samedi 29 novembre 2014


Une noisette, un conseil

 

Dormez je le veux !

 
 


Au moment où Dame Lune fait son apparition dans la voûte céleste et que l’on voudrait rejoindre les étoiles de la célébrité Somnus, force est de constater que la seule sphère que l’on arrive à rencontrer est une figure à géométrie variable qui consiste à se mettre en boule.

Alors que faire pour essayer d’attirer Morphée dans vos fantasmes nocturnes ? Votre fidèle serviteur a plus d’un tour dans sa noisette et tel un prestidigitateur il vous offre par ces quelques lignes un pouvoir morphinique dont vous me direz des nouvelles.

Pour combattre un mal il faut en connaître la définition afin de pouvoir se faire du bien. L’insomnie, du latin Somniculus (état de celui qui dort et non de l’association de sommeil + cul) est "la diminution de la durée habituelle du sommeil et de l’atteinte de la qualité du sommeil avec répercussion sur la qualité de la veille du lendemain" (pour toute réclamation, veuillez consulter le SAV de Larousse). Celui qui a pondu une telle phrase a dû souffrir de troubles nocturnes érotico-épidermiques avec la Reine de la Nuit !

Pour constater que votre sommeil diminue, il faut en connaître la durée. Pendant un mois (minimum) vous allez noter bien consciencieusement/scrupuleusement/minutieusement sur un carnet (pas sur une tablette ou autre objet émettant un rayonnement contraire) et avec un crayon bien taillé (sinon au matin vous aurez mauvaise mine) les entrées et les sorties du fils d’Hypnos et de Nyx sans oublier les pauses consacrées aux vidanges nocturnes et autres promenades. Une fois le tableau établi, vous additionnez le tout (pas besoin de secouer dans un shaker) et vous en déduisez une moyenne en étant le plus précis possible car chaque seconde compte. Vous réservez dans une pièce à température ambiante.

Ensuite, il s’agit de définir/déterminer/circonscrire la qualité de votre sommeil avec le prophète du pays des songes. Le plus simple est d’établir sur une échelle de 1 à 50 les variations de votre rythme thermo-régulateur nocturne avec un coefficient 5 pour la semaine et de 8,75 pour le week-end. A cela il faudra enlever les degrés de nuisance sonore constatés puis ceux ressentis par votre voisin ou voisine de lit (oui pas de la maison d’en face, n’exagérons rien). Afin que votre résultat soit le plus fiable, il n’est guère possible de l’obtenir avant deux à trois mois. A réserver également mais dans une pièce différente pour éviter les interférences qui pourraient agir sur vos neurones.

Enfin, dresser/ériger/établir la répercussion sur la qualité de la veille du lendemain. Etape la plus difficile car il faudra prendre un certain recul pour comprendre à quel moment précis se situe sur votre calendrier la veille du lendemain tout en gardant présent dans votre esprit le futur de votre parcours de repos sans être obligé de retourner dans le passé des nuits blanches agitées où l’on en voit de toutes les couleurs. Il est impératif de se donner du temps et de savoir conjuguer toutes les formes et effets calculés. 

Quand vous aurez terminé avec votre enquête, additionnez le tout.

Testez pendant quelques mois la fiabilité de votre résultat en prenant soin de vérifier chaque phase aux différentes heures de la nuit. Vous serez ainsi apte à combattre vos insomnies répétées en vous rappelant simplement le nombre de cauchemars diurnes et nocturnes que vous avez subis pendant ces derniers mois et c’est tout de même plus original que de compter des moutons !


Allez, bonne nuit, je pars prendre mes gouttes...













mercredi 26 novembre 2014



Une noisette, une interview

 
 
 

Eva Roque, du swing sans blues









Un ouragan de dynamisme avec la tranquillité d’une légère brise : telle est la définition de la pétillante journaliste Eva Roque, soufflant le meilleur de l’actualité médiatique sur les ondes d’Europe1 et dans les colonnes de Télé7 Jours. La connaître est un honneur, ses ordonnances sont des fleurons de bien-être, son écoute est infinie, avec Eva, plus belle la vie sur écrans !

1 – Commençons cette interview avec  Ella Fitzgerald et dites-moi ce que vous ressentez à l’écoute de cette voix :
 
 

Une émotion particulière que seule la voix d’Ella me procure. Une perfection vocale évidemment. Mais surtout elle semble dévoiler son âme et scruter la nôtre. Le temps s’arrête… Elle chante la vie dans ce qu’elle a de plus difficile et de plus beau. Avec elle, j’ai compris cette phrase que Sébastien Vidal (directeur de TSF Jazz) m’a dit un jour de juillet au festival de jazz de Juan alors que je découvrais ce genre musical : "tu verras le jazz rend plus intelligent". J’ai mis du temps à comprendre ce qu’il voulait dire. Avant de réaliser que le jazz dans sa construction, dans sa diversité incitait à la tolérance, à la curiosité de l’Autre aussi.
 
2 – Redescendons de l’arbre et racontez en quelques noisettes votre parcours :
Si j’en crois mon entourage, j’ai toujours voulu être journaliste. Je me souviens avoir eu le goût de la lecture et de l’écriture dès l’âge de 5 ans. Ensuite, bac littéraire, IEP d’Aix en Provence (spécialisée Sciences Politiques), Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales et mon premier contrat à Nice Matin. J’y suis restée 10 ans. Avant d’intégrer la rédaction de Télé 7 Jours. En parallèle j’ai débuté la radio sur TSF Jazz, puis sur RFM et Europe 1. Sans compter quelques expériences télé.
 

3 – Justement Nice-Matin, un fleuron de la presse régionale. Une rédaction qui va peut-être renaître de ses cendres. Quelle a été votre sentiment (professionnel mais aussi personnel) à l’égard de la récente actualité pour ce quotidien ?
Je n’arrive pas à imaginer la disparition de ce titre. Donc je suis soulagée qu’une solution ait été trouvée. Fière de mes confrères qui se sont battus pour que l’aventure puisse se poursuivre. D’autant que c’est à eux désormais de diriger l’entreprise.
Du soulagement donc et de l’appréhension parce que je sais que le plus dur est à venir. Qu’il va falloir repenser le journal, offrir la meilleure information, faire en sorte que Nice Matin soit indispensable.
Je suis aussi en colère : en colère contre ces groupes de presse qui ont acquis le quotidien depuis quelques années comme d’autres s’offrent un jouet. Qui n’ont pas envisagé l’avenir à long terme.
C’est une nouvelle page qui s’ouvre. Espérons qu’elle perdure. Longtemps.
 

4 – Les documentaires vous passionnent. Hélas, tous ne se valent pas en qualité, quels sont les ingrédients indispensables pour faire la différence ?
Aujourd’hui, j’attends d’un documentaire un sujet inédit – ou à défaut un angle différent – avec une qualité d’écriture, et de réalisation. La forme et le fond doivent se répondre. Un documentaire réussi pour moi, c’est celui qui évoque un sujet qui m’est étranger, qui me tient devant l’écran, me permet de réfléchir, d’apprendre ou me procure une émotion.

 
5 – A un écureuil arboricole on peut tout dire, existent-ils des émissions qui ne vous intéressent pas du tout ?
Sur un plan professionnel, toutes les émissions m’intéressent.
Sur un plan personnel, la liste de mes intérêts est longue. Sourire. Les programmes de télé réalité, les émissions de variété old school, ne me séduisent pas.
Je me tiens à la disposition de l’écureuil pour lui établir la liste de ces dites émissions
(L’écureuil est tout ouïe...)
 
6 – Les audiences génèrent les programmes, votre point de vue sur Médiamétrie qui va bientôt fêter ses trente ans ?
Dans une vie médiatique idéale, je rêve de la disparition de Médiamétrie. Car ce comptage quantitatif devient une forme de dictature médiatique qui oublie de prendre en compte la qualité des émissions. Et que ces courbes d’audience quotidiennes rendent fous les gens de télé.
Mais aujourd’hui, Médiamétrie existe et conditionne l’économie de la télé. Et c’est aussi le reflet de la réalité. Aux responsables des chaînes de ne pas condamner un programme de qualité quand l’audience n’est pas là tout de suite.
 

7 - "La presse, si bavarde dans l’affaire des rats, ne parlait plus de rien. C’est que les rats meurent dans la rue et les hommes dans leur chambre. Et les journaux ne s’occupent que de la rue". Cette "peste" d’Albert Camus, est toujours d’actualité à l’heure du buzz et de la télé-réalité ?
Si les médias ont une responsabilité dans la façon de traiter l’info (et il existe des disparités de traitement, nous sommes tous d’accord sur ce point), le téléspectateur-auditeur-lecteur a aussi une responsabilité. Celle de ne pas céder à la facilité. De se renseigner, comparer, être curieux… C’est difficile, je le sais. Cela demande un effort. Mais il n’y a rien de plus insupportable que "y’a rien à la télé", "la radio, c’est nul", "les journaux parlent toujours de la même chose". Sans réflexe corporatiste absolu, ces assertions sont fausses.
Ensuite, à nous, journalistes, de lutter au quotidien pour offrir une information juste. De s’intéresser au monde et aux gens du mieux possible. Cela relève parfois de la Mission, je le concède (rires).

8 – Vous êtes une optimiste née. Ce proverbe est pour vous : "Il n’y a pas qu’un jour, demain aussi le soleil brillera" Sachant que l’Afrique est chère à votre cœur, parlez-nous de ce continent et de son peuple :
Mes parents passent beaucoup de temps au Burkina-Faso pour des missions humanitaires. Ils m’ont embarquée sur cette terre rouge au centre de l’Afrique. J’ai découvert une autre vie, une autre façon de concevoir le temps, les relations humaines, la nature aussi. Pour faire court et user d’une image un peu bateau, j’ai pris une claque. Et ce pays est devenu le mien. Je n’y vais que rarement malheureusement. Mais à chaque fois, c’est la même sensation : celle de se ressourcer, comme un changement de peau. Une mue. Qui vous permet de relativiser la vie quotidienne au retour.
 
9 – Vous avez publié récemment sur les réseaux sociaux, une photo séduisante, tant sur la forme que sur le fond avec pour thème : un livre, un café. Une idée à développer ? Pour paraphraser Edouard Herriot, la littérature, c’est ce qu’il reste quand on a tout oublié ?
 
 
J’ai besoin de la littérature et des nourritures terrestres en général. Un besoin viscéral. A la fois intellectuel – parce que ce sont ces arts qui développent notre appréhension du monde – et émotionnel. J’aime ces moments de « déconnexion » quand les mots d’un livre me transportent ailleurs. Un effet similaire à l’écoute d’un album, quand je vais au cinéma, voir une exposition, un concert…
 

10 – Casimir, Snoopy, quels sont vos autres héros ? Tic et Tac, j’espère ?
Rires. J’aime Tic et Tac oui.
Le petit bonhomme de La linéa, Shrek aussi. Tous ceux qui me font sourire.
 
11 - "Si tu as de l’ardeur, cours les montagnes". Ce proverbe turc est à votre image. Malgré votre emploi du temps marathonien, vous prenez encore le temps de courir, question de panache ?
Pas seulement… Et c’est assez compliqué de répondre à cette question parce que j’y pense souvent. Courir pour la forme, la santé, respirer, décompresser, évacuer le stress. Et puis, il y a autre chose. Une étrange sensation. A l’entraînement, je pense beaucoup pendant que je cours. "J’écris" dans ma tête. Je deviens hyper créative. Je conçois des émissions de radio, je pense à la façon dont je vais aborder un article. Et quand je fais une course plus longue, là, mon cerveau se déconnecte. J’atteins un degré extrême de concentration physique et de déconcentration totale sur un plan cérébral. Je gère la souffrance et l’effort différemment. Je divague totalement intellectuellement. Pour en avoir parlé avec l’ami Cyrille de Lasteyrie, il s’agit d’une forme de pleine conscience. J’espère pouvoir écrire un jour sur ce sujet. Quand mes idées seront un peu plus claires…
 
12 – Pour terminer, le traditionnel questionnaire impersonnel... pour mieux vous connaître
Un roman : L’étranger d’Albert Camus et plus récemment Chaos Calme de Sandro Veronesi
Un personnage : Le petit prince
Un(e) écrivain(e) : Boris Vian
Une musique : Ella Fitzgerald !
Un film : Les valseuses de Bertrand Blier
Une peinture : une toile de Nicolas de Staël
Un animal : un écureuil de Central Park
Une devise/citation :  "Un homme est plus un homme par les choses qu’il tait que par celles qu’il dit", Camus, Le mythe de Sysiphe.

101 noisettes de remerciements Eva Roque   pour cette interview délicieusement pralinée et à très bientôt sur les ondes, les réseaux sociaux, le blog du Dr Eva http://evaroque.fr/ ... here, there and everywhere ;-)
 
 


 

 

mardi 25 novembre 2014


Une noisette, un journaliste

 
 

John-Paul Lepers

 

La liberté cathodique

 

(Photo © Nathalie Leruch)
 


A l’occasion de la diffusion ce soir à 22H40 sur France2 du reportage "Immigration et délinquance" dans la case documentaire Infrarouge, soulignons la personnalité et le profil de celui qui a mené l’enquête : John-Paul Lepers.


Du Congo en Afghanistan, en passant par tous les chemins européens, John-Paul Lepers a promené sa caméra à la rencontre des gens, des horizons divers pour être au plus près de la réalité, de l’information. Très vite, il acquiert une réputation de journaliste indépendant faisant de sa liberté de ton une marque de fabrique.

John-Paul Lepers fait ses débuts professionnels dans les années 80 sur des radios pirates, puis travaille pour France Inter, France2 ou Canal +.
En 2007, il est le fondateur de La Télé Libre, la première télévision indépendante accessible sur Internet (sans aucun support publicitaire), qui est à la fois un laboratoire des medias et une pépinière pour des jeunes en quête d’un journalisme différent. Depuis 2008, il réalise des documentaires pour le magazine 13H15 le samedi sur France 2 (plusieurs journalistes/réalisateurs/concepteurs de ce rendez vous du week-end sont d’ailleurs issus de La Télé Libre) et en 2013 il met à l’antenne l’émission Vox Pop, diffusée chaque dimanche sur Arte dont le thème est l’Europe avec ses espoirs, ses belles iniatives sans oublier les coups de gueule nécessaires !

Europtimiste convaincu, son père (qui a combattu dans les Forces Aériennes Françaises Libres pendant la 2de guerre mondiale) est franco-belge et sa mère anglo-italo-allemande, son enthousiasme pour notre continent n’a pas de limites même s’il sait vigilance garder.

Et justement, cette vigilance est la base de toute enquête qui se veut impartiale . Pendant 3 ans, John-Paul Lepers et son équipe ont prospecté, recherché afin d’apporter les preuves que parfois (voire souvent) les préjugés ont la vie dure et, selon la formule consacrée, il faut savoir donner aux idées reçues une belle claque, notamment sur la supposée relation entre immigration et délinquance. 

Découvrez donc ce soir sur France2 dès 22H40 ce documentaire franc, radicale, sans concession mais sans aucun doute positif ! Et n’oubliez pas de laisser vos commentaires avec le hashtag #Infrarouge


Je laisse le mot de la fin à John-Paul Lepers, ce qui vous permettra de mieux encore apprécier son réalisme et son objectivité. A ma question sur la richesse humaine :

"En Afrique centrale, on dit "Zo we zo", un homme est un homme, chaque être humain a la même dignité, une phrase en sango à mettre au fronton des édifices publiques ?" Il me répond :
"J'ai souvent travaillé en Afrique lors de reportages à l'occasion de conflits et de famine, mais aussi sur des artistes, des débrouilleurs de génie. J'ai beaucoup appris des Africains notamment sur les relations humaines, la disponibilité pour l'autre. Mais ce n'est pas un paradis, et comme partout, la méfiance de l'étranger et le racisme sont présents. Pour ce qui est des devises sur les mairies en France, Liberté-Égalite-Fraternité me vont très bien, mais chaque citoyen doit se battre pour qu'elles soient respectées."
 
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"Immigration et délinquance" : reportage de John-Paul Lepers, Christophe Nick et Gilles Cayatte. Mardi 25 novembre à 22H40 sur France 2.



Liens à visiter sans tarder :
 
 

http://info.arte.tv/fr/vox-pop

Replay disponible jusqu'au mardi 2 décembre 2014 :

http://pluzz.francetv.fr/videos/infrarouge_,112832038.html

http://pluzz.francetv.fr/videos/infrarouge_,112832039.html


Avec cette belle conclusion " On n'est pas obligés de s'aimer, mais c'est mieux d'essayer de vivre ensemble"


Note au 27 novembre 2014

Je vous conseille d'aller lire le billet de Romain Potocki sur son blog "L'homme Itinérant" qui exprime ce que chacun de nous avons ressenti à regarder un reportage de John-Paul Lepers : une profonde reconnaissance au "vrai journalisme"

http://homme-itinerant.fr/une-lecon-de-journalisme/

 




























vendredi 21 novembre 2014

Une noisette, une interview

 

Karim Hacène

"Lisez et informez-vous"

 



 
 
De France Inter à France Info et Sud Radio et surtout 16 ans passés à Europe 1, le parcours de Karim Hacène est celui d'un journaliste passionné, d'un homme de radio, complété par quelques années de télévision, histoire de comprendre que la télé ce n'est pas de la radio avec des images en plus. Service politique, police-justice, reportage, réalisation de documentaires,  présentation, rédaction en chef, chaque expérience est enrichissante. Il y a 1 an 1/2, Karim Hacène et son ami  Philippe Gault décident de lancer sur Twitter le compte @Infos140, fil d'information en continu, avec un mode de fonctionnement proche de celui d'agence de  presse. Mais depuis le 18 novembre la TL est muette...

1 - Infos140, une belle aventure, comment est-elle née ? Elle est née des retrouvailles entre deux amis, Philippe Gault et moi-même. Nous nous étions connus à Europe 1 fin des années 80. Le 6 mai 2013 (aucune relation avec l’élection présidentielle du 6 mai 2012 comme certains le pensent) nous avons décidé d’ouvrir un compte commun sur Twitter dans le but de créer, par la suite, une agence.  Après quelques essais encourageants, nous nous sommes lancés. Le succès a été rapide. D'abord parce qu'avec @Infos140, pas besoin d'être abonné à des dizaines de comptes pour être informé. Nous offrions une large vision de l'actualité de la journée. Ça commençait très naturellement par un "bonjour", la fête du jour ou la journée mondiale, parfois un agenda (notamment sur @Infos140sport, filiale spécialisée), des unes de la presse quotidienne nationale et régionale, les unes des hebdomadaires (y compris satiriques mais pas people). Il y a des rendez-vous que nous avions lancés mais que nous avons supprimés au bout d'un an, car à deux, ça devenait difficile. Par exemple les "Verbatweets" (mot inventé), contraction de verbatim  et tweet. Chaque matin, mais aussi le dimanche, nos abonnés avaient les petites phrases des femmes et hommes politiques invités des radios et télévision. De même nous rapportions les réponses des ministres lors des séances de questions au gouvernement du mardi et du mercredi.

2 - Combien étiez-vous ?
Deux, je vous l'ai dit. Ça étonne les professionnels, mais nous n'étions que 2 journalistes avec un peu d'expérience (30 ans pour Philippe et 25 pour moi). Pour alimenter @Infos140sports, nous avions trouvé quelqu'un de précieux, Adrien, qui a dû nous quitter faute de temps. C'est ce qui nous a obligé à fermer le fil sportif l'été dernier.

3 - Où trouviez-vous les infos ?
À deux seulement, derrière nos écrans et sans moyens financiers, vous l'aurez compris, nous n'avions pas de reporter sur le terrain. En revanche, des twittos journalistes ou identifiés comme fiables devenaient autant de sources. Et des sources (environ 1800) nous en avions sur les 5 continents. Avec les traducteurs automatiques, on peut avoir des sources qui écrivent en russe, mandarin arabe ou hébreux. La règle d'or étant de vérifier et recouper une info, avoir plusieurs sources avant de la livrer (sauf si elle émane d'une source officielle, que nous précisons).

4 - Mais il y a déjà des agences dont c'est le cœur de métier... ?
Oui, bien sûr, c'est le cas de l'AFP (l'Agence France Presse), la britannique Reuters ou l'américaine AP (Associated Press). Ces agences ont des milliers de journalistes à travers le monde et informent d'autres journalistes, pas directement le grand public. Leurs clients sont les journaux, les radios , les TV, les administrations etc... Et leurs tarifs sont prohibitifs (en fonction de l'audience, nombre de lecteurs, plusieurs centaines de milliers d'euros).
Mais quelques fois (accident ferroviaire de Saint-Jacques de Compostelle en juillet 2013 ou tir de missile sur le vol MH17 en Ukraine le 17 juillet 2014) nous avons diffusé la bonne information avec une avance de 30 mn à 2 heures sur les agences mondiales et donc sur les radios, télévisions et journaux. Des journalistes reconnus se sont abonnés en masse et ont utilisé @Infos140 comme un outil de travail.

5 - A quelles difficultés avez vous été confrontés ?
Nous sommes humains donc, par définition, pas surhumains. Diffuser 120 à 200 tweets/dépêches par jour, c'est beaucoup de travail. Sur pratiquement tous les sites d'info, le gros du travail est assuré par un robot connecté à l'AFP ou à Reuters. Chez nous ce n'est pas le cas. Ce travail requiert une grande attention, donc une fatigue intellectuelle. Parfois, les alertes (sur nos sources)  nous réveillaient la nuit. 14 heures de travail, 7 jours sur 7, au bout d'un an et demi, ça laisse des traces quand on n'a plus beaucoup de temps à consacrer au reste et que la perspective de gagner sa vie et de créer des emplois s'éloigne. Car notre but était de commercialiser @Infos140 (nous avons des idées) et de créer une véritable rédaction. Si un investisseur nous lit, il peut toujours nous contacter...

6 - A qui s'adresse Infos140 ?
À tout le monde, car l'information, l'actualité, cela concerne tout le monde. Les décideurs bien sûr, et parmi nos 25.800 abonnés ils sont nombreux (chefs d'entreprises, élus politiques et syndicaux de tout bord, ministères, collectivités locales, associations, journalistes...). Mais pas seulement les décideurs. Infos140 ne s'adresse pas qu'aux élites. L'information, le droit à l'information plus exactement, est l'un des éléments constitutifs d'une démocratie. L'Histoire est pleine de dictatures qui contrôlaient les peuples en déversant des flots de propagande (Allemagne nazie, régime de Vichy, URSS, Chine populaire, Corée du Nord...). Être informé est important, cela permet de comprendre le monde dans lequel on vit, mais aussi par exemple, exercer son droit de vote en connaissance de cause. Nous ne militons pour aucun parti politique, nous militons pour l'information. Souvent elle n'est ni blanche ni noire, mais grise. Le binaire serait trop simple. Parfois, dans les commentaires, on nous accusait d'être de droite. Puis le lendemain nous étions de gauche. Nous ne sommes pas là pour satisfaire des militants, leur donner à lire ce qu'ils attendent, du prêt à ingurgiter. Nous donnons une vérité à un instant T. Cette vérité peut évoluer à T + 1. Certains ne le comprennent pas. Autre exemple, le conflit israélo-arabe. Ceux qui nous féliciteront un jour, nous insulteront le lendemain. Les mêmes. Parce que nous, nous sommes journalistes, pas partisans d'un camp ou l'autre.
À propos des commentaires, j'aimerais préciser que l'insulte est devenue monnaie courante sur Twitter. Les commentaires sont appréciés, qu'ils soient d'adhésion ou contradictoires. Mais les insultes, le manque de respect envers les autres et bien sûr le racisme, l'antisémitisme, la provocation, les messages homophobes entrainent le blocage immédiat. Et le manque de respect c'est aussi l'emploi de mots comme "journaleux". S'ils ne comprennent pas la sanction, c'est qu'ils ont reçu une mauvaise éducation.

7 - Au début de chacun de vos tweets, il y avait une pastille bleue ou rouge, parfois noire, (⚫️⚫️⚫️) quelle signification ?
Très simple: le bleu pour les unes de la presse, les agendas, "verbatweets" et les infos pas très importantes. Nous nous sommes consacrés aux informations que nous jugions importantes. Précédés d'un point rouge donc. Encore plus important, un point rouge et la mention "urgent". On nous a souvent demandé ce qu'il y avait d'urgent ? Ça n'a aucun rapport, c'est un code universel d'agence qui signifie que c'est important. Au dessus de l'urgent il y a "alerte" et encore au dessus "flash". En 25 ans de métier j'ai dû voir une dizaine de "flash" comme le décès d'un pape ou d'un président de la République. En général, dans un "flash", il y a 2 mots. Je me souviens du 8 janvier 1996: FLASH Mitterrand décès. C'est brutal, mais c'est ça un Flash. Autrefois l'Alerte s'appelait Bulletin. "Urgent", il y en a des dizaines par jour. La pastille noire, en toute logique, pour les décès.  

8 - Respecter les 140 caractères a-t-il été un souci pour vous ?
Philippe et moi avons été formés à la radio. La règle d'or de ce média c'est: sujet, verbe, complément. Des phrases courtes. L'autre caractéristique et avantage par rapport à la télé (avant les chaines d'info), c'est la rapidité, la spontanéité de la radio. Faute d'image il faut aussi savoir décrire, accrocher l'auditeur. Mais parfois, c'est vrai, avoir un ou deux caractères de plus serait plus confortable. On est obligé de jouer sur la ponctuation. Dommage car la ponctuation peut changer totalement le sens d'une phrase. Comme l'intonation d'ailleurs. Si nous avions pu lancer notre application Infos140, nous aurions pu publier avec ce confort, en restant dans un format proche des 140 caractères. C'est d'ailleurs l'explication du nom d'Infos140.

9 - Beaucoup d'internautes étaient déjà très attachés à votre fil d'information. 25800 abonnés, un beau chiffre. Pourquoi cet arrêt soudain ?
Dans la vie il faut faire des choix. Mon associé dans cette aventure a eu une opportunité. J'aurais sans doute fait la même chose si j'avais eu cette chance. Impossible de continuer seul. Je cherche donc une rédaction intéressée par mon profil. Ces 17 mois m'on appris beaucoup de choses sur le plan professionnel et j'aimerais apporter cette expérience, cet atout supplémentaire.

10 - Infos140 c'est vraiment terminé ?
Il ne faut jamais dire jamais. Si des partenaires, des investisseurs sont intéressés par le projet, ils peuvent bien sûr nous contacter.

11 - Le pluralisme de l'information est-il important dans une démocratie ?
Oui, par définition. En France, la presse a toujours été diversifiée et encore plus après la Libération. Pour la radio, c'était aussi le cas avant la guerre. Pour des raisons historiques un monopole d'État a vu le jour pour la radio et la télévision après la guerre. Il y avait bien des radios périphériques (RTL, Europe 1, RMC et Sud Radio) mais elle étaient contrôlées par l'État. Il a fallu  attendre le début des années 80 pour avoir accès à des radios, puis des télévisions privées. La concurrence a toujours du bon, elle permet l'émulation, la création, le choix tout simplement. C'est important de pouvoir choisir. Certains pays n’ont pas encore cette chance comme la Chine ou Cuba, pour ne citer qu’eux. L’information est nécessaire au bon fonctionnement de la démocratie. Les anglo-saxons sont peut être plus rigoureux parce qu'ils séparent l'information brute du commentaire et de l'éditorial. En France, certains disent qu'on est "surinformé". On n'est jamais trop informé. Je préfère le "plus" au "moins". Et on peut toujours tourner le bouton.

12 - Le traditionnel questionnaire impersonnel...pour mieux vous connaître

Un roman : Des souris et des hommes

Un personnage : plutôt deux, différents et complémentaires, Charles De Gaulle et Jean Moulin

Un(e) écrivain(e) : Alexandre Dumas

Une musique : Carmina Burana de Carl Orff

Un film : Si tous les gars du monde de Christian Jaque, un chef-d’œuvre humaniste qui parle aussi de radio

Une peinture : Le radeau de la méduse de Théodore Géricault

Un animal : Un écureuil, bien sûr. Vous m'offrez une noisette ?

Une devise/citation : Liberté, Egalité, Fraternité. C'est la plus belle.

13 - avez-vous un message à faire passer ?
Les gens veulent tout gratuitement. C’est le cas pour la musique ou les films et c’est non seulement une catastrophe pour l’économie mais aussi pour la diversité, l’offre et la création. Il en est de même pour la presse. J’ai peur de voir ce secteur disparaître par manque d’intérêt, par manque de moyens. Alors, un message, oui j’en ai un : lisez et informez-vous !


Merci beaucoup Karim Hacène pour cette interview, je vous souhaite toute la réussite possible pour l’avenir et pour les personnes souhaitant vous contacter ou vous follower, votre compte Twitter est @KarimHacene

 

dimanche 9 novembre 2014


Une noisette, une humeur

 

La vérité, toute la vérité, rien que la vérité ?




La pensée d’Aristote va être de plus en plus difficile à comprendre suite à l’épisode politico-pinocchiesque de ce week-end : "Dire de ce qui est que cela est, et dire de ce qui n’est pas que cela n’est pas, c’est dire la vérité" Et je n’ai même pas deux heures pour rendre la copie à ces chimères qui nous entourent.

Ou alors pour mieux appréhender le problème, mieux vaut peut-être faire appel à Bacchus et ainsi "In vino veritas" reprendra toute sa splendeur... avec quand même le risque d’une sacrée bacchanale que même Saint-Saëns n’aurait pu imaginer, quoique les forces politiciennes risquent de s’effondrer comme les colonnes d’un temple des illusions perdues.

Perdues, voire enfouies car pratiquement pas une semaine où n’éclate une nouvelle affaire d’Etat sous fond de rivalité, d’envie de pouvoir et bien plus encore. La ciguë n’étant plus l’arme utilisée, il faut trouver d’autres poisons pour envenimer la société toute entière. Mensonges, trahisons, calomnies, les recettes sont diverses et renouvelées pour que la saveur de la rumeur et du tumulte ne faiblisse pas.

Seul lot de consolation, une possible croissance spectaculaire sur la fabrication et la distribution de boules puantes en espérant qu’une brise marine ne soit pas là pour la dissiper...

En attendant, je vous laisse à une méditation avec Don Basilio !
 
 
 
La calunnia è un venticelloUn’auretta assai gentile
Che insensibile, sottile,
Leggermente, dolcemente,
Incomincia, incomincia a sussurrar.
Piano, piano, terra terra,
Sottovoce, sibilando,
Va scorrendo, va scorrendo Va ronzando, va ronzandoNell’orecchie della gente S’introduce, s'introduce destramente E le teste ed i cervelli Fa stordire e fa gonfiar. Dalla bocca fuori uscendo lo schiamazzo va crescendo, Prende forza a poco a poco, Vola già di loco in loco, Sembra il tuono, la tempesta Che nel sen della foresta Va fischiando, brontolando, E ti fa d’orror gelar. Alla fin trabocca e scoppia, si propaga, si raddoppia, E produce un’esplosione Come un colpo di cannone, Come un colpo di cannone, Un tremuoto, un temporale, Un tumulto generale Che fa l’aria rimbombar. E il meschino calunniato, Avvilito, calpestato, Sotto il pubblico flagello, Per gran sorte va a crepar.
 
**********

La calomnie est un petit vent Une petite brise très gentille
Qui, imperceptible, subtile,
Légèrement, doucement,
Commence, commence à murmurer.
Piano, piano
, terre à terre, À voix basse, en sifflant,
Elle glisse, elle glisse
Elle rôde, elle rôde
Dans l'oreille des gens
Elle s'introduit, s'introduit adroitement
Et les têtes et les cervelles
Étourdit et fait gonfler.
En sortant de la bouche
Le tapage va croissant,
Il prend force peu à peu,
Vole déjà de lieu en lieu,
Il ressemble au tonnerre, à la tempête
Qui au cœur de la forêt
Va sifflant, grondant,
Et vous glace d'horreur.
À la fin elle déborde et éclate, se propage, redouble,
Et produit une explosion
Comme un coup de canon,
Comme un coup de canon,
Un séisme, un orage,
Un tumulte général
Qui fait retentir l'air.
Et le pauvre calomnié,
Humilié, piétiné
Sous le fléau public,
Par grand malheur s'en va crever.
 













samedi 8 novembre 2014


Une noisette, une histoire

 
 

Le train de l’edelweiss

 
 
 

Suite aux nombreux témoignages reçus de patients atteints de leucémie, j’avais écrit cette histoire. Pour leur apporter du courage, pour sensibiliser les personnes au don de moelle osseuse et saluer le travail des équipes médicales. C’était en 2005. Mais rien n’a changé dans cette lutte contre la maladie même si la recherche scientifique ne cesse d’apporter de nouveaux traitements prometteurs avec de très belles réussites. J’ai donc finalement décidé d’en faire une traduction suite à mon texte original en espagnol, en le dédiant à la mémoire de Sonia, Alex et Lupe.


Un jour quand une personne apprend qu’elle est atteinte de leucémie, tout paraît terminé, un chemin trop long, trop dur. Cependant après le combat, quand la maladie est vaincue, une nouvelle vie commence et le parcours engagé est un peu comme celui de prendre un train, au pied d’une montagne pour aller cueillir une fleur d’une beauté unique et dotée d’une résistance incroyable par les conditions climatiques : l’edelweiss.

Le train est là, en bas de la montagne qui a non seulement un aspect triste et effroyable mais aussi invincible. Mais il n’y a pas d’autre solution que de monter dans la voiture pour un voyage dont ne connaît ni la durée ni la destination, peut être le sommet pour cueillir la fleur de la nouvelle vie mais aussi le précipice. Non, non, pas le ravin, le train est sûr et toute l’équipe semble merveilleuse pour aider à atteindre ce point culminant.

Bon, on rentre dans la voiture. C’est à la fois accueillant et glacial, un peu de tout et que de monde ! On vérifie si tout est en ordre, derniers tests, les portes se ferment pour le début d’un voyage pas comme les autres.
Le train part. Les compartiments sont tous occupés, rassurant parce que l’on est tous unis pour arriver à la cime et inquiétant pour être tous dans le même état de santé. Et encore pire si l’on souffre de vertiges.

Tout paraît calme, les accompagnants sont épatants, à l’écoute de tous.

Que se passe-t-il ? Un arrêt. Pourquoi le train s’arrête ? Un danger sur la voie ? Non, c’est la première ascension, on doit ralentir. Bon, quand c’est passé, ça ne parait rien. Mais pas le temps de respirer une seconde, la seconde ascension a déjà commencée. Que c’est dur, mon dieu, que c’est dur et maintenant la nuit, si seulement l’aube pouvait vite, très vite arriver, gravir la pente de nuit est encore plus difficile. On ne voit plus rien, il fait chaud, il fait froid. Les contrôleurs viennent souvent et bien que tout soit en règle, la crainte est là, la crainte de ne pouvoir continuer et de devoir descendre du train. Mais non, à chaque fois on vous aide pour que tout aille bien.

Qu’arrive-t-il ? Où sommes-nous ? Parfois, nul ne sait où est le train et pendant quelques minutes la noirceur est plus sombre que jamais.
Mais de bonnes nouvelles parviennent, on annonce que les voitures précédentes ont atteint le sommet avec cueillette splendide, lumière et air pur.

Quoi ?? Noooooon !!!!!!!! Le train rétrograde, l’horreur avec un ravin à plus de 1500 mètres d’altitude, il ne reste plus que 500 mètres à parcourir, mais que se passe-t-il à nouveau, aidez-nous s’il vous plaît, au secours !!!

Après des jours d’angoisse, le train repart mais hélas avec un compartiment vide. Il faut nous épauler. Ce compartiment n’avait pas de protection et malgré de nombreuses recherches, aucune protection compatible n’a pu être trouvée. On renouvelle l’appel, que l’on nous encourage à atteindre le but, l’edelweiss est une fleur unique qui mérite d’être vue.

Merci, notre appel a été entendu. On raconte que des personnes sont près des voies pour transmettre nos sentiments et nous aider dans la bataille. Braves gens qui restent de nuit comme de jour à nous soutenir, à nous aider, à travailler, à répondre à nos attentes et à rassembler d’autres personnes qui ignorent encore la difficulté du trajet.

Les rayons du soleil apparaissent, la LUMIERE !!!!!! La lumière, la vraie, pas seulement cette petite lumière qui restait allumée dans le compartiment même quant tout était obscure. Maintenant, elle est grande, brillante. Le train semble voler, tout est réconfortant, tellement longtemps que cette douceur n’avait pas été ressentie.

On descend de la rame et face à notre regard : la nature grande/libre, le chant de bienvenue des oiseaux et des edelweiss. La joie est générale, tous unis, personne n’est comme avant.
Il faut rentrer chez soi, avec prudence, mais la bataille est déjà gagnée, un parcours difficile mais franchissable puisque que le train est arrivé au sommet. Mais, attention, la vigilance doit rester intacte, dans peu de temps, un autre convoi va partir avec d’autres personnes à bord...
 
© Squirelito
 
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Texte original en espagnol
 
El tren del edelweiss

Cuando un dia uno sabe que padece leucemia, parece que todo ha terminado, que el camino sera demasiado largo y duro. Pero despues de la lucha, cuando se vence la enfermedad, hay una nueva vida que comienza y el camino que se hizo es como coger un tren al pie de la montaña para recoger una flor de belleza unica y con resistencia
increible debido a las condiciones climaticas, el edelweiss.

El tren esta aqui, al pie de una montaña que no solo tiene un aspecto triste y aterrador pero tambien invecible. Pero no hay otra alternativa que entrar en un coche para un viaje donde no se sabe la duracion y que el destino puede ser la cima para recoger la flor de
la nueva vida pero tambien el barranco. No, no el barranco, el tren esta seguro y parece que hay una plantilla maravillosa para ayudar a llegar a la cima.

Pues, se entra en el coche. Esta a la vez acogedora y fria. En el interior hay de todo y mucha gente. Se verifica si todo esta listo, ultimas pruebas y las puertas se cierran para el comienzo del particular viaje.
El tren esta en marcha. Los compartimientos estan casi todos ocupados y es a la vez tranquilizador porque todos estan unidos para alcanzar la cima e inquietante porque todos estamos en el mismo estado de forma. Y aun peor si alguien tiene vertigos.

Todo parece tranquilo, los acompañantes son muy amables y a la escucha de todos.

Que pasa, hay una parada. Porque el tren para ? Hay un peligro en la via ? No, es la primera ascencion y se debe ralentizar. Bueno, Cuando ha pasado, ya parece nada. Oh, es que no hay tiempo para respirar un momento, la segunda ascencion ya ha comenzado . Hombre, comienza a ser dificil y ahora viene la noche , ojala la madrugada pudiera
aparecer muy pronto, es que una ascencion de noche es aun mas dificil ! No se ve nada, hace calor, hace frio. Los revisores vienen muchas veces y a pesar que todo esta en regla se teme, se dice que ya no se puede seguir la ascencion y se debe bajar del tren. No, cada
vez los revisores ayudan para que todo vaya bien.

Que ha pasado de nuevo ? Donde estamos ? Es que de vez en cuando ya no se sabe donde esta el tren y durante unos minutos todo parece aun mas oscuro.

Hay buenas noticias, se anuncia en el tren, que los coches precedentes ya han alcanzadas la cima y que la recoleccion de los edelweiss es magnifica, con tanto sol y aire puro.

Que pasa de nuevo ??? Ay !!!!!!!! El tren retrocede, es horrible con el barranco a mas de 1500 metros de altitud, solo quedan 500 métros para el fin del viaje !!!! Que pasa ? Ayuda, por favor !!!! Socorro !!!

Despues de dias de angustia, el tren esta de nuevo en marcha pero desgraciadamente con un compartimiento vacio. Que todos nos ayuden. En el compartimiento vacio, ya no habia proteccion y a pesar de la busqueda de otra proteccion no se ha encontrado nada compatible. De nuevo, que todos nos ayuden a ir a la cima, siempre se ha dicho que el eldelweiss es una flor preciosa que merece la pena ser vista.

Gracias, han oido nuestra llamada. Se dice que hay gente cerca de las vias para transmitir nuestros sentimientos y ayudarnos a que todo vaya bien. Valiente gente que quedan en las vias, de noche como de dia, para ayudar, trabajar, para ver si alguien necesita algo y para
gritar a los que quedan en los valles de acompañar a la gente del tren.

El sol aparece, la LUZ !!!!!!!!!!!!!!!! La luz ya no es solo la pequeña luz del compartimiento que se podia ver todo el tiempo aun cuando todo estaba oscuro. Ahora, la luz esta grande y brilla. El tren parece volar, todo es suave, un ambiente de tranquilidad que no se podia apreciar desde hace meses.

Se baja del tren y frente a los ojos, la naturaleza grande/libre, pajaros que cantan la bienvenida y miles de edelweiss. Es la Alegria general, todos unidos y nadie como antes. Hay que regresar a casa con prudencia, pero la batalla esta ya ganada, un reto dificil pero
superable ya que el tren ha llegado. Pero, la vigilancia debe quedar ya que otro tren con otras personas esta previsto dentro de poco tiempo...