffrance d’un être qui se retrouve seul, sans cet amour infini. Un amour  qui pourtant, au départ, semblait impossible car l’héroïne refusait de tomber amoureuse, elle ne recherchait que des amants sans lendemain ou surlendemain. Elle rejetait cet amour, ne voulait pas le prendre dans ses bras, de peur de trop en dépendre, de trop en souffrir. De trop aimer.
Mais elle aimera son Simon, l’idéal de son adolescence retrouvé, elle l’aimera de toute son âme, de toute sa peau. Alors face au malheur, elle boit, elle boit, la divine bouteille qui peut effacer la mémoire, échapper à l’odeur des vêtements, annihiler toute tentative de souvenir, se détacher des caresses et des plaisirs partagés.

Pourtant l’alcool va dévorer son corps, elle le sent, elle en a conscience. Le chagrin la mine, la solution éthylique la ronge. A l’accablement sentimental s’ajoute la consternation de son état de dépendance avec la crainte des regards posés sur elle, ces regards qui jugent sans savoir.

Un hymne à l’amour, une ode à la tolérance, une leçon de mansuétude envers tout ce qui semble différent et inexplicable. Une fiction réelle, un roman de la vie et de ses larmes, un cri lancé aux étoiles pour que le jour ne revienne plus, que les larmes de pluie fassent fondre votre corps qui semble être transformé en squelette de l’errance. C’est beau, fort, puissant ; des ailes d’un papillon blessé mais avec ce désir latent d’une transformation en une nouvelle chrysalide pour renaître contre ce temps des instants perdus.

«  Sans toi, Simon, je ne suis plus une femme, je suis une mère, c’est tout. Je suis une clocharde qui attend la nuit, cherche une porte-cochère, un abribus, pour s’y rouler en boule et boire avec dégoût, m’essuyant la bouche du dos de la main entre deux gorgées, jetant aux passants qui oseraient tourner la tête vers moi le regard de la mort. Je ne suis plus rien. »

« La nuit, nos plus belles pensées crèvent le plafond de nos cerveaux engourdis par la vie, nos plus belles terreurs aussi. »

« Il ne savait pas parler de lui, Simon, mais, à travers ses mots, à travers son impuissance, il donnait une voix à ceux qui n’avaient pas la parole et moi qui n’avais, jusqu’alors, jamais été préoccupées par autre chose que mes petits malheurs, je pris la mesure, en l’espace d’une soirée, d’un monde d’éclopés, courageux et silencieux. »

Et boire ma vie jusqu’à l’oubli – Cathy Galliègue – Editions Emmanuelle Colas – Octobre 2018

mardi 16 octobre 2018


Une noisette, un livre


 Chien-loup

Serge Joncour




Un roman qui pourrait être situé entre chien et loup, cette demi pénombre entre le jour et la nuit, « inter canem et lupum » ; juste assez de lumière pour voir la beauté, juste assez de crépuscule pour deviner les ombres de l’existence, de celle qui est à la base de tout : la nature. Jamais l’homme ne pourra totalement la contrôler, elle reprendra ses droits. C’est une loi qui concerne tous les êtres vivants dans sa définition la plus large. L’Homo Sapiens ne pourra que constater que les plus forts gagnent souvent au détriment des plus faibles. A lui d’apprivoiser, de comprendre, de respecter. A lui de reconnaître que les nuisibles ne sont pas forcément ceux que l’on croit. A lui de maîtriser ses peurs.  A lui d’ouvrir les yeux et de regarder l’invisible. 

Pratiquement un siècle sépare les deux récits que Serge Joncour fait chevaucher avec une maîtrise de thaumaturge, une superposition qui gravite autour d’un mont quasi inaccessible, théâtre d’une histoire d’un dompteur et ses fauves pendant la première guerre mondiale, et, d’une autre histoire, de nos jours, d’un couple louant cette maison haut-perchée, détachée du monde, pour vivre une expérience hors du temps dans  l’espace de la ruralité lotoise.

Lise désire se séparer un peu de la civilisation, tenter une nouvelle expérience au milieu de la nature, être déconnectée de tout. Elle entraîne son mari Franck sur ce nouveau chemin initiatique, non sans mal ; de savoir que son téléphone sera muet lui donne des palpitations. La vieille maison qu’ils découvrent renferme des secrets prenant source durant la sanguinaire première guerre mondiale. En 1914, les hommes sont envoyés sur le front et même si le Lot se trouve géographiquement loin de ces tueries, le sentiment envers l’ennemi est puissant. De voir qu’un dompteur allemand séjourne là-haut avec ses fauves provoque tensions, rumeurs et colère. Un mystère qui sera peu à peu découvert par Franck grâce à l’arrivée inattendue d’un personnage (oui, on peut le définir ainsi) : un chien-loup sans collier.

On parcourt le livre comme un sentier totalement inconnu, curieux de savoir comment chaque destin va s’entrecroiser au milieu des nombreuses métaphores glissées sur le terrain, comme celle, entre autres, des associés de Franck et les prédateurs des temps modernes, Amazon, Netflix… Très séduisant également, le personnage de Joséphine, cette femme de médecin, veuve de guerre et dont la classe irradie chaque regard, souvent avec admiration, parfois avec jalousie, surtout lorsqu’elle va s’engager à surveiller les brebis à quelques mètres du repère de Wolfgang…quelle délicatesse que ces mots sur le travail de la terre et l’érotisme du corps de la jeune femme.

Quant au chien, on le devine dans la transparence des pages, honnête, brave, fidèle, valeureux. Un hommage au plus beau compagnon de l’homme ; pas une conquête mais un ami, un allié. Car qui conquiert qui ? Difficile de le dire tant l’un comme l’autre se complètent et apprennent mutuellement. Ce chien sans nom, énorme, c’est un museau qui pointe, un aboiement qui transperce, un regard qui brille, des oreilles qui remuent, un instinct qui émerveille. A travers lui défile toute la nature et toutes les questions qui en découlent sur son écosystème, mais l’auteur prend garde à ne jamais donner une réponse directe, le seul constat est que cette dame est une déesse et qu’il vaudrait mieux ne pas trop la contredire… Un hymne de sensibilité avec une patte tendue vers les incroyables gênes des destinées. Destinées humaines, animales, végétales…

« Au village on disait que Joséphine faisait exprès de jouer le dimanche matin. Toujours cette atavique tendance à prêter des mauvaises intentions à ceux qui ne font pas comme les autres. »

« La médisance, c’est ce renard toujours là à roder autour des maisons, toujours à traîner du côté des hommes, sûr de trouver quelque chose à se mettre sous la dent. »

« L’image que Franck se faisait d’Amazon et Netflix, c’était celle de deux prédateurs mille fois plus gros que tout le monde, avec un appétit sans limite, deux super-prédateurs qui comme les loups régulent l’écosystème en éliminant d’abord les proies les plus faibles, les plus petites, les plus vulnérables, avant de s’imposer comme les maîtres absolus du jeu. »

« Elle remonta sur son cheval qu’elle avait attaché à l’écart et se retira, aussi vexée qu’amère, aussi blessée qu’on peut l’être lorsqu’on réalise que le monde méprise nos états d’âme et que la vie nous attend ailleurs, en bas, là où il n’y a ni passion ni désir, là où il n’y a que la peur et le travail, l’angoisse d’un monde ayant basculé du côté de la guerre pour une éternité. »

« Elle découvrait à quel point il est rare et précieux de n’exister que par soi-même et de ne plus être atteinte par le regard des hommes. »

« Ce grand chien loyal, il devrait peut-être l’envisager comme un allié, un vrai allié celui-là, pas comme les deux autres, un allié fiable qui serait réellement prêt à l’épauler, au point même de fomenter un stratagème avec lui, un genre de parfaite revanche en forme de piège pour les coincer, ces deux connards, faire de ces deux chasseurs deux belles proies. »

Chien-loup – Serge Joncour – Editions Flammarion – Août 2018

P.S. Votre serviteur a eu quelques frayeurs vers les pages 375/376 mais tout est bien qui finit bien…

Serge Joncour à la Maison de la Poésie le 20/09/2018


dimanche 7 octobre 2018


Une noisette, un livre


 Manuel de survie à l’usage des jeunes filles

Mick Kitson




Après le très beau roman « Les buveurs de lumière » de Jenni Fagan, les éditions Métailié ouvrent la rentrée littéraire 2018  avec une nouvelle fable écossaise entre pénombre et luminosité : « Manuel de survie à l’usage des jeunes filles » premier roman de Mick Kitson.

Les deux personnages principaux sont deux très jeunes filles, Sal, 13 ans, et Peppa, 10 ans. Sal est en adoration devant sa jeune sœur et ferait n’importe quoi pour la protéger, la préserver, la sauver. Dés la deuxième page, on connait de suite la raison de Sal de s’enfuir avec Peppe : un beau-père pédophile excessivement violent, ne pouvant contrôler ses pulsions face à l’alcool et aux diverses drogues. Sal craignant qu’il s’en prenne à sa petite sœur décide de tenter le tout pour le tout et fuir le domicile familial pour un coin perdu de la forêt écossaise des Highlands. Mais elle a auparavant tout étudié, tout étudié jusqu’aux moindres détails et pour éviter que sa mère soit poursuivie, elle met en place une stratégie judicieuse.

A tout conte, une sorcière. Ou plutôt une fée. Celle-ci va prendre les traits d’une femme âgée et native de l’Allemagne de l’Est. A l’heure du Brexit, c’est un clin d’œil malicieux sur le rapprochement entre le Royaume-Uni et le continent européen… Ingrid va s’attacher à ces deux jeunes filles et les aider comme elle peut, en prenant soin de ne pas les dénoncer, trop de souvenirs de la RDA restent ancrés dans son esprit. C’est d’ailleurs, l’un des tours de magie de la littérature, faire glisser l’inattendu dans un récit, là une fable mais retraçant les années terribles de l’Allemagne et l’URSS, entre ce désir de paix, d’espoir et de réalité cadenassée.

Comme Ingrid, on fond littéralement avec Sal et Peppa, prodigieuses de maturité et amusantes comme une galopade de lapins. Mick Kitson retranscrit avec habilité la jeunesse du XXI° siècle (il est professeur) avec les problèmes des adultes et le passé qui se moule sans cesse dans le présent.

Quant à mère nature, elle est omniprésente et prouve que si on sait la protéger elle regorge de 1001 vertus. Aucun discours moralisateur, juste des descriptions, des observations qui plongent le lecteur dans un univers qu’il a parfois tendance à oublier. Et, qui mieux que deux adolescentes pour rappeler aux adultes un savoir regarder pour préserver ce qui est le plus précieux : la vie et sa liberté de s’épanouir même sous l’orage.

« Il n’avait pas encore commencé à aller dans la chambre de Peppa mais je savais qu’il n’allait pas tarder parce qu’il avait dit qu’il le ferait et que Peppa avait dix ans et c’est à ce moment-là qu’il avait commencé avec moi. »

« Lorsqu’on traverse une crise quand on fait de la survie il faut prendre le temps de réfléchir et faire un plan. Le « Guide de survie des forces spéciales » dit que le facteur le plus important dans la survie à long terme est l’attitude. La façon dont on réfléchit affecte nos chances de réussite. Si on est négatif et si on pense seulement que les choses vont empirer ou qu’on ne peut pas continuer alors on commence à agir dans ce sens. Et plus on pense et agit dans ce sens plus les choses empirent et plus on prend de mauvaises décisions. Et c’est là qu’il faut prendre le temps de réfléchir, faire un plan et entreprendre une action capable d’améliorer la situation. Même une chose minime peut aider. »

Manuel de survie à l’usage des jeunes filles – Mick Kitson – Editions Métailié – Août 2018

mardi 2 octobre 2018


Une noisette, un prix


 Prix Littéraire de la Vocation 2018


Photo © Fondation Marcel Bleustein-Blanchet pour la Vocation


Votre serviteur au pelage doré cuivré intense a eu la chance de participer à l’aventure du 43° Prix Littéraire de la Vocation pour élire, parmi les sélectionnés, le lauréat de la cuvée 2018.

Le Prix de la Vocation, né en 1960, a été créé par Marcel Bleustein-Blanchet, en souvenir des années de guerre où il avait juré d’aider un jour des jeunes qui, comme lui, avaient une vocation. De nombreux domaines figuraient déjà dans la liste des prix et c’est en 1976 que fut ajouté celui de la littérature, avec Jean-Marc Lovay comme premier lauréat. Suivront ensuite, entre autres, Didier Van Cauwelaert, Emmanuel Carrère, Jean-Philippe Toussaint, Eric Holder, Jean-Marc Parisis, Amélie Nothomb, Antoine Bello, Christophe Ono-Dit-Biot, Gaspard Koening, Emilie de Turckheim, Kaouther Adimi, Joël Dicker, François Henri Désérable, Adrien Bosc, Miguel Bonnefoy…

Pour cette année, l’heureux élu est Boris Bergmann pour son roman « Nage libre » paru aux Editions Calmann-Lévy. Comme toujours, le choix est difficile, mais l’histoire entre Issa et Elie, ce bassin d’amitié dans la banlieue des oubliés, l’écriture pertinente du jeune auteur, ont convaincu l'ensemble des bipèdes présents.
A 26 ans, Boris Bergmann, pensionnaire de la Villa Médicis pendant un an, a déjà écrit auparavant trois romans, dont « Viens-là que je te tue ma belle » qui a reçu le prix Flore du Lycéen.

En parallèle, est décerné également un prix de la Poésie, remis cette année à Célestin de Meeûs pour « Cadastres ».

Il serait injuste d’ignorer les autres auteurs sélectionnés, car chacun possède une promesse d’écriture incontestable :

Paul Behergé – Les nougats – Editions Buchet Chastel
Jean-Acier Danés – Bicyclettres – Editions Le Seuil
Pierre Dayme – Le réconfort – Editions Fayard
Pauline Delabroy-Allard – Ça raconte Sarah – Les Editions de Minuit
Clémentine Haenel – Mauvaise passe – Editions Gallimard
Antoine Janot – Le croque-neige – Editions L’Harmattan
Céline Zufferey – Sauvez les meubles – Editions Gallimard

Juste après la délibération, la remise du Prix de la Vocation sur la terrasse de Publicis avec l’astre jaune comme maître de cérémonie, a permis aux nombreux invités présents de découvrir ou mieux connaître Boris Bergmann, mais aussi d’échanger avec les autres auteurs et membres du Jury, sur la littérature en particulier mais aussi sur l’art en général, l’art sous toutes ses formes ; comme le soulignait André Malraux  « la relation de tout artiste avec l’art est du domaine de la vocation ».




Le Jury du Prix Littéraire réuni Kaouther Adimi, Pierre Barillet, Jean-Luc Barré, Alain Germain, Anne de La Baume, Marie-Françoise Leclère, Florence Malraux, Christophe Ono-Dit-Biot, Erik Orsenna, Philippe Taquet.
Je tiens à remercier le plus noisettement possible, tous les membres de la sélection, l’équipe de La Fondation Marcel Bleustein-Blanchet (dont particulièrement Anne de La Baume et Margaux Nemmouchi)  ainsi que ma « collègue » Sylvie Ferrando, rédactrice à La Cause Littéraire.