dimanche 24 septembre 2017


Une noisette, une émission

 

19H Le Dimanche

 


Avant toute chose, deux noisettes à mettre sur la table (ou plutôt sur le plateau) :

-        beaucoup de bipèdes rêvaient d’un « 13h15 » version grand format enavan-soirée ou en prime time ;

-        qu’il est plaisant et réconfortant de voir certaines personnes réaliser leurs rêves. Depuis des années Laurent Delahousse souhaitait instaurer une grande tranche, non pas de moelleux au chocolat, mais d’information. Et le songe est devenu réalité.

Chaque dimanche soir, ce sera, ni le songe d’une nuit d’été ni l’après-midi d’un faune, mais un ballet cadencé, une valse cathodique en trois temps au rythme de l’actualité générale, de la cuisine politique, d’une séquence nostalgie, de l’éventail culturel et plus si affinités. Du reportage, du décryptage, des pastilles d’humour, deux grandes interviews en XXL, l’une à 19H00, l’autre à 20H30 mais dans un style totalement distinct, histoire de ne pas endormir le téléspectateur dans un ronronnement trop facile.

Le plateau (télévisuel, mais libre à vous d’apporter le votre pendant l’émission) est utilisé à son maximum avec une réalisation extrêmement mobile et des cadrages audacieux. Ce n’est peut-être qu’un détail pour certains, mais inconsciemment ou non (rassurez-vous je ne pars pas dans un exposé psychanalytique), les images projetées en version grande taille sont une plus-value qui s’ajoutent à l’ensemble du programme et témoignent d’un souci d’esthétique pour mieux servir le menu cérébral du magazine.

Le ton est rapide (je dirais même aussi sautillant qu’un déplacement d’écureuil), dynamique, chacun apporte son savoir faire et son savoir répondre. Une ambiance décontractée mais où la vulgarité est priée de bien vouloir rester à la porte, le tout dans un concept créatif et, je me demande d’ailleurs, s’il ne faudra pas un jour inventer un mot (le dictionnaire étant d’accord pour prendre du poids) pour définir le courant continu qui alimente le journaliste de France2, la « new-delahoussisme » comme un exemple alternatif aux mouvements artistiques.

Si lors de la première, on percevait quelques hésitations dans la mise en route, dès le deuxième embarquement, la vitesse de croisière semble être stabilisée même si dans cet univers audiovisuel, un direct est toujours une navigation à risques.

Soyons certains que le choix des invités sera éclectique tout comme la sélection des chroniqueurs : éditorialistes, anciens politiques (beaucoup d’encre a coulé à ce sujet mais une fois que les femmes et les hommes politiques quittent l’agora, ils redeviennent des citoyens libres) et, noisette sur le gâteau, des... écrivains. Autant vous dire que votre serviteur livrophage se réjouit de cette décision d’inclure une palette d’auteurs pour commenter le grand livre de la vie. 

Les prochaines éditions devraient confirmer mes premières impressions avec surtout cette fragrance si particulière et pourtant si absente dans nos univers : la touche humaine. Malgré la pression du direct, il semble que la liberté d’exprimer ses sentiments, ses émotions, ses faiblesses, ses forces soit l’un des points essentiels de « 19H Le Dimanche ». Entrouvrir une porte à l’authenticité pour ouvrir les fenêtres vers toutes les formes d’expression que l’humain a en sa possession. C’est ça, l’anti-blues du dimanche soir.

 

19H Le Dimanche – France2 – Proposé et présenté par Laurent Delahousse. Rédaction en chef : Jean-Michel Carpentier , Sarah Briand, Joel Bruandet, Mathieu JegoLaurent Delahousse – Mention spéciale aux équipes de la réalisation et du magazine 13h15

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