mercredi 20 avril 2016


Une noisette, un film

 

"Médecin de campagne"

 


Descendre de son "Acer Saccharinum" ensoleillé pour aller senfermer dans une salle obscure peut paraître légèrement absurde. Pourtant, immense était la motivation pour aller découvrir « Médecin de Campagne » de Thomas Lilti avec toutefois un sacré pincement au cœur quaucun cardiologue naurait pu détecter.

Davance, je savais que je ne pourrais retenir mes larmes tant les souvenirs allaient jaillir de lencéphale. Et encore plus que prévu, linterprétation remarquable de François Cluzet et Marianne Denicourt allant bien au-delà de la fiction. On y croit tout simplement et ce malgré quelques invraisemblances du scénario.

Médecin de campagne, un sacerdoce pendant des décennies. Un métier pas comme les autres mais qui hélas disparaît progressivement. Car si le toubib de la fiction représente à la perfection le travail sans relâche dun "réparateur des corps et des âmes", cest celui dun autre temps, dune autre époque. Le 115 a remplacé le téléphone du domicile, les visites sont de plus en plus rares et le temps consacré au patient sest considérablement réduit. Un élément de la société a vécu, un autre sest imposé.

Film hommage, film comme un cri dalarme pour sensibiliser lopinion et les autorités afin que puisse encore exister cet esprit humain face à la maladie. Malgré le manque de moyens, avant cétait possible. Pourquoi est-ce différent aujourdhui ?

Chère médecine qui continue à faire des miracles. Mais comment ne pas être nostalgique de ce médecin dautrefois ? le cabinet était au domicile, le téléphone sonnait à nimporte quelle heure du jour et de la nuit, le conjoint participait à réconforter les patients (et pourtant le statut de « conjoint collaborateur » nexistait pas) , les urgences étaient pratiquées nimporte avec les moyens du bord, où l’examen clinique et le dialogue étaient les valeurs sûres d’un diagnostic, lon ne comptait pas ses heures, lon ne se plaignait pas car la fatigue était diminuée à chaque douleur effacée. La liste est longue dans la mémoire...

Merci à Thomas Lilti pour avoir su recréer en 92 minutes latmosphère et le ressenti dun homme, dune femme, qui ne peuvent revêtir une carapace hermétique à la souffrance des autres. Médecin qui sera lui aussi confronté à la maladie.

Un film à voir, à revoir même, vous ne pourrez quêtre touchés par cette histoire qui soigne.

Et sur un plan strictement personnel, un long-métrage qui me motive encore davantage pour écrire lhistoire dun homme qui a consacré toute sa vie à la médecine et qui tombera dans la dépression à force de ne pouvoir tout résoudre mais aussi faute de reconnaissance après tant de sacrifices...


Médecin de campagne2016 – Réalisation : Thomas LiltiAvec François Cluzet, Marianne Denicourt, Isabelle Sadoyan, Félix Moati.

Aucun commentaire: