lundi 19 février 2018


Une noisette, un livre,

 

L’Attrape-souci

Catherine Faye


 


Pobrecito Lucien, eres tan cariñoso… y valioso !

De mystérieuses petites boites jaunes dans une librairie de Buenos Aires. Selon une légende, si on confie ses soucis aux petites poupées qui sont à l’intérieur, ils s’envolent… Seulement, au moment ou Lucien ou Lucio hésite pour choisir c’est sa mère qui s’envole… Lui, l’enfant de Passy va devenir un gamin des rues.

Errance, rencontres, il va braver tous les dangers et faire preuve d’ingéniosité pour survivre… et revivre. Car malgré sa détresse, il a encore des rêves, mais aussi des révoltes, qui vont lui permettre de puiser la force nécessaire pour affronter les obstacles et attraper ce porte-bonheur qui plane au-dessus de nos têtes.

On accompagne par la pensée le petit Lucien le long de sa quête, en tremblant, en souriant, en riant. C’est la rencontre entres différents personnages : un cartonnier, des prostituées, des bandits en herbe… d’apparence rude mais avec toujours une tendresse cachée qui sait se réveiller  Et puis un jour, c’est Arrigo qu’il croise, un jardinier travaillant pour une riche clientèle dont Adela. Car en fait, ce n’est non seulement sa mère qu’il recherche mais aussi l’amour, cet amour qui lui a tant manqué, et, l’adolescence venant il réalise qu’il va falloir se construire, lui seul, pour former sa véritable personnalité.

A travers cette course à la survie dans la capitale argentine, l’auteure sait discrètement ajouter ce qu’est la réalité d’une grande ville d’Amérique du Sud, là ou l’extrême pauvreté se heurte à la corruption de tous les instants.
Une vaste réflexion en douceur sur ces gens qui ratent le coche, qui se retrouvent du jour au lendemain dans la misère, qui devront forcer le destin dans l’indifférence quasi générale.

Catherine Faye brosse un roman en forme de conte qui nous fait espérer au miracle, du moment que l’on tend une main pour le saisir et en balayant les fantômes du passé.  A cette touchante histoire s’ajoute un invité : l’univers des plantes. Cette richesse verte qui va s’ajouter à celle du cœur, des cœurs, en direction d’un grand souffle vers la liberté, vers l’épanouissement. La vie et ses étoiles…

« Je serais incapable de dire combien d’heures, combien de jours j’ai divagué, égaré entre deux eaux. La nuit et le matin ne faisaient qu’un, l’après-midi, la fièvre montait. J’avais l’impression de me noyer, puis je remontais à la surface, balloté entre cauchemars et rêves, sommeils profonds et délires. »

« La vie continuait, je n’avais pas le choix.»

L’Attrape-souci – Catherine Faye – Editions Mazarine – Janvier 2018
 
 

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