lundi 26 juin 2017


Une noisette, un livre

 

Les enfants de Venise

Luca di Fulvio


 
(Photo © Squirelito)

L’Italie du début du 16°siècle, celle de la Renaissance mais aussi celle de toutes les misères, de la pauvreté, du sordide, de l’intolérance… et la liste peut s’allonger encore. Le dernier roman fleuve de l’écrivain Luca di Fulvio est une plongée dans cet univers, une aventure qui commence à Rome et s’intensifie dans la cité des Doges.
Heureusement qu’un livre ne renferme pas les odeurs que l’on décrit sinon ce serait des soubresauts gastriques à chaque page… Mais derrière la noirceur de l’ambiance, se dessine progressivement un renouveau, justement un Rinacismento dans cette Italie en proie à toutes les violences, à toutes les croyances, à toutes les rivalités. Deux protagonistes principaux, deux adolescents, Giuditta et Mercurio. Elle est juive, il est chrétien. Giuditta a encore son père, Mercurio n’a jamais connu ses parents. Quasi ou carrément à la rue, leurs destins vont se rejoindre et la comparaison d’un Romeo et Juliette est tentante. Mais point de Capulet et Montaigu. Ils sont remplacés par les instances religieuses… Et la tragédie du départ s’envolera pour un horizon de tous les espoirs. S’ajoute une symphonie de personnages dont certains deviennent très attachants, en particulier Anna et le père de Giuditta, Isacco, qui se faisant passer pour un médecin va soulager bien des maux et surtout apporter une flamme d’humanité envers des personnes qui sont considérées comme de vulgaires objets néfastes, en particulier les prostituées.
Après « Le gang des rêves » l’écrivain italien signe une nouvelle saga à couper le souffle, un parcours sur une année qui vous entraine dans une lecture tourbillonnante avec des scènes très dures mais où l’amour triomphe de tout. Une plume vive, un ton direct et des dialogues sans fioriture qui font de cette fiction, au départ sordide, un aimant captivant.

Dans l’ombre de l’histoire de ces enfants perdus, se dessinent des messages, plus ou moins modulés : par la force on arrive au bout de ses peines, la jalousie vous projette dans le néant, la cupidité est une impasse et celui qui vous fait du mal ou vous rejette verra sa malédiction se retourner contre lui…
Une épopée moderne dans les contours de l’histoire qui saura vous propulser dans un autre monde en ces temps de lecture estivale.

Les enfants de Venise – Luca di Fulvio – Traduction Françoise Brun – Editions Slatkine & Cie – Avril 2017

 

3 commentaires:

Eva a dit…

un auteur que je n'ai encore jamais lu, mais dont j'entends énormément parler ces derniers temps, avec Le gang des rêves, et maintenant avec ce nouveau roman...il semble valoir le détour!

la parigina a dit…

J'avais moi aussi très envie de le lire et encore plus maintenant... je vais peut-être attendre d'être en Italie pour le lire en italien !!

Squirelito L'Ecureuil a dit…

Encore une très belle découverte grâce aux Editions Slatkine & Cie qui publient cet auteur vraiment captivant. Bien que moins intéressée qu'auparavant au roman historique (peut-être un surdosage pendant des années) là je me suis plongée les quatre pattes dedans, au départ avec précaution mais ensuite avec "passione" ! Oui, je le recommande de la noisette ;-)