Souvenirs d'un médecin d'autrefois

vendredi 21 novembre 2014

Une noisette, une interview

 

Karim Hacène

"Lisez et informez-vous"

 



 
 
De France Inter à France Info et Sud Radio et surtout 16 ans passés à Europe 1, le parcours de Karim Hacène est celui d'un journaliste passionné, d'un homme de radio, complété par quelques années de télévision, histoire de comprendre que la télé ce n'est pas de la radio avec des images en plus. Service politique, police-justice, reportage, réalisation de documentaires,  présentation, rédaction en chef, chaque expérience est enrichissante. Il y a 1 an 1/2, Karim Hacène et son ami  Philippe Gault décident de lancer sur Twitter le compte @Infos140, fil d'information en continu, avec un mode de fonctionnement proche de celui d'agence de  presse. Mais depuis le 18 novembre la TL est muette...

1 - Infos140, une belle aventure, comment est-elle née ? Elle est née des retrouvailles entre deux amis, Philippe Gault et moi-même. Nous nous étions connus à Europe 1 fin des années 80. Le 6 mai 2013 (aucune relation avec l’élection présidentielle du 6 mai 2012 comme certains le pensent) nous avons décidé d’ouvrir un compte commun sur Twitter dans le but de créer, par la suite, une agence.  Après quelques essais encourageants, nous nous sommes lancés. Le succès a été rapide. D'abord parce qu'avec @Infos140, pas besoin d'être abonné à des dizaines de comptes pour être informé. Nous offrions une large vision de l'actualité de la journée. Ça commençait très naturellement par un "bonjour", la fête du jour ou la journée mondiale, parfois un agenda (notamment sur @Infos140sport, filiale spécialisée), des unes de la presse quotidienne nationale et régionale, les unes des hebdomadaires (y compris satiriques mais pas people). Il y a des rendez-vous que nous avions lancés mais que nous avons supprimés au bout d'un an, car à deux, ça devenait difficile. Par exemple les "Verbatweets" (mot inventé), contraction de verbatim  et tweet. Chaque matin, mais aussi le dimanche, nos abonnés avaient les petites phrases des femmes et hommes politiques invités des radios et télévision. De même nous rapportions les réponses des ministres lors des séances de questions au gouvernement du mardi et du mercredi.

2 - Combien étiez-vous ?
Deux, je vous l'ai dit. Ça étonne les professionnels, mais nous n'étions que 2 journalistes avec un peu d'expérience (30 ans pour Philippe et 25 pour moi). Pour alimenter @Infos140sports, nous avions trouvé quelqu'un de précieux, Adrien, qui a dû nous quitter faute de temps. C'est ce qui nous a obligé à fermer le fil sportif l'été dernier.

3 - Où trouviez-vous les infos ?
À deux seulement, derrière nos écrans et sans moyens financiers, vous l'aurez compris, nous n'avions pas de reporter sur le terrain. En revanche, des twittos journalistes ou identifiés comme fiables devenaient autant de sources. Et des sources (environ 1800) nous en avions sur les 5 continents. Avec les traducteurs automatiques, on peut avoir des sources qui écrivent en russe, mandarin arabe ou hébreux. La règle d'or étant de vérifier et recouper une info, avoir plusieurs sources avant de la livrer (sauf si elle émane d'une source officielle, que nous précisons).

4 - Mais il y a déjà des agences dont c'est le cœur de métier... ?
Oui, bien sûr, c'est le cas de l'AFP (l'Agence France Presse), la britannique Reuters ou l'américaine AP (Associated Press). Ces agences ont des milliers de journalistes à travers le monde et informent d'autres journalistes, pas directement le grand public. Leurs clients sont les journaux, les radios , les TV, les administrations etc... Et leurs tarifs sont prohibitifs (en fonction de l'audience, nombre de lecteurs, plusieurs centaines de milliers d'euros).
Mais quelques fois (accident ferroviaire de Saint-Jacques de Compostelle en juillet 2013 ou tir de missile sur le vol MH17 en Ukraine le 17 juillet 2014) nous avons diffusé la bonne information avec une avance de 30 mn à 2 heures sur les agences mondiales et donc sur les radios, télévisions et journaux. Des journalistes reconnus se sont abonnés en masse et ont utilisé @Infos140 comme un outil de travail.

5 - A quelles difficultés avez vous été confrontés ?
Nous sommes humains donc, par définition, pas surhumains. Diffuser 120 à 200 tweets/dépêches par jour, c'est beaucoup de travail. Sur pratiquement tous les sites d'info, le gros du travail est assuré par un robot connecté à l'AFP ou à Reuters. Chez nous ce n'est pas le cas. Ce travail requiert une grande attention, donc une fatigue intellectuelle. Parfois, les alertes (sur nos sources)  nous réveillaient la nuit. 14 heures de travail, 7 jours sur 7, au bout d'un an et demi, ça laisse des traces quand on n'a plus beaucoup de temps à consacrer au reste et que la perspective de gagner sa vie et de créer des emplois s'éloigne. Car notre but était de commercialiser @Infos140 (nous avons des idées) et de créer une véritable rédaction. Si un investisseur nous lit, il peut toujours nous contacter...

6 - A qui s'adresse Infos140 ?
À tout le monde, car l'information, l'actualité, cela concerne tout le monde. Les décideurs bien sûr, et parmi nos 25.800 abonnés ils sont nombreux (chefs d'entreprises, élus politiques et syndicaux de tout bord, ministères, collectivités locales, associations, journalistes...). Mais pas seulement les décideurs. Infos140 ne s'adresse pas qu'aux élites. L'information, le droit à l'information plus exactement, est l'un des éléments constitutifs d'une démocratie. L'Histoire est pleine de dictatures qui contrôlaient les peuples en déversant des flots de propagande (Allemagne nazie, régime de Vichy, URSS, Chine populaire, Corée du Nord...). Être informé est important, cela permet de comprendre le monde dans lequel on vit, mais aussi par exemple, exercer son droit de vote en connaissance de cause. Nous ne militons pour aucun parti politique, nous militons pour l'information. Souvent elle n'est ni blanche ni noire, mais grise. Le binaire serait trop simple. Parfois, dans les commentaires, on nous accusait d'être de droite. Puis le lendemain nous étions de gauche. Nous ne sommes pas là pour satisfaire des militants, leur donner à lire ce qu'ils attendent, du prêt à ingurgiter. Nous donnons une vérité à un instant T. Cette vérité peut évoluer à T + 1. Certains ne le comprennent pas. Autre exemple, le conflit israélo-arabe. Ceux qui nous féliciteront un jour, nous insulteront le lendemain. Les mêmes. Parce que nous, nous sommes journalistes, pas partisans d'un camp ou l'autre.
À propos des commentaires, j'aimerais préciser que l'insulte est devenue monnaie courante sur Twitter. Les commentaires sont appréciés, qu'ils soient d'adhésion ou contradictoires. Mais les insultes, le manque de respect envers les autres et bien sûr le racisme, l'antisémitisme, la provocation, les messages homophobes entrainent le blocage immédiat. Et le manque de respect c'est aussi l'emploi de mots comme "journaleux". S'ils ne comprennent pas la sanction, c'est qu'ils ont reçu une mauvaise éducation.

7 - Au début de chacun de vos tweets, il y avait une pastille bleue ou rouge, parfois noire, (⚫️⚫️⚫️) quelle signification ?
Très simple: le bleu pour les unes de la presse, les agendas, "verbatweets" et les infos pas très importantes. Nous nous sommes consacrés aux informations que nous jugions importantes. Précédés d'un point rouge donc. Encore plus important, un point rouge et la mention "urgent". On nous a souvent demandé ce qu'il y avait d'urgent ? Ça n'a aucun rapport, c'est un code universel d'agence qui signifie que c'est important. Au dessus de l'urgent il y a "alerte" et encore au dessus "flash". En 25 ans de métier j'ai dû voir une dizaine de "flash" comme le décès d'un pape ou d'un président de la République. En général, dans un "flash", il y a 2 mots. Je me souviens du 8 janvier 1996: FLASH Mitterrand décès. C'est brutal, mais c'est ça un Flash. Autrefois l'Alerte s'appelait Bulletin. "Urgent", il y en a des dizaines par jour. La pastille noire, en toute logique, pour les décès.  

8 - Respecter les 140 caractères a-t-il été un souci pour vous ?
Philippe et moi avons été formés à la radio. La règle d'or de ce média c'est: sujet, verbe, complément. Des phrases courtes. L'autre caractéristique et avantage par rapport à la télé (avant les chaines d'info), c'est la rapidité, la spontanéité de la radio. Faute d'image il faut aussi savoir décrire, accrocher l'auditeur. Mais parfois, c'est vrai, avoir un ou deux caractères de plus serait plus confortable. On est obligé de jouer sur la ponctuation. Dommage car la ponctuation peut changer totalement le sens d'une phrase. Comme l'intonation d'ailleurs. Si nous avions pu lancer notre application Infos140, nous aurions pu publier avec ce confort, en restant dans un format proche des 140 caractères. C'est d'ailleurs l'explication du nom d'Infos140.

9 - Beaucoup d'internautes étaient déjà très attachés à votre fil d'information. 25800 abonnés, un beau chiffre. Pourquoi cet arrêt soudain ?
Dans la vie il faut faire des choix. Mon associé dans cette aventure a eu une opportunité. J'aurais sans doute fait la même chose si j'avais eu cette chance. Impossible de continuer seul. Je cherche donc une rédaction intéressée par mon profil. Ces 17 mois m'on appris beaucoup de choses sur le plan professionnel et j'aimerais apporter cette expérience, cet atout supplémentaire.

10 - Infos140 c'est vraiment terminé ?
Il ne faut jamais dire jamais. Si des partenaires, des investisseurs sont intéressés par le projet, ils peuvent bien sûr nous contacter.

11 - Le pluralisme de l'information est-il important dans une démocratie ?
Oui, par définition. En France, la presse a toujours été diversifiée et encore plus après la Libération. Pour la radio, c'était aussi le cas avant la guerre. Pour des raisons historiques un monopole d'État a vu le jour pour la radio et la télévision après la guerre. Il y avait bien des radios périphériques (RTL, Europe 1, RMC et Sud Radio) mais elle étaient contrôlées par l'État. Il a fallu  attendre le début des années 80 pour avoir accès à des radios, puis des télévisions privées. La concurrence a toujours du bon, elle permet l'émulation, la création, le choix tout simplement. C'est important de pouvoir choisir. Certains pays n’ont pas encore cette chance comme la Chine ou Cuba, pour ne citer qu’eux. L’information est nécessaire au bon fonctionnement de la démocratie. Les anglo-saxons sont peut être plus rigoureux parce qu'ils séparent l'information brute du commentaire et de l'éditorial. En France, certains disent qu'on est "surinformé". On n'est jamais trop informé. Je préfère le "plus" au "moins". Et on peut toujours tourner le bouton.

12 - Le traditionnel questionnaire impersonnel...pour mieux vous connaître

Un roman : Des souris et des hommes

Un personnage : plutôt deux, différents et complémentaires, Charles De Gaulle et Jean Moulin

Un(e) écrivain(e) : Alexandre Dumas

Une musique : Carmina Burana de Carl Orff

Un film : Si tous les gars du monde de Christian Jaque, un chef-d’œuvre humaniste qui parle aussi de radio

Une peinture : Le radeau de la méduse de Théodore Géricault

Un animal : Un écureuil, bien sûr. Vous m'offrez une noisette ?

Une devise/citation : Liberté, Egalité, Fraternité. C'est la plus belle.

13 - avez-vous un message à faire passer ?
Les gens veulent tout gratuitement. C’est le cas pour la musique ou les films et c’est non seulement une catastrophe pour l’économie mais aussi pour la diversité, l’offre et la création. Il en est de même pour la presse. J’ai peur de voir ce secteur disparaître par manque d’intérêt, par manque de moyens. Alors, un message, oui j’en ai un : lisez et informez-vous !


Merci beaucoup Karim Hacène pour cette interview, je vous souhaite toute la réussite possible pour l’avenir et pour les personnes souhaitant vous contacter ou vous follower, votre compte Twitter est @KarimHacene

 

dimanche 9 novembre 2014


Une noisette, une humeur

 

La vérité, toute la vérité, rien que la vérité ?




La pensée d’Aristote va être de plus en plus difficile à comprendre suite à l’épisode politico-pinocchiesque de ce week-end : "Dire de ce qui est que cela est, et dire de ce qui n’est pas que cela n’est pas, c’est dire la vérité" Et je n’ai même pas deux heures pour rendre la copie à ces chimères qui nous entourent.

Ou alors pour mieux appréhender le problème, mieux vaut peut-être faire appel à Bacchus et ainsi "In vino veritas" reprendra toute sa splendeur... avec quand même le risque d’une sacrée bacchanale que même Saint-Saëns n’aurait pu imaginer, quoique les forces politiciennes risquent de s’effondrer comme les colonnes d’un temple des illusions perdues.

Perdues, voire enfouies car pratiquement pas une semaine où n’éclate une nouvelle affaire d’Etat sous fond de rivalité, d’envie de pouvoir et bien plus encore. La ciguë n’étant plus l’arme utilisée, il faut trouver d’autres poisons pour envenimer la société toute entière. Mensonges, trahisons, calomnies, les recettes sont diverses et renouvelées pour que la saveur de la rumeur et du tumulte ne faiblisse pas.

Seul lot de consolation, une possible croissance spectaculaire sur la fabrication et la distribution de boules puantes en espérant qu’une brise marine ne soit pas là pour la dissiper...

En attendant, je vous laisse à une méditation avec Don Basilio !
 
 
 
La calunnia è un venticelloUn’auretta assai gentile
Che insensibile, sottile,
Leggermente, dolcemente,
Incomincia, incomincia a sussurrar.
Piano, piano, terra terra,
Sottovoce, sibilando,
Va scorrendo, va scorrendo Va ronzando, va ronzandoNell’orecchie della gente S’introduce, s'introduce destramente E le teste ed i cervelli Fa stordire e fa gonfiar. Dalla bocca fuori uscendo lo schiamazzo va crescendo, Prende forza a poco a poco, Vola già di loco in loco, Sembra il tuono, la tempesta Che nel sen della foresta Va fischiando, brontolando, E ti fa d’orror gelar. Alla fin trabocca e scoppia, si propaga, si raddoppia, E produce un’esplosione Come un colpo di cannone, Come un colpo di cannone, Un tremuoto, un temporale, Un tumulto generale Che fa l’aria rimbombar. E il meschino calunniato, Avvilito, calpestato, Sotto il pubblico flagello, Per gran sorte va a crepar.
 
**********

La calomnie est un petit vent Une petite brise très gentille
Qui, imperceptible, subtile,
Légèrement, doucement,
Commence, commence à murmurer.
Piano, piano
, terre à terre, À voix basse, en sifflant,
Elle glisse, elle glisse
Elle rôde, elle rôde
Dans l'oreille des gens
Elle s'introduit, s'introduit adroitement
Et les têtes et les cervelles
Étourdit et fait gonfler.
En sortant de la bouche
Le tapage va croissant,
Il prend force peu à peu,
Vole déjà de lieu en lieu,
Il ressemble au tonnerre, à la tempête
Qui au cœur de la forêt
Va sifflant, grondant,
Et vous glace d'horreur.
À la fin elle déborde et éclate, se propage, redouble,
Et produit une explosion
Comme un coup de canon,
Comme un coup de canon,
Un séisme, un orage,
Un tumulte général
Qui fait retentir l'air.
Et le pauvre calomnié,
Humilié, piétiné
Sous le fléau public,
Par grand malheur s'en va crever.
 













samedi 8 novembre 2014


Une noisette, une histoire

 
 

Le train de l’edelweiss

 
 
 

Suite aux nombreux témoignages reçus de patients atteints de leucémie, j’avais écrit cette histoire. Pour leur apporter du courage, pour sensibiliser les personnes au don de moelle osseuse et saluer le travail des équipes médicales. C’était en 2005. Mais rien n’a changé dans cette lutte contre la maladie même si la recherche scientifique ne cesse d’apporter de nouveaux traitements prometteurs avec de très belles réussites. J’ai donc finalement décidé d’en faire une traduction suite à mon texte original en espagnol, en le dédiant à la mémoire de Sonia et Alex.


Un jour quand une personne apprend qu’elle est atteinte de leucémie, tout paraît terminé, un chemin trop long, trop dur. Cependant après le combat, quand la maladie est vaincue, une nouvelle vie commence et le parcours engagé est un peu comme celui de prendre un train, au pied d’une montagne pour aller cueillir une fleur d’une beauté unique et dotée d’une résistance incroyable par les conditions climatiques : l’edelweiss.

Le train est là, en bas de la montagne qui a non seulement un aspect triste et effroyable mais aussi invincible. Mais il n’y a pas d’autre solution que de monter dans la voiture pour un voyage dont ne connaît ni la durée ni la destination, peut être le sommet pour cueillir la fleur de la nouvelle vie mais aussi le précipice. Non, non, pas le ravin, le train est sûr et toute l’équipe semble merveilleuse pour aider à atteindre ce point culminant.

Bon, on rentre dans la voiture. C’est à la fois accueillant et glacial, un peu de tout et que de monde ! On vérifie si tout est en ordre, derniers tests, les portes se ferment pour le début d’un voyage pas comme les autres.
Le train part. Les compartiments sont tous occupés, rassurant parce que l’on est tous unis pour arriver à la cime et inquiétant pour être tous dans le même état de santé. Et encore pire si l’on souffre de vertiges.

Tout paraît calme, les accompagnants sont épatants, à l’écoute de tous.

Que se passe-t-il ? Un arrêt. Pourquoi le train s’arrête ? Un danger sur la voie ? Non, c’est la première ascension, on doit ralentir. Bon, quand c’est passé, ça ne parait rien. Mais pas le temps de respirer une seconde, la seconde ascension a déjà commencée. Que c’est dur, mon dieu, que c’est dur et maintenant la nuit, si seulement l’aube pouvait vite, très vite arriver, gravir la pente de nuit est encore plus difficile. On ne voit plus rien, il fait chaud, il fait froid. Les contrôleurs viennent souvent et bien que tout soit en règle, la crainte est là, la crainte de ne pouvoir continuer et de devoir descendre du train. Mais non, à chaque fois on vous aide pour que tout aille bien.

Qu’arrive-t-il ? Où sommes-nous ? Parfois, nul ne sait où est le train et pendant quelques minutes la noirceur est plus sombre que jamais.
Mais de bonnes nouvelles parviennent, on annonce que les voitures précédentes ont atteint le sommet avec cueillette splendide, lumière et air pur.

Quoi ?? Noooooon !!!!!!!! Le train rétrograde, l’horreur avec un ravin à plus de 1500 mètres d’altitude, il ne reste plus que 500 mètres à parcourir, mais que se passe-t-il à nouveau, aidez-nous s’il vous plaît, au secours !!!

Après des jours d’angoisse, le train repart mais hélas avec un compartiment vide. Il faut nous épauler. Ce compartiment n’avait pas de protection et malgré de nombreuses recherches, aucune protection compatible n’a pu être trouvée. On renouvelle l’appel, que l’on nous encourage à atteindre le but, l’edelweiss est une fleur unique qui mérite d’être vue.

Merci, notre appel a été entendu. On raconte que des personnes sont près des voies pour transmettre nos sentiments et nous aider dans la bataille. Braves gens qui restent de nuit comme de jour à nous soutenir, à nous aider, à travailler, à répondre à nos attentes et à rassembler d’autres personnes qui ignorent encore la difficulté du trajet.

Les rayons du soleil apparaissent, la LUMIERE !!!!!! La lumière, la vraie, pas seulement cette petite lumière qui restait allumée dans le compartiment même quant tout était obscure. Maintenant, elle est grande, brillante. Le train semble voler, tout est réconfortant, tellement longtemps que cette douceur n’avait pas été ressentie.

On descend de la rame et face à notre regard : la nature grande/libre, le chant de bienvenue des oiseaux et des edelweiss. La joie est générale, tous unis, personne n’est comme avant.
Il faut rentrer chez soi, avec prudence, mais la bataille est déjà gagnée, un parcours difficile mais franchissable puisque que le train est arrivé au sommet. Mais, attention, la vigilance doit rester intacte, dans peu de temps, un autre convoi va partir avec d’autres personnes à bord...
 
© Squirelito
 
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Texte original en espagnol
 
El tren del edelweiss

Cuando un dia uno sabe que padece leucemia, parece que todo ha terminado, que el camino sera demasiado largo y duro. Pero despues de la lucha, cuando se vence la enfermedad, hay una nueva vida que comienza y el camino que se hizo es como coger un tren al pie de la montaña para recoger una flor de belleza unica y con resistencia
increible debido a las condiciones climaticas, el edelweiss.

El tren esta aqui, al pie de una montaña que no solo tiene un aspecto triste y aterrador pero tambien invecible. Pero no hay otra alternativa que entrar en un coche para un viaje donde no se sabe la duracion y que el destino puede ser la cima para recoger la flor de
la nueva vida pero tambien el barranco. No, no el barranco, el tren esta seguro y parece que hay una plantilla maravillosa para ayudar a llegar a la cima.

Pues, se entra en el coche. Esta a la vez acogedora y fria. En el interior hay de todo y mucha gente. Se verifica si todo esta listo, ultimas pruebas y las puertas se cierran para el comienzo del particular viaje.
El tren esta en marcha. Los compartimientos estan casi todos ocupados y es a la vez tranquilizador porque todos estan unidos para alcanzar la cima e inquietante porque todos estamos en el mismo estado de forma. Y aun peor si alguien tiene vertigos.

Todo parece tranquilo, los acompañantes son muy amables y a la escucha de todos.

Que pasa, hay una parada. Porque el tren para ? Hay un peligro en la via ? No, es la primera ascencion y se debe ralentizar. Bueno, Cuando ha pasado, ya parece nada. Oh, es que no hay tiempo para respirar un momento, la segunda ascencion ya ha comenzado . Hombre, comienza a ser dificil y ahora viene la noche , ojala la madrugada pudiera
aparecer muy pronto, es que una ascencion de noche es aun mas dificil ! No se ve nada, hace calor, hace frio. Los revisores vienen muchas veces y a pesar que todo esta en regla se teme, se dice que ya no se puede seguir la ascencion y se debe bajar del tren. No, cada
vez los revisores ayudan para que todo vaya bien.

Que ha pasado de nuevo ? Donde estamos ? Es que de vez en cuando ya no se sabe donde esta el tren y durante unos minutos todo parece aun mas oscuro.

Hay buenas noticias, se anuncia en el tren, que los coches precedentes ya han alcanzadas la cima y que la recoleccion de los edelweiss es magnifica, con tanto sol y aire puro.

Que pasa de nuevo ??? Ay !!!!!!!! El tren retrocede, es horrible con el barranco a mas de 1500 metros de altitud, solo quedan 500 métros para el fin del viaje !!!! Que pasa ? Ayuda, por favor !!!! Socorro !!!

Despues de dias de angustia, el tren esta de nuevo en marcha pero desgraciadamente con un compartimiento vacio. Que todos nos ayuden. En el compartimiento vacio, ya no habia proteccion y a pesar de la busqueda de otra proteccion no se ha encontrado nada compatible. De nuevo, que todos nos ayuden a ir a la cima, siempre se ha dicho que el eldelweiss es una flor preciosa que merece la pena ser vista.

Gracias, han oido nuestra llamada. Se dice que hay gente cerca de las vias para transmitir nuestros sentimientos y ayudarnos a que todo vaya bien. Valiente gente que quedan en las vias, de noche como de dia, para ayudar, trabajar, para ver si alguien necesita algo y para
gritar a los que quedan en los valles de acompañar a la gente del tren.

El sol aparece, la LUZ !!!!!!!!!!!!!!!! La luz ya no es solo la pequeña luz del compartimiento que se podia ver todo el tiempo aun cuando todo estaba oscuro. Ahora, la luz esta grande y brilla. El tren parece volar, todo es suave, un ambiente de tranquilidad que no se podia apreciar desde hace meses.

Se baja del tren y frente a los ojos, la naturaleza grande/libre, pajaros que cantan la bienvenida y miles de edelweiss. Es la Alegria general, todos unidos y nadie como antes. Hay que regresar a casa con prudencia, pero la batalla esta ya ganada, un reto dificil pero
superable ya que el tren ha llegado. Pero, la vigilancia debe quedar ya que otro tren con otras personas esta previsto dentro de poco tiempo...



 
 
 
 

dimanche 26 octobre 2014




Une noisette, une interview

 

Sarah Briand

Réalisatrice du cœur des femmes



 



 

 

Mardi 28 octobre en première partie de soirée, France 2 proposera un portrait inédit de Simone Veil dans la collection “Un Jour Une Histoire”. L’un des auteurs n’est autre que Sarah Briand. Une belle opportunité pour en savoir plus sur cette brillante journaliste dont le travail est à son image : discrète et enthousiaste, sans oublier cette touche de sensibilité qui fait la différence.

 
1 – Romy Schneider, Mazarine Pingeot, Mireille Darc et très bientôt Simone Veil, vous allez devenir la spécialiste cathodique des portraits des femmes singulières ?
Spécialiste, tout de même pas. Mais il est vrai que tous les portraits que j’ai réalisés sont des portraits de femmes, des femmes fortes et indépendantes auxquelles on a, en tant que femme, envie de s’identifier. C’est une coïncidence au départ, même si j’ai un attachement particulier au destin de Simone Veil que je souhaitais raconter depuis plusieurs années. J’avais lu son livre "Une vie" et j’avais été frappée par l’histoire de cette femme qui a traversé le siècle en devenant, malgré elle au départ, une icône. Une icône à qui on doit beaucoup, à travers son combat pour la légalisation de l’IVG, son combat pour la paix en Europe, son combat contre l’antisémitisme, et son travail sur le devoir de mémoire.


2 – Justement, les engagements de Simone Veil sont incroyablement d’actualité : le droit à l’avortement remis en cause dans certains pays, l’antisémitisme qui refait surface, l’Europe qui cherche une autre voie... Ce nouveau chapitre d’Un Jour Une Histoire, est une belle leçon afin de ne jamais s’endormir sur ses acquis et de toujours savoir vigilance garder ?
Effectivement, que ce soit le droit des femmes à l’IVG, la paix en Europe, ou encore l’antisémitisme, toutes les luttes de Simone Veil font étrangement écho à des événements d’actualité. Et c’est sans doute pour ces combats-là qu’elle est aujourd’hui encore l’une des personnalités préférées des Français, sans avoir jamais voulu s’enfermer dans un parti politique. Réentendre ses réponses aux propos révisionnistes du Front National et sa liberté de parole sont encore utiles et sans aucun doute nécessaires en 2014.

 
3 – La vie de Simone Veil est une lutte permanente entre combats politiques et blessures intimes, ce pourquoi vous avez intitulé ce portrait “L’instinct de vie”. Peut-on connaître un peu le fil conducteur du reportage et comment réussissez-vous à réaliser un document émouvant et réaliste sans tomber dans le voyeurisme et l’ultra pathétique ?
Nous n’avons pas cherché à réaliser un document « émouvant » mais l’émotion effectivement transparaît tout au long du film, à travers les photos, les images d’archives, les interviews d’elle, notamment lorsqu’elle parle pour la première fois publiquement de la déportation, mais aussi et surtout à travers les témoignages de ses proches, de ses enfants et de ses petits-enfants. Nous avons essayé de montrer, à travers tous ces regards, la force de cette jeune fille de 16 ans pour qui la vie commence dans la tragédie, et qui n’aura de cesse d’avancer avec force et conviction. Et comment derrière l’image de cette femme pudique et assez distante en public, se cache une mère fière et très proche de la famille qu’elle a construite.

 
4 – La moyenne d’un documentaire est d’environ 90 minutes. On n’imagine pas le travail fourni et pourtant combien d’heures accumulées à écrire, enquêter, filmer, monter, corriger pour arriver à cette réussite. Décrivez-nous un peu ce que le téléspectateur ne voit pas.
Tout commence par le travail d’enquête, que j’ai effectué avec une journaliste de l’équipe de Magnéto Presse, Floriane Gillette, qui a passé beaucoup de temps à retrouver certains collaborateurs ou amis d’enfance de Simone Veil. Et comme souvent, certains ne souhaitaient pas s’exprimer. J’ai alors pris le temps de les rencontrer, parfois plusieurs fois, pour leur expliquer notre démarche et écouter ce qu’ils avaient envie d’exprimer sur leur relation avec Simone Veil. Il y a ensuite le tournage des interviews et des images d’évocations, puis le montage qui dure entre 12 et 15 semaines. Tout cela accumulé, avec le travail de post-production, on arrive à environ 7 mois de travail pour un documentaire de 110 minutes. Il faut saluer le travail de montage d’Alexis Guillot, le travail d’image et de lumière de Ludovic Siméon, ainsi que le travail et la confiance de Frédéric Martin, le rédacteur en chef de cette collection.

 
5 – Lorsque l’on consacre plusieurs mois à étudier puis à dresser le portrait d’une personnalité comme Simone Veil, y a-t-il un avant et un après ?
Oui, incontestablement et je dirais encore plus avec ce portrait de Simone Veil. Même s’il est nécessaire de prendre du recul, de garder un oeil de journaliste et de pas être complètement en empathie avec son sujet, je dois admettre que j’ai été marquée par plusieurs témoignages. Celui notamment de trois personnes que vous découvrirez dans le film, ses amis connus à l’âge de 16 ans au camp d’Auschwitz : Marceline Loridan, Ginette Kolinka et Paul Schaffer. Mais aussi par celui de ses deux fils et de plusieurs de ses petits-enfants qui parlent avec beaucoup d’émotion de leur grand-mère et du modèle qu’elle représente. Enfin, retourner sur les lieux qui ont marqué sa vie et plus précisément les camps d’Auschwitz, en Pologne, où je me suis rendue il y a quelques jours, était nécessaire et bouleversant.


6 – Votre premier “Un Jour Un Destin” consacré à la regrettée Romy Schneider a bouleversé des milliers de téléspectateurs notamment avec le récit sur les coulisses de son dernier film “La passante du Sans-Souci” . Que représente Romy pour vous ?
Romy Schneider est pour moi une actrice à part, qui me bouleverse dès que je pense à elle, à sa vie, dès que je regarde un film d’elle, et parce qu’évidemment elle est le premier portrait sur lequel j’ai travaillé.


7 – Parlons un peu de vous. Vous restez très attachée à la culture libanaise pour avoir vécu au pays du cèdre. Quels sont vos souvenirs les plus forts ?
Ce proverbe « Que le coq chante ou non, le jour se lève » s’inscrit-il dans votre ligne de pensée, surtout avec la tragédie que vit à nouveau le Proche Orient ?
J’ai vécu près de 6 ans au Liban et j’y retourne dès que je peux, donc je suis effectivement très attachée à cette région du monde malheureusement secouée par les soubresauts de l’actualité. J’aime son histoire, son énergie, son instinct de vie au-delà des conflits, j’aime cette culture méditerranéenne. Les Libanais sont toujours optimistes et profitent de l’instant présent, ne sachant pas de quoi demain sera fait. Mais voir la Syrie s’enfoncer dans le chaos me bouleverse. Plusieurs de mes amis syriens ont dû fuir le pays.

 
8 – Entre réaliser des documentaires et être l’assistante de Laurent Delahousse, vous avez sans aucun doute des petites recettes pour être toujours constante et si efficace dans tout ce que vous faites ?
Je ne sais pas si je suis efficace, mais j’aime passionnément ce que je fais. Et grâce à Laurent, j’ai la chance de pouvoir concilier le travail documentaire et le traitement de l’actualité immédiate pour le journal de 20H.


9 – Des projets en cours ? A moins qu’un nouveau portrait soit déjà prévu ?
Pas de nouveau projet pour l’instant ! Je continue mon travail pour le journal du week-end. Mais j’invite les téléspectateurs à regarder les prochains documentaires de mes confrères et consœurs de Magnéto Presse, il y a de très beaux films au programme !


10 – Pour terminer, le traditionnel questionnaire impersonnel... pour mieux vous connaître …

 Un roman : "Le quatrième mur" de Sorj Chalandon
 

Un personnage : Simone Veil !
Un(e) écrivain(e) : Proust pour « A la recherche du temps perdu »

Une musique : "La chanson d’Hélène" dans le film "Les choses de la vie"

Un film : les films de Claude Sautet

Une peinture : Caillebotte

Un animal : plutôt un oiseau, une hirondelle

Une devise/citation : "C’est dans la rosée des petites choses que le cœur trouve son matin et se rafraîchit" Khalil Gibran (Le Prophète)

 Sarah Briand merci infiniment pour votre disponibilité à m’avoir accordé cet entretien. Je vous laisse le mot de la fin pour convaincre les téléspectateurs encore hésitants à regarder “Simone Veil, l’instinct de vie” mardi prochain en première partie de soirée sur France 2.
J’espère que vous aurez autant de plaisir à regarder ce film que nous avons eu de plaisir à le réaliser. L’histoire de Simone Veil est bouleversante à tous points de vue, j’espère avoir très vite votre avis sur ce documentaire !
 

Et merci Squirelito pour cette belle interview !



Un Jour Une histoire : Simone Veil, l’instinct de vie. Documentaire inédit de Sarah Briand, Laurent Delahousse, Frédéric Martin et Alexis Guillot. Mardi 28 octobre à 20H45 sur France2.








  


 

vendredi 17 octobre 2014


Une noisette, un film documentaire

 

Chante ton bac d’abord





Oyez braves bipèdes, un OVNI va atterrir dans la sphère cinématographique mercredi 22 octobre 2014 sur plus de 40 petites planètes. Du petit écran au grand écran, un petit pas original pour un grand saut vers la découverte.

Un documentaire diffusé le 19 octobre sur France2 dans la case indispensable/incontournable Infrarouge qui réunit gaieté, espoir, rêves, musique avec en plus un regard positif sur la jeunesse, ce n’est pas tous les jours que l’on peut savourer une telle magie. Les principaux prestidigitateurs de cette aventure sont David André, le réalisateur, et des élèves de 17 ans du Lycée Mariette de Boulogne-sur-Mer : Gaëlle, Nico, Alex, Caroline, Rachel.

Tous ont des peines, des espoirs, des déceptions, un désir de travailler dans une société qu’ils veulent changer pour le meilleur et pour tous. Leurs parents participent également à cette aventure car eux aussi ont de belles choses à nous dire malgré un univers bien morose.

Un film social dépeignant la réalité sous forme de comédie musicale avec des chansons d’une grande qualité artistique. Le petit plus, la touche Gainsbourg qui revient parce que ces lycéens ont aussi quelque chose à nous dire.
Pour des raisons personnelles, le profil qui m’a le plus ému est celui d’Alex. Allez voir le film, vous devinerez peut-être pourquoi..

Que nous ayons le bac ou non (ces ados nous touchent tellement qu’on aurait presque envie de repasser l’examen) chantons ensemble avec cette jeunesse porteuse de renouveau, et croyez moi (faut toujours faire confiance aux écureuils) ce film documentaire offre 82 minutes de succulentes noisettes euphoriques !!
 
Le site de Chante ton bac d'abord : www.chantetonbacdabord-lefilm.cohttp://m/
 
Le site de Bodega Films : http://www.bodegafilms.com/

Le site de la production Brother Films : http://www.brotherfilms.fr/portfolio/chante-ton-bac-dabord/
 






samedi 11 octobre 2014


Une noisette, un entretien

 

Témoignage d’une mère courage

 
 
 

J’ai décidé de donner la parole à une amie qui m’est chère, rencontrée dans les années 2000 et "in real life" en 2006 lors d’un forum sur la leucémie : Herminia Marimon Barrientos. Une femme exceptionnelle mais avec un parcours que je ne souhaite à personne. Après plusieurs années de lutte contre la maladie, son cher fils Xavi est parti définitivement sous d’autres cieux. Quelques mois plus tard, un cancer du sein était détecté chez Herminia. Mère courage que j’admire par dessus tout et qui chaque jour donne une leçon de vie !


1 – Hermi, avant tout comment vas-tu ?
 
Actuellement je suis un peu faible, chaque chose me fatigue mais je n’ai pas le droit de me plaindre car il y a peu je suis passée par les traitements anti cancer et mon corps a bien répondu. Les médicaments psychiatriques me donnent envie de dormir énormément. Mon esprit va mal, j’ai encore beaucoup de chemin à faire pour pouvoir récupérer un peu.


2 – S’il te plait, résume comme tu le peux, le chemin de souffrance que tu parcoures depuis quelques années ?

J’ai toujours été craintive pour mes enfants, j’ai un tempérament très protecteur, c’est pourquoi n’avoir pu sauver mon fils est terrible. Depuis le début de sa maladie commencée en 2002 j’ai toujours été à ses côtés, je n’avais plus de vie personnelle, tout était pour lui et sa maudite maladie. Xavi a toujours lutté comme un lion, a subit deux greffes de moelle osseuse et a combattu la maladie plus de 10 ans mais pour lui ça paraissait facile pour être une personne extraordinaire, forte, positive avec l’envie irrésistible de vivre. Moi avec mes peines, craintes et beaucoup de tristesse pendant toutes ces années, je vivais seulement pour lui. Jamais, il ne s’est plaint, toujours avec un sourire magnifique et si doux, quel terrible choc pour nous tous. J’étais sa mère, son amie, son infirmière. Les nuits se convertissaient en enfer, jamais je ne pouvais le quitter, nous dormions en nous donnant la main. En mai 2012, la satanée leucémie a eu le dessus et depuis je me sens comme morte, une partie de moi qui s’est envolée avec lui.

Quelques mois plus tard, lors d’une visite de routine, on m’a découvert une tumeur au sein. Quand on me l’a annoncé, je m’en moquais, presque un peu comme si je l’attendais et au départ ça m’a donné des forces, je n’avais pas du tout conscience de la gravité de ma maladie. J’ai passé l’opération, les traitements sans m’en soucier, la douleur de la perte de mon fils était si grande, que pour le reste je pouvais tout accepter. Mon corps a très bien répondu à la chimio, aux rayons... je ne me rappelle pas d’avoir perdu mes cheveux, comme si cette étape n’avait pas existé en moi. Mais maintenant quand je me rends compte de la réalité, j’ai peur que ça n’aille pas. J’ai d’autres enfants, un mari, une mère, une petite-fille, et je demande encore quelques années pour pouvoir être avec eux. D’un autre côté si je savais que m’attend mon fils et que nous serions à nouveau réunis, je serais très heureuse puisque que là jamais plus nous ne serions séparés.

La vie n’est plus la même, j’étais une femme forte, battante et désormais je me sens perdue, je n’ai plus d’illusions, ni foi, plus rien, j’ai perdu l’être le plus cher et je demande seulement à Xavi (qui est pour moi mon Dieu) qu’il nous protège tous, spécialement sa nièce, qu’il n’a pu connaître, qui est une petite fille merveilleuse nous apportant tant de vie.


3 – D’où sors-tu cette énergie qui te permet de continuer ?

La vérité est que je n’ai plus beaucoup d’énergie. Si j’étais seule, tout serait différent mais je dois continuer pour ma famille et pour Xavi, parce que lui n’a jamais baissé les bras. S’il me voyait en mauvaise condition il me réprimenderait, vu qu’il m’a fait promettre de continuer de l’avant et être heureuse après son départ. Je ne pourrai jamais l’être sans lui mais je dois faire avec pour mes autres enfants et mon tendre époux qui sont depuis des années si malheureux, ils ne le méritent pas.


4 – Peux-tu décrire ce que tu penses de la vie ?

Jamais je n’aurais pu imaginer que le vie serait si injuste, il n’y a aucune raison pour que des parents perdent leurs enfants et les voient souffrir comme cela arrive trop souvent. Le pire qu’il puisse arriver à des parents, voir disparaitre des personnes si jeunes, des enfants qui ont toute la vie devant eux. L’unique point positif, s’il peut en exister un, se base sur un mot "AMOUR" l’amour le plus grand et véritable qui existe dans ce monde, celui des parents envers leurs enfants. Je désire obtenir une paix intérieure nécessaire pour vivre (et non survivre).


5 – Quels sont les conseils que tu donnerais pour les personnes dans la même situation que la tienne ?

Continuer à lutter pour les personnes que l’on aime et bien que cela coûte beaucoup nous sommes plus forts que ce que nous croyons. Essayer de trouver une paix intérieure dont nous avons tous besoin et l’énergie pour aller de l’avant. Parfois nous nous rendons pas compte que les personnes de notre entourage et qui nous aiment, ont besoin de nous et souffrent pour nous.


6 – Il te reste tout de même encore un peu d’espérance ?

Mes craintes sont nombreuses et si seulement ce jour où je pourrais vivre au présent sans penser au passé avec cette douleur au coeur, puisse arriver, je voudrais que cette blessure se convertisse seulement en un GRAND AMOUR qui m’unit avec mon fils et m’en souvenir avec un sourire. Je recherche simplement à obtenir une paix à l’âme et ainsi pouvoir rendre heureuses les personnes qui m’entourent.


7 - Nous nous sommes connues à travers la Fondation Josep Carreras pour la Lutte contre la leucémie. As-tu un message spécial pour eux ?

Remercier du formidable travail effectué et surtout qu’ils continuent les recherches et les aides aux personnes qui en ont besoin. Et souhaiter qu’un jour ils découvrent comment pouvoir guérir cette maladie pour tout le monde.

8 – Ton désir le plus cher ?

Que mon fils tant aimé soit dans un lieu baigné de lumière et de paix. Santé pour ma famille et que ma maladie me donne une trêve de quelques années pour pouvoir être avec les miens.


9 – Ta devise ?

Une bonne santé à tous, le plus important.


Merci infiniment Hermi et à travers cette page je t’envoie toute l’énergie positive dont tu as besoin en pensant à tous les malades et ceux qui souffrent de par le monde.
 
 
 
Xavi avec son petit chien




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Version originale en espagnol


Une avellana, una entrevista

Testimonio de una madre coraje

 

He decidido hoy dar la palabra a una preciosa amiga, encontrada en los años 2000 y realmente en vivo en 2006 : Herminia Marimom Barrientos.

Es una mujer excepcional con un camino que no deseo a nadie. Después de varios años de lucha contra la leucemia, su querido hijo Xavi sa ha ido a otro mudo. Algunos meses mas tarde, Herminia padecia de un càncer de mama. Madre coraje que admiro por todo y que cada dia mas da una leccion de vida !


1 - Hermi, ante todo como te encuentres fisicamente ?

Actualmente estoy un poco floja, me canso enseguida por cualquier cosa que hago, pero no me puedo quejar, ya que hace poco que pase todo mi tratamiento por el cáncer y mi cuerpo aguanto bastante bien los tratamientos, ademas   tomo medicación del psiquiatra y la cabeza siempre esta un poco bloqueada y me da mucho sueño. De animo estoy un poco  peor, todavía me falta mucho camino que recorrer

2- Por favor, resuma como puedes lo que ha sufrido desde algunos años ?

Yo siempre he sido muy sufridora y mis miedos era de que no les pasara nada a mis hijos, soy muy protectora, por eso la impotencia de no poder haber salvado la vida a mi querido hijo. Desde el principio de su enfermedad que fue en el año 2002, siempre estuve a su lado, yo ya no tenia vida propia, todo era él y la maldita enfermedad, Xavi lucho siempre como un jabato, paso por dos trasplantes de médula y estuvo luchando mas de 10 años, pero él lo hacia fácil porque era una persona extraordinaria, fuerte, positivo, tenia muchas ganas de vivir. Yo con toda mi pena,  miedos y tristeza durante toda la enfermedad, solo vivía para el, el jamas se quejo, siempre con su sonrisa preciosa y su dulzura, fue un golpe muy fuerte para todos. Yo era su madre, amiga, enfermera, las noches eran un infierno y jamas me hubiera separado de él, dormíamos cogidos de la mano. En mayo del 2012 la maldita leucemia pudo con el y desde entonces he estado como muerta, porque se me fue una parte de mi junto a él. A los pocos meses de dejarnos y en una revisión rutinaria, me encontraron un tumor en el pecho, pero cuando me lo dijeron me quede igual, era como si lo estuviera esperando y al principio me dio fuerza y no era muy consciente de la gravedad de mi enfermedad, pase mi operación, mis tratamientos sin enterarme, porque mi dolor era tan grande por la perdida de mi hijo que podía mas que todo, la verdad que mi cuerpo respondía bien a la quimio, radio, etc., no recuerdo ni la caída de mi pelo, es como si esa etapa no hubiera ido conmigo. Ahora es cuando me estoy dando cuenta de la realidad y tengo miedo de que no vaya bien, ya que tengo a mis otros hijos, mi marido, madre, mi preciosa nieta y solo pido que me dejen unos cuantos años más para estar junto a ellos, pero por otra parte si supiera realmente que me espera mi querido hijo en donde quiera que este y nos reuniéramos de nuevo, también seria muy feliz porque ya nadie nos podría separar jamas. La vida ya no es la misma, yo era una mujer fuerte, luchadora y ahora voy como perdida, parece que este en otro mundo, no tengo ilusiones, ni fe, ni nada, yo solo se que perdí a lo que mas quería y solo pido a Xavi (porque él si que es mi Dios) que cuide de nosotros especialmente a su sobrina que no pudo llegar a conocer y que estaría muy contento porque la verdad que es una niña preciosa que nos esta dando vida.

   
3 - Donde sacas tan energia para seguir adelante ?

La verdad es que no tengo mucha energía, si estuviera sola todo seria diferente, pero tengo que seguir por mi familia y por Xavi, porque el jamás se rindió y si me ve viera mal por él me reñiría, ya que me hizo prometer que cuando no estuviera, yo tenia que seguir adelante y ser feliz, (aunque es imposible sin él)  y por mis otros hijos y mi querido esposo que ya llevan demasiados años sufriendo y no se lo merecen.

4 - Puedes describir lo que piensas de la vida  ?

Jamas pude imaginar que la vida seria tan injusta, porque no hay derecho a que unos padres pierdan a sus hijos y verlos sufrir como pasa a tantas personas por desgracia, es lo peor que puede suceder a unos padres y a unas personas tan jóvenes y niños, que tienen toda una vida por delante. Lo único positivo de todo esto si es que lo hay, se basa en una palabra "AMOR"  el amor mas grande y verdadero que existe en este mundo, el de unos padres hacia sus hijos. Yo deseo conseguir una paz interior que necesito para vivir ( no sobrevivir)

5 - Cuales son los consejos que das para los demas, los que estan en la misma situacion que tu ?

Seguir luchando por las personas que quieres y aunque cuesta mucho, somos mas fuertes de lo que nos creemos, encontrar la paz interior que necesite cada uno y las fuerzas para seguir adelante, porque a veces no nos damos cuenta de las personas que tenemos a nuestro alrededor que nos quieren, necesitan y también sufren por nosotras.

6 - Te queda un poco de esperanza todavia ?

Tengo muchos miedos y ojala llegue el día en que pueda vivir el presente y no quedarme en el pasado con ese dolor en el corazón, quiero llegar a que ese dolor se convierta solo en el GRAN AMOR que me unía a mi hijo y recordarlo con una sonrisa. Solo busco tener paz en mi alma y así poder hacer felices también a las personas de mi alrededor.


7 - Nos conocimos a travès la Fundacion Josep Carreras para la Lucha contre la leucemia ? Tienes un mensaje especial para elllos ?

Agradecerles la labor que hacen y sobretodo que sigan investigando y ayudando a las personas  que lo necesitan y que ojala llegue el día en  que descubran la manera de que esta enfermedad sea curable para todos. 

8 - Tu deseo mas grande ?

Que mi querido hijo este en un lugar lleno de luz y de paz. Salud para mi familia y que mi enfermedad me de una tregua de unos cuantos años mas, para poder estar junto a los míos.

9 - Tu lema preferida ?

Salud para todos que es lo mas importante.


Muchisimas gracias Hermi y a travès esta pagina te envio todo la energia positiva que puedes necesitar en pensando a todos los enfermos y a los que sufren en este mundo.




mardi 7 octobre 2014


Une noisette, un parapluie

 

Quand un symbole chinois devient un symbole de liberté


Personne ne peut rester indifférent à ces images diffusées par les télés du monde entier (enfin presque...) des Hongkongais manifestant pacifiquement sous l’unique protection d’un parapluie.

En quelques jours, ce mouvement protestataire face aux célébrations du 65° anniversaire de la République Populaire de Chine a été baptisé "la révolution des parapluies" et sur Twitter on peut suivre son chemin via le hashtag #UmbrellaRevolution

Cette démonstration de pébrocs est d’autant plus frappante que l’origine de cet instrument est chinoise. En France, nous l’avons découvert qu’au début du XVIII° siècle mais en Chine, son histoire remonte à la nuit des temps. Certains pensent que ce serait l’empereur de la dynastie des Xin qui l’aurait inventé tandis que d’autres retrouvent sa trace il y a plus de 3000 ans notamment lors des rites des Zhou. Il s’agissait probablement d’un parasol, le parapluie étant apparu lorsqu'un chinois eut l’idée de mettre de l’huile, non pas sur le feu, mais sur la toile pour le rendre imperméable.

En Chine, depuis des siècles, on utilise le parapluie à pied, à cheval, à vélo, en toutes occasions pour se protéger. Brandir cet objet n’a donc rien d’anodin pour un peuple qui cherche à éloigner les pépins.


Avec un air de Cherbourg, nous avons envie de déclamer en soutien aux Hongkongais :

                 Ne pas renoncer à tout parce qu'il n'y a plus d'illusions, ne les quittez pas...




(Photos : Carlos Barria/Tyrone Siu pour Reuters)

dimanche 5 octobre 2014

 
 

Une noisette, une interview

 

Dany Mauro

L’homme aux 1001 voix

 
 
 
Il parait qu’il faut se méfier de cet imitateur... raison de plus pour en savoir plus sur cet étrange personnage né sur les rives de la Méditerranée et qui apporte du soleil à nos cellules moroses. Rire est la devise de ce gaulois sans filtre, et paf !
 
1 – L’imitation, un art général dans le sens où l’on enfile le costume d’un chansonnier avec la voix d’un autre, la motivation est double ?
 
Plus que la motivation, c'est le plaisir qui est double !
 
 2 – Quel fut l’élément déclencheur pour épouser cette... voie ? Et contrairement à Léo Ferré, il y a t-il eu un Dieu et maître ?
 
J'ai surtout baigné dans une cellule familiale où la déconne est une façon d'apprécier la vie, et cela s'est imposé tout naturellement à moi. Sans avoir eu de "maître", je peux dire que Thierry Le Luron, Coluche, Guy Bedos m'ont fortement inspiré.
 
3 – Suivre l’actualité est pour vous indispensable. Je sais que vous étiez ami avec le regretté Benoit Duquesne, pouvez-nous parler un peu de lui ?
 
Nous n'étions pas "amis" mais voisins proches et nous nous croisions souvent les dimanches au marché et discutions, parfois très sérieusement, parfois en plaisantant, de l'actualité. C'était un homme simple et accessible. Il devait venir à la captation de mon DVD le 20 septembre et c'est mon regret qu'il n'ait pas pu voir mon travail, lui qui m'avait dit n'être pas très branché "humoristes". Je garde le bon souvenir de lui avoir quand même décroché quelques bons rires. Il nous manque à tous. 
 
 4 – Via les réseaux sociaux, votre proximité avec le public ne fait aucun doute. Comment définir cette symbiose que je trouve particulièrement touchante ?
 
C'est grâce au public que l'Artiste joue dans des salles pleines. Aujourd'hui les réseaux sociaux permettent un échange direct avec mes fans et les nouveaux spectateurs conquis à chaque représentation. C'est un plaisir d'échanger avec eux, que ce soient des avis, des vidéos, des vannes... Il me semble en tout cas normal de partager quelques moment de ma vie tout en sachant garder une part de ma vie privée. Mais j'ai la chance d'avoir des fans dynamiques et non hystériques qui comprennent très bien cela ;-)
 
 
 5 – La question attendue : quels sont vos prochains spectacles mais aussi quel souhait aimeriez-vous réaliser ?
 
Je viens de terminer la captation du DVD de mon nouveau spectacle qui s'appelle "Hors-L'imites" et qui sera en vente sur mon site internet et à la fin de mes spectacles (toujours ce lien direct avec mon public). J'ai déjà en tête le thème de mon prochain spectacle. J'aimerais un jour faire l'Olympia et une grande tournée francophone. 
 
 6 – Un mot ou même deux pour votre collègue Patrick Sébastien ?
 
Un mix de populaire (dans le sens noble du terme) et d'émotion.  Un homme nécessaire au public français. 
 
 7 – Qu’est-ce qui déclenche chez vous l’hilarité ?
 
Me faire questionner par un écureuil ;-) Non, je plaisante. Le retour de Nicolas Sarkozy ?
 
 8 – Petit questionnaire rapide et impersonnel pour...mieux vous connaitre :
 
- Un roman : Une vie de chat de Yves Navarre
 
- Un personnage : L'homme invisible
 
- Un(e) écrivain(e) : Nabilla
 
- Une musique : Une parodie
 
- Une peinture : Acrylique
 
- Un animal : Un caméléon
 
- Une citation : Vive la liberté, surtout la mienne
 
 
Merci Infiniment Dany Mauro pour avoir accepté de répondre à mes questions. A très bientôt sur scène, à la télé, à la radio. En attendant on peut vous rejoindre sur :
 
 
 
 
 

  Odessa des oiseaux Sophie G. Lucas   Premier roman de la rentrée littéraire 2026 que je pose en noisette sur le blog. Pourtant, il n...