dimanche 20 septembre 2015


Une noisette, une interview



Donna McWilliam, une lady qui a du chien !




Rencontrer des gens est toujours une riche expérience, et même encore plus quand une personne a quelque chose à nous apprendre. Aujourd’hui, petite discussion avec Donna, une amie à la positive attitude qui nous montre qu’il ne faut jamais baisser les bras mais toujours aller de l’avant !


1 – Pour que chacun puisse te connaître, peux-tu nous parler de ton parcours, de ton doctorat jusqu’à ton activité actuelle de dog-sitter ?
Merci Squirelito. Je vais essayer de résumer au mieux ce chemin pour toi et tes lecteurs. J’ai effectué une recherche sur le développement social et cognitif sur des enfants de 3-4 ans pour ma thèse à la Faculté de Psychologie de l’Université de Strathclyde (Glasgow) et j’ai reçu mon Doctorat en l’an 2000. J’ai fait ensuite d’autres recherches avec des enfants plus âgés, j’ai écrit et co-écrit des articles et enseigné dans cette matière en pensant faire cela ma vie entière.

A 41 ans, en 2003, je suis allée voir un médecin pour une grosseur au sein mais il m’a rassurée en me disant que ce n’était qu’un kyste. Mais diverses altérations physiques m’ont fait revenir chez le praticien en 2004 et j’ai alors passé une mammographie avec biopsie à l’hôpital. Je souffrais d’un cancer du sein et à cause du retard de diagnostic la tumeur était proche de la paroi thoracique. Ce qui a conduit à un traitement très lourd de 10 mois : chimiothérapie, mastectomie et radiothérapie, suivies de contrôles réguliers, le 10° étant prévu en octobre prochain.

Lorsque j’ai retrouvé des forces après des soins aussi intensifs, j’ai commencé à travailler comme gestionnaire de données pour les essais en oncologie clinique. Bien que ce poste valait la peine, son contenu pouvait me stresser étant donné mon passé de patient cancéreux. C’est à ce moment là que j’ai pensé qu’il fallait que je trouve quelque chose qui soit bénéfique pour mon corps et mon esprit. En 2013 je créais le "Donna’s Dog Walking Service" et je n’ai aucun regret.

2 – Ce combat contre le cancer du sein a été évidemment une période très difficile. Quelles ont été tes préoccupations médicales , quels ont été tes craintes, tes espoirs ?
Pour beaucoup de personnes, moi compris, la première réaction est d’être sous le choc ou en phase d’incrédulité. Ensuite, on s’inquiète pour sa famille, pour son travail, avant de réaliser qu’avant tout c’est sa santé qui est en jeu. Au début de ma carrière, j’ai travaillé comme technicienne pathologique, par conséquent, je savais assez bien ce que signifie un diagnostic et ses implications. Je pouvais aussi prendre des informations sur Internet mais j’avais peur de les lire et une erreur d’interprétation est facile. J’ai trouvé que l’équipe médicale était un peu trop avare en informations (quoique pour être honnête, le cancer étant imprévisible il est préférable de ne pas s’avancer) pour une personne comme moi (ce n’est pas le cas de tout le monde) qui désirait en savoir le plus possible.

Ma grande peur était le risque de métastases mais les ganglions lymphatiques sont redevenus sains ce qui a été un grand soulagement. Puis, mon bras commençant à gonfler je m’inquiétais d’un possible lymphœdème si les ganglions étaient enlevés, mais à nouveau j’ai eu de la chance.

Par crainte des piqûres je refuse de voyager dans des pays où une vaccination est exigée, on peut donc imaginer que les prises de sang et le processus de chimiothérapie ont été des épreuves constantes. Cependant on sait cacher ses craintes pour que vos proches ne s’inquiètent pas outre mesure.

J’espère dorénavant qu’il n’y aura pas de rechute ou de développement d’une autre forme de cancer provoqué par les traitements agressifs. L’autre désir est de pouvoir revivre normalement sans avoir le cancer comme épée de Damoclès.

3 – Que voudrais-tu dire pour les autres patients et/ou pour les personnes qui doivent faire face à l’adversité ?
L’une des choses les plus importantes est de croire en ses propres intuitions. Chacun réagit différemment face à un diagnostic, un traitement ou l’adversité. Il est évidemment vital d’écouter les conseils médicaux mais faire aussi ce que l’on sent salutaire pour soi-même, que ce soit pour l’alimentation, le repos, l’espace personnel, le dialogue, etc. faire avec les remous et si le besoin de pleurer sonne à votre porte, ne pas hésiter et ce sans aucun sentiment de culpabilité ou de faiblesse. La maladie ronge énormément la force et l’énergie qui sont en vous, donc, ne pas trouver étrange d’être triste, en colère ou impuissant envers soi-même ou les autres. Je pensais catégoriquement que le moins je demandais, le plus rapidement et facilement la guérison viendrait.

4 – Malgré tous les obstacles rencontrés sur ton parcours, quelle est ta motivation pour continuer encore et toujours ?
Comme pour beaucoup, je crois que l’on est motivé pour aller de l’avant grâce à sa famille et tout particulièrement si on a des enfants. J’ai eu également une grande chance : celle d’avoir un traitement qui a donné un résultat et donc d’avoir une nouvelle opportunité. Réaliser combien la vie est courte et fragile est un formidable tremplin de motivation pour réévaluer ce qui est important et vous aider à faire pour le mieux.

5 – La lutte pour la vie n’est pas réservée à l’homme mais à toutes les espèces vivantes ?
Absolument. J’adore les animaux et j’estime qu’ils sont trop souvent maltraités par la supposée race supérieure : l’homme. Je crois que nous avons beaucoup de choses positives à apprendre des animaux et de leur comportement.

6 – Tu as une passion pour les animaux, quels sont tes combats dans ce domaine ?
Ma famille a toujours beaucoup aimé les chiens et j’ai aidé mes parents à gérer les suivis de sauvetages et d’adoptions du club écossais du bobtail (Old English Sheepdogs). Il y a des années, nous en avions pris deux avec nous. J’ai signé énormément de pétitions, donné à des associations pour que cessent les corridas, les combats de chiens et de coqs, la destruction des ours et des blaireaux, la chasse au renard, l’élevage en batterie. J’apporte mon soutien pour des refuges, dans mon pays ou à l’étranger, non seulement pour les chiens mais aussi pour les ânes, les chevaux, les animaux de ferme, etc. La liste pourrait s’allonger mais ça vous donne une idée combien l’animal a une place dans mon cœur. J’admire considérablement les hommes et les femmes qui aident directement les animaux en détresse. Je pense également que si chacun de nous peut apporter une petite part, infinitésimale soit-elle, de nombreuses vies animales pourraient être améliorées.

7 – Depuis quelques années ton travail est auprès des chiens. Une fois, tu m’as déclaré que tu ne serais jamais riche mais que tu faisais ce qu’il te plaisait vivant auprès de la nature avec exercice au grand air. Hélas, beaucoup sont loin de penser ainsi dans un monde où l’argent domine ?
Malheureusement, je suis d’accord. Gagner de l’argent n’est pas négatif puisque l’on peut réaliser de belles choses avec. Dans notre société matérialiste, les gens pensent qu’ils méritent d’avoir beaucoup d’argent parce qu’ils travaillent dur et je peux comprendre cela. Cependant, ce serait tellement beau si ceux qui en ont un peu plus puissent en donner à ceux qui en ont un peu moins. Je ne peux parler pour quelqu’un d’autre mais je sais combien je suis heureuse de travailler désormais dans l’univers canin même si ma rémunération est bien moins importante que pour mes précédentes activités.

8 – Nous nous sommes rencontrées via la Fondation José Carreras créée il y a 27 ans. Quelques mots à propos de la lutte contre la leucémie ?
La lecture de l’autobiographie de José Carreras (1) m’a profondément touchée et j’ai été stupéfaite par le processus du traitement et sa guérison de la leucémie. Ayant travaillé pour des essais cliniques, j’ai pu découvrir la complexité de ces maladies hématologiques et combien il était difficile de les soigner. Il est clair que continuer la recherche est nécessaire pour trouver le traitement le plus adéquat et le moins agressif possible. C’est magnifique de voir les progrès qui ont été faits depuis des années et tout particulièrement pour les cas pédiatriques.

9 – La positive attitude est le chemin de la réussite même si tout apparaît négatif ?
Une bonne question avec réponse complexe. C’est assez fréquent, même au sein des équipes médicales, d’employer des phrases telles que "soyez positif" ou "vous devez lutter" quand on parle de la maladie, mais, pour être honnête cela me met mal à l’aise. J’ai connu des personnes qui ont lutté de toutes leurs forces avec un esprit combatif et pourtant elles ont succombé à ce qui les rongeait. La difficulté que j’ai avec ces expressions est qu’elles se focalisent plus sur comment doit réagir le patient plutôt que sur l’évolution de la maladie. La triste réalité est que pour certaines formes de cancer, il n’y a pas d’espoir de guérison.

Cependant, je crois sincèrement que dans certaines circonstances, c’est une aide pour le malade et pour ses proches, permettant de mieux faire face au diagnostic, traitements et effets secondaires. Des études montrent que pratiquer de l’exercice physique modéré après un cancer du sein, améliore l’humeur et favorise la guérison. Une autre étude révèle que des sensations positives/joyeuses développent un processus chimique qui renforce le système immunitaire et donc aide à lutter contre les infections, fréquentes lors des protocoles de chimiothérapie.

D’un point de vue personnel, il me semblait mieux affronter ma maladie lorsque j’étais positive et j’essaie toujours d’être la plus motivée possible quand tout ne va pas comme sur des roulettes.

10 – Et pour terminer, un petit quizz pour en savoir un peu plus sur toi...
  • Un roman : Dissolution de CJ Sansom
  • Un personnage : Marie Curie et pour la fiction, Sherlock Holmes
  • Une écrivaine/Un écrivain : Agatha Christie
  • Une musique : Le Canon de Pachelbel ou "Jésus que me joie demeure" de Bach
  • Un film : Slumdog Millionaire
  • Une peinture : Tout Rembrandt
  • Un animal : Le chien, peu importe la taille, l’aspect, la personnalité, tous !
  • Un dessert : Gâteau à la crème et aux mandarines
  • Une devise/Une citation : "Dans le milieu de la difficulté se trouve l’opportunité" Albert Einstein
- Merci beaucoup à toi Squirelito et à tes lecteurs de m’offrir l’opportunité d’exprimer quelques sentiments qui me tiennent tant à cœur.

- Merci beaucoup Donna, et bonne promenade avec tes chiens ! https://www.facebook.com/donnasdogwalks

(1) Cantar con el alma – Singing with his soul – Chanter avec son âme – Josep Carreras, aubiographie, 1989


Version originale en anglais




A nut, an interview

 
Donna McWilliam, a dogged lady !



Meeting people is always a rich experience and even more when a person has something to teach us. Today’s, little talk with Donna, a friend with a positive outlook who shows us that we never have to give up but rather to go on instead!


1 – Firstly, so that anyone can get to know a little bit about you, could you, please, tell us about your road, from Ph D to your present job with the dogs ?
Thank you Squirelito. I will do my best to summarise this path for you and your readers. I did research into 3-4 year old childrens’ social and cognitive development for my thesis in the Psychology Department at Strathclyde University, Glasgow and was awarded my Doctorate in 2000. I did further research with older children, wrote or co- authored journal articles and taught in the department and believed this was my future.

In 2003, aged 41, I attended the local doctor with a breast lump- I was told it was probably just a cyst and to stop worrying. Further changes made me return to the doctor in 2004 and I was sent to the hospital for mammogram and biopsy. These showed I had breast cancer and the tumour was close to the chest wall due to the delay in diagnosis. This meant I had chemotherapy first to try and shrink it then a radical mastectomy followed by radiotherapy. This took about 10 months in total and has been followed by regular examinations- my 10th one due in October this year.

When I’d recovered sufficiently from the intensive treatment, I began work as a data manager in oncology clinical trials. Although a very worthwhile job, the contents of the case notes could be distressing especially given my cancer history. It was then that I thought of doing something that would be healthy to both mind and body and I started "Donna’s Dog Walking Service" in April 2013 and have no regrets.


2 – This fight agaisnt breast cancer was obviously a very difficult perio. What were you medical concerns ? What were your fears, your hopes ?
I think for many people, myself included, the first feeling is one of shock or disbelief. Then you start worrying about how it will affect your family and your work before starting to realise what it actually means in terms of your own short and long term health. Many years ago I worked as a pathology technician so I understood quite a lot about the diagnosis and implications. There was also a lot of information on the internet but that could be quite easy to misinterpret and was often frightening to read. I found that the medical staff were reluctant to tell you too much ( though to be fair cancer can be unpredictable so they don’t like to give definite outcomes) – I always wanted to know as much as possible but I quickly realised that not everyone did. 

 On diagnosis my greatest fear was that it had spread outside the breast but my lymph nodes came back clear which was a great relief. Then I worried that if my nodes were removed that I ‘d suffer lymphodeama, my arm swelling up but, again, I’ve been very fortunate.

As someone who won’t travel to countries where inoculations are required because I’m scared of injections, getting through the blood tests and administration of chemotherapy was always a trial but one hides many of the fears so as not to further upset those close to you.

Personally my hope is that there is no recurrence of the original cancer or a development of new cancers caused by the powerful treatment. Further hopes include trying to get back to a normal life where the spectre of cancer is not hanging over it.


3- What would you like to say to the other patients and/or for people fighting against adversity ?
I think one of the most important things is to trust your own instincts. Everyone deals with diagnosis, treatment or adversity differently. Obviously it is crucial to listen to medical advice but do what feels right for you regarding food, rest, personal space, communication etc. Try to go with the flow and if you need to cry, do so without feeling guilty or weak. Illness and disease sap a lot of energy and strength so it’s not unusual to become depressed, angry or frustrated with self or others. I definitely found the less demanding I was of myself, the smoother and quicker the recovery.

4 – Despite all the difficulties you have met in your road, what is your motivation for going on, again and again ?
Like many others, I believe people are motivated to go on by their family, especially if they have children. I also felt very fortunate that the outcome of my treatment was good and that I had another chance at life. Realising how short and fragile life can be is a great motivator for reassessing what is important and helps one make changes for the better.

5 – The fight for life is not only for the humans, but also for all the animals ?
Absolutely. I love animals and feel that they often get treated badly by the supposedly ‘superior’ human race. I believe we could learn a lot of positive things from animals and their behaviour.

6- You are a true anima-lover, what are your fights in this field ?
My family have always loved dogs and I helped my parents run the rescue and rehoming service for Old English Sheepdogs in Scotland and we took two in to live with us, years apart. I have signed many petitions and/or donated for animal causes including against bull, dog and cockerel fighting, bear baiting, fox hunting, badger culling, battery hens. I also support sanctuaries at home and abroad, not only for dogs but donkeys, horses and farm animals etc. The list could go on but hopefully that gives you an idea of what animals mean to me. I hugely admire those who work directly to help animals in need or distress but I also think that if everyone helped in even a small way, many more animal lives could be improved.

7 – Your work for few years involves pet care and dog walking. You told me once that you would never be rich but that you were doing something you enjoyed and getting plrnty of fresh air, exercise and being in touch with nature. Unfortunately, many people do not think like you in a money-orientated world ?
Unfortunately, I agree. I don’t think having money itself is a bad thing as you could choose to do a lot of good with it. In our materialistic society people may feel they deserve lots of money because they have worked hard for it and I can understand that viewpoint. However it would be nice if all of us who had a little more could give to those who have less. I can’t speak for anyone else but I know I’m happier now working with people’s pets even though I don’t earn as much as in previous jobs.

8 – We got to know each other through the José Carreras’s Foundation which was created 27 years ago. Can you say a few words words about the fight agaisnt leukaemia ?
I remember reading Jose Carreras’s autobiography and being touched and amazed by his treatment and remission from leukaemia. Having worked in clinical trials I saw how complex these blood cancers were and how difficult they were to treat. Obviously continued research is necessary to find the most effective, least damaging treatments possible and it’s great to see that there has been many advances over the years especially in relation to children’s leukaemia.

9- Does a positive mental attitude help even when all seems negative ?

A good question with no easy answer. It is very common, even amongst some medical staff, to use phrases like "be positive" or "you need to fight" when talking about cancer but, to be honest, this makes me feel a bit uneasy. I knew several people who fought hard and were positive and hopeful but still succumbed to the disease. The problem I have with such terms is that it focuses more on how a person deals with their illness rather than on the stage or aggressiveness of the disease. The sad fact is that for some types/stages of cancer, there is no hope of recovery.
 
However, I do believe that in some circumstances it can help the patient and their family cope better with the diagnosis, treatment and after effects. Studies found that taking moderate exercise after breast cancer enhances mood and aids recovery time. Other research has shown that positive/happy feelings release chemicals which can make the immune system stronger so helps fight bacterial infection common with chemotherapy.
 
From a personal point of view, I seemed to cope better with my illness when I was more positive and I still try to be as positive as I can today when things aren’t going smoothly.

10 – The last but not least, little quizz to learn a little more on you...
  • A novel  : Dissolution by C.J. Sansom
  • A character  : Real person would be Marie Curie and fictional character Sherlock Holmes
  • A writer  : Agatha Christie
  • A music  : Pachelbel’s Canon or Bach’s Jesu of Man’s Desiring
  • A movie  : Slumdog Millionaire
  • A painting  : Anything by Rembrandt
  • An animal  : Dogs...all shapes, sizes and personalities
  • A dessert  : Fresh cream mandarin cake
  • A quote/motto  : "In the middle of difficulty lies opportunity" Albert Einstein

- Many thanks to you and all your readers Squirelito for giving me the opportunity of expressing some thoughts that have a lot of meaning for me.

- Thanks so much Donna and now have a good walk with your dogs ! https://www.facebook.com/donnasdogwalks



 




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