mercredi 23 mai 2018


Une noisette, un livre

 

Sans lui

Catherine Rolland


 


Ethan et Lénaïc. Lénaïc et Ethan. Deux frères, des jumeaux. Un peu les Prométhée et Epiméthée des temps modernes, l’un plus doué que l’autre. Pourtant Lénaïc ressemble plus à Prométhée dérobant le feu…Et comme dans l’œuvre d’Eschyle, Lénaïc va entrer dans la souffrance par cette déchirure entre le passé et le présent.

Dans un village du Vercors, rien ne sera comme avant pour les Sostein après l’incendie. Lénaïc, brillant sujet, est devenu taciturne et seul son frère Ethan peut le réconforter. Mais un jour Ethan décide de partir, loin, très loin, infiniment loin. Ne resteront que Flore, l’amie d’Ethan mais très proche de Lénaïc, et, Olivier, le prêtre qui refuse qu’on l’appelle  Monsieur le Curé, peu diplomate mais bienveillant. Lénaïc, peintre et restaurateur talentueux, épris des tableaux du Caravaggio, va finir par accepter la proposition d’Olivier pour remettre à neuf la fresque d’une chapelle oubliée. Peu de temps après, surgit Madeleine, une belle jeune femme qui semble bien connaître Lénaïc et qui pourtant ne l’a jamais vu.

Catherine Rolland, avec sa dextérité scripturale habituelle, signe un roman psychologique à la fois troublant et captivant autour de la question du double, du rapport à l’autre, l’autre et son miroir, l’autre et son image, l’autre soi-même.
Un récit proche du fantastique dans le massif montagneux des Préalpes et où le spectre de la folie se dessine, se promène, parlant à une ombre… à l’instar de Dinorah dans ‘Le pardon de Ploërmel » de Meyerbeer :

« Ombre légère qui suis mes pas
Ne t’en va pas, non, non, non
Fée ou chimère qui m’est si chère
Ne t’en vas pas, non, non, non
Courons ensemble, j’ai peur, je tremble
Quand tu t’en vas loin de moi
Alors ne t’en va pas, ne t’en va pas ».

Sans lui – Catherine Rolland – Editions Mon village – Octobre 2016

En remerciant Joëlle pour le prêt de ce livre
 
 

Aucun commentaire: